LE DERBY
n’en connaissons pas en France, je descendais à Liverpool et me rendais au bureau de l’Allan- Line; on m’assignait la cabine n°9 pour ma prison cellulaire durant 9 jours.
Le Polynésian est un navire de 4.350 tonnes; il doit porter de nombreux passagers. J’ai retrouvé ici la détestable cuisine anglaise; mon estomac n’est pas content, mais ne trouvant mieux, il s’enaccommode. J’ai passé ma soirée à parcourir les docks interminables, et la nuit j'ai brisé mes os sur la dure paillasse anglaise. Et dire qu’ils mettent sur ces paillasses un prétendu matelas de plume! Les Anglais pourraient tous se faire chartreux ou trappistes, ils ne trouveraient rien de nouveau dans la couche. Le matin, j’ai tournoyé pour trouver une église catholique. J’ai pu entendre la sainte Messe à S'- Marie et y recevoir la Communion. Ce n’est pas trop que d’emporter avec soi, à travers l’ Océan, le Créateur du cielet de la terre. Plusieurs écoliers sont aussi allés à la sainte-Table. Quelques-uns n’avaient pour vêtement que quelques guenilles ; plusieurs étaient pieds nus. C’est toujours l’Angleterre qui donne ce triste spectacle de gens mourant de faim, à côté de gens mourant d’indigestion.
Hier, toute la société était occupée de son fameux Derby. C’est une course de chevaux