NEW-YORK — LE CATHOLIC PROTECTORY
Comme chez don Bosco! ces enfants ont l’école, et sont occupés dans divers ateliers de cordonnerie, menuiserie, imprimerie, etc. Les jeunes filles font des chemises, des gants et toutes sortes d'ouvrages propres aux femmes. Les enfants trouvés dans les rues ou que les parenis ne parviennént point à dompter, sont envoyés au Protectory par ordre du magistrat, pour y rester jusqu’à l’âge de 21 ans; mais ordinairement ils en sortent plus tôt s’ils sont sages e: s’ils connaissent leur métier.
.- Les bons Frûres nous servirent un diner qui venait fort à propos; puis ils nous conduisirent dans la grande salle dés fêtes. Un ..:illier de personnes amies de l’Œuvre attendaient l'entrée du frere Jus-
4 Don Bosco est un prêtre de Turin qui, il y a 40
ans, commença à ramasser les enfants abandonnés qui
finissaient presque toujours par aller en prison. Il en a maintenant 80 mille dans de nombreuses maisons en Italie, en France, en Espagne et en Amérique. Il a fondé, avec eux et pour eux, la Congrégation des prêtres de St-François de Sales. Dans ses maisons, les enfants apprennent un métier ou étudient, selon leurs aptitudes; pour cela, après avoir essayé de tous les métiers dans les nombreux ateliers, on leur laisse le choix définitif. Le caractère distinctif de cette Congrégation est la dou-
.ceur ; le nouvel arrivé est confié à deux des anciens qui:
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NEW-YORK — LE CATHOLIC PROTECTORY. 59 tin; c’est le frère Visiteur qui arrivait la veille de Paris; la fête était en son honneur. En traversant la cour, tous les enfants vont au-devant de lui, puis dans la salle la fanfare joue une marche américaine; viennent ensuite les chants, les déclamations, les compositions, et une petite comédie en deux actes. On me présente un jeune français ; il se plaint, et voudrait sortir de l’établissement parce que, dit-il, il perd l’usage de sa langue ; c’est un pick-pochel que ses parents veulent corriger. Ils ne sont pas toujours bien corrigibles; le système de don Bosco n’est pas encore répandu partout. On a dû renoncer aux constructions en
ont pour consigne de le faire amuser, de le rendre heureux, de ne jamais le brusquer. Lorsqu'il frappe ou blasphème, on le reprend doucement et avec peu de mots; lorsqu'il commet une plus grande faute, le supérieur l'appelle à part quelques heures ou quelque jours après, selon les caractères, et lorsque l’enfant l’a déjà oubliée; il lui témoigne. alors beaucoup d'affection et lui rappelle sa faute: l’enfant reconnaît avoir mérité une punition et on lui en laisse le choix. Or, comme il tient peu à se punir, il se surveille, et c'est le meilleur des surveillants; d’autre part, se sentant aimé, son cœur se dilate et il aime à. son tour: il se garde de faire quelque chose qui puisse donner. de la peine à son maître, qu’il affectionne. :