NEW-=YORK + INSTITUTIONS
Nous passons encore à Ward-Island et nous visitons un vaste hôpital confié par l’Etat aux médecins homéopathes; c? est le seul hôpital officiel de ce genre. Nous y trouvons, comme ailleurs, de nombreuses misères, puis nous arrivons à 1’hospice des aliénés pour les hommes; c’est le plus vaste de tous ces établissements,
mais il ne contient que mille malades. Nous trou-
vons là un bon prêtre du département du Var; il passe son temps à lire et à philosopher. Tous ces établissements ont leur cuisine bien organisée, les marmites sont chauffées par la vapeur ; le chauffage de la maison a lieu également par la vapeur au moyen de tubes qui parcourent toutes les pièces. Le soin des malades est confié à des employés laïques. Toutes les confessions y sont admises ; les ministres des différents cultes prennent soin du spirituel de leurs correligionnaires. J’ai vu un pauvre chinois qui, lui, n’avait aucun ministre de sa religion. Le nombre des habitants dans les établissements des 2 îles est d'environ dix mille, et la ville de New-York dépense annuellement envhron neuf millions de francs pour leur entretien.
Le bon père Ludokinsky, jésuite qui réside à Ward-Island, nous réconforta par un bon diner.
NEW-YORK — INSTITUTIONS. 63 Le père Duranquet semblait abattu, je lui dis: « Père, vous paraissez fatigué. » Il me répondit: Il y a 75 ans que je marche et c’est He naturel que je sois fatigué ».
Je l’accompagnai à sa résidence dans la 15ème rue. Les Pères. ont là un externat qui compte plus de 500 élèves; ils ont construit une nouvelle et vaste église. Je vis là le père Dealy, qui dirige une confrérie ou congrégation composée de 500 personnes ; 226 d’entre elles sont membres de Xavier - Union, cercle catholique qui a sa maison dans la 26?" rue Ouest; elle a été achetée par la société pour 160 mille francs, dont la moitié est payée. Son président, M. Joseph Thoron est un français, et je le dis avec complaisance, car, en général, ici, comme partout à l’étranger, les français ne donnent pas toujours le bon exemple; une colonie com: munarde assez nombreuse fait même à notre nation une assez mauvaise réputation.
M. Thoron avec une amabilité toute française me fait les honneurs du Cercle. Au sous-sol est la salle de billards, au rez-de-chaussée les saions de conversation et salles de conseils; c’est là que les divers:s œuvres ont leur réunion. Au 1° étage est une riche bibliothèque avec dix mille volumes; l’étage. supérieur est loué à des membres