‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 49 sur 210 · NEW-YORK — LES FAMILLES · texte numérisé non relu

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raffineries et de nombreux navires qui portent le pétrole en Europe. Il est mis en caisses de fer-blanc renfermées en d’autres de bois; il coûte, ainsi préparé, trois sous le litre.

Le gaz est ici moins cher qu’à Pariset pourtant le charbon qui sert au gaz est pris dans les mines d’ Angleterre, mais les navires, qui viennent ici chercher le pétrole, portent le charbon, et puis les compagnies de gaz se contenteront de moindres bénéfices. Le charbon américain est excellent pour chauffer, mais ne contient pas de gaz, ilse paie ici 25 francs la tonne. Nous le payons à Nice 50 francs.

Ce qui coûte le plus, ce sont les pensionnats. L'éducation d’une jeune fille coûte en moyenne 3 mille francs par an, celle d’un garçon 4 mille; le prix de la pension n’est que de 15 cents à 2? mille francs, mais les notes accessoires font le reste. La population proprement américaine augmente peu, les familles comptent ordinairement de 2 à 4 enfants. L’amour du bienêtre les abaisse comme en France; mais les catholiques font exception, la moralité est excellente chez eux, et leurs familles comptent ordinairement de 8 à 12 enfants. C’est par là qu’ils possèderont bien vite le pays; il n’y a pas bien longtemps encore, ils étaient sans considération ;

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les pauvres émigrés Irlandais formaient le grand nombre, mais ils ont travaillé, sont devenus riches, ont fait donner une bonne éducation à leurs enfants dans les pensionnats, et maintenant, ils l’emprtent sur les autres par le bon ton. Les protestants ont souvent recours aux pensionnats catholiques pour leurs enfants. Dieu s’en sert pour leur conversion. J’ai vu à Newark la jeune Communauté des Domimicaines qui sont ici depuis un an; elles ont déjà dix novices américaines et occupent une petite maison de location, en attendant la construction d’un couvent. Leur Ordre, comme ceux des Carmélites et des Clarisses, partage le temps entre l’office, la méditation et le travail manuel; ici elles cousent, brodent des ornements d’église et font des dessins moyen-âge pour suffire à leurs besoins.

Pour une ville qui reçoit tant de gens sans aveu venus de tous les points de l’Europe, j’ ai été étonné de voir une si grande confiance en bien des cas; les omnibus et les tramways à un cheval n’ont que le cocher; le collecteur de l’argent, contrôleur. etc. sont supprimés: les voyageurs posent leurs 5 sous dans une boîte à couvercle en verre, surveillée par le cocher. Il est vrai qu’il y a à côté un écriteau qui promet 50 dollars de récompense à quiconque signalerait une fraude. Le soir les magasins ferment de

NEW-YORK — MŒURS ET COUTUMES. 73 bonne heure ou plutôt ne ferment pas du tout, car tous les volets étant supprimés, les énormes glaces, qui doivent coûter des milliers de francs, sont le seul rempart aux marchandises de toutes valeurs. Depuis 9 heures du matin jusqu’à 4 heures du soir, tout le monde est fort occupé à ses affaires; chacun les fait sans par ler, comme à Londres. Les bureaux ferment à 4 heures, les magasins à 6 heures, le samedi ils ferment presque tous à 3 heures; le dimanche repos absolu. Ce système me paraît bien entendu. Le banquier et le commerçant, en quittant le bureau ou le magasin, vont faire leur partie de lawn-tennis ou ramer sur la rivière; ils donnent la soirée à la famille; le matin, avant de reprendre le travail ils ont le temps de faire à cheval une promenade salutaire. Chez nous l’employé, mais surtout le commerçant, est attaché à son bureau depuis le matin de bonne heure, jusqu’au soir bien tard ; il ne se repose souvent ni le samedi ni le dimanche, et au lieu de ces exercices de corps si nécessaires à Ja santé, il va respirer un air méphitique dans les salles enfumées d’un cercle ou d’un estaminet; quoi d’étonnant que les santés faiblissent et que l’esprit de famille disparaisse !

Monsieur Lynch m’a fait visiter les diverses Cours de justice, et le palais de Ville qui renferme

les portraits des différents personnages anciens et modernes des Etats-Unis. Il a voulu me présenter au Maire son ami, le premier maire catholique de New-York ; mais il était occupé à rendre la justice. Des citoyens avaient porté plainte contre les agents municipaux pour négligence dans la propreté de certains quartiers; les employés présentaient leur défense devant le maire qui avait ensuite à prononcer sa décision.

Avant de quitter New-York, Monsieur Kernan, a tenu à me faire connaïtre un des délassements de la saison. Il a pris une demi-journée de congé, et m’a conduit à Coney-Island pour me faire admirer encore une fois les beautés de la baïe intérieure et extérieure. Après les travaux de la journée, on passe une heure en steamer pour venir à Coney-Island prendre son bain de mer ; plusieurs y portent leur diner et ont des centaines de tables à leur disposition. Les tables sont sur des Jetées-promenades celle à côté desquelles d> Nice est une miniature. J’ai voulu prendre un bain sur ce côté de l’Océan; j’ai pris une des 1200 cabines de la jetée où aborde le steamer ; il y en a plusieurs autres aux environs. Pêle-mêle, messieurs et dames, se roulent sur le sable ou sont roulés par les vagues; pour les uns et les autres les costumes ne laissent voir que bras et

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