‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 186 sur 210 · KIOTO · texte numérisé non relu

KIOTO

Celui-ci devient souple, et, ne pouvant me fier à lui, Je suis obligé de lui dicter mes ordres pour les étapes ; je me sers pour cela de mon livre anglais et des notes que m’ont remises le Consul de France à Yokohama et l’interprète japonais de la Légation d’Italie à Tokio.

Au Japon, comme en Russie et dernièrement en Italie, lesemployés subalternes ont des appointements si minimes, qu’il leur faut de l’héroïsme pour résister aux tentations de l’augmenter lorsqu’ils le peuvent.

20 Septembre.

Le matin, de bonne heure, malgré la pluie, nous commençons par visiter plusieurs temples; nous montons sur le haut d’une pagode pour jouir du panorama de la ville, ancienne capitale de Mikado.

Cette immense cité, qui compte 822,000 habitants, a des rues étroites et pavées comme à Osaka, des maisons protégées à l’extérieur par des barreaux de bois, ce qui les rend moins gracieuses qu’à Tokio. La ville est très-manufacturière, elle possède les principales fabriques de porcelaine, de soie et de joujoux.

Après la visite de plusieurs temples ordinaires, nous arrivons sur le penchant de la colline au

LE KIOMYSU. 285

Kiomysu. C’est le temple des jeunes filles ; c’est là qu’elles viennent demander à Bouddha de leur donner un bon mari. Ce temple est beau, vaste, bien orné. Il repose, d’un côté, sur un échafaudage de bois qui le tient élevé d’environ 15 mètres sur le précipice. On a été obligé de mettre de ce côté un grillage de bois. Plusieurs fervents, pour savoir si la divinité les avait exaucés, se précipitaient en bas, persuadés qu’ils n’en souffriraient pas si Dieu était avec eux; on ne ramassait que des cadavres. Les moins fervents, pour savoir s’ils sont exaucés, se contentent de mâcher un morceau de papier et de le jeter contre la paroi du temple ; s’il y reste collé, leur prière est reçue.

Nous visitons une des principales fabriques de porcelaine, le Kansan ; elle a mérité une médaille à l’exposition de Philadelphie. Le caolin est trié, trituré, pétri, comme chez nous. Les

vases et objets divers sont faits au tour comme

chez les Romains, mais attendu que le Japonais ne s’assied pas, mais s’accroupit, au lieu de tourner la roue avec le pied, il la tourne au moyen d’un bâtonnet.

Dans cette fabrique j’ai vu faire de beaux vases hauts de 1 mètre 50; de belles tasses, des plats et tout ce que nous connaissons de la céramique

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