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les pauvres émigrés Irlandais formaient le grand nombre, mais ils ont travaillé, sont devenus riches, ont fait donner une bonne éducation à leurs enfants dans les pensionnats, et maintenant, ils l’emprtent sur les autres par le bon ton. Les protestants ont souvent recours aux pensionnats Catholiques pour leurs enfants. Dieu s’en sert pour leur conversion. J’ai vu à Newark la jeune Communauté des Dominicaines qui sont ici depuis un an; elles ont déjà dix novices américaines et occupent une petite maison de location, en attendant la construction d’un couvent. Leur Ordre, comme ceux des Carmélites et des Clarisses, partage le temps entre l’office, la méditation et le travail manuel; ici elles cousent, brodent des ornements d’église et font dés dessins moyen-âge pour suffire à leurs besoins.
Pour une ville qui reçoit tant de gens sans aveu venus de tous les points de l’Europe, j’ ai été étonné de voir une si grande confiance en bien des cas; les omnibus et les tramways à un cheval n’ont que le cocher; le collecteur de l’argent, contrôleur. etc. sont supprimés: les voyageurs posent leurs 5 sous dans une boîte à couvercle en verre, surveillée par le cocher. Il est vrai qu’il y a à côté un écriteau qui promet 50 dollars de récompense à quiconque signalerait une fraude. Le soir les magasins ferment de
bonne heure ou plutôt ne ferment pas du tout, car tous es volets étant supprimés, les énormes glaces, qui doivent côûter des milliers de francs, sont le seul rempart aux marchandises de toutes valeurs. Depuis 9 heures du matin jusqu’à 4 heures du soir, toutle monde est fort occupé à ses affaires ; chacun les fait sans parler, comme à Londres. Les bureaux ferment à 4 heures, les magasins à 6 heures, le samedi ils ferment presque tous à 3 heures; le dimanche repos absolu. Ce svstème me paraït bien entendu. Le banquier et le commerçant, en quittant le bureau où le magasin, vont faire leur partie de lawn-tennis ou ramer sur la rivière; ils donnent la soirée à la famille; le matin, avant de reprendre le travail ils ont le temps de faire à cheval une promenade salutaire. Chez nous l’employé, mais surtout le commerçant, est attaché à son bureau depuis le matin de bonne heure, jusqu’au soir bien tard ; il ne se repose souvent ni le samedi ni le dimanche, et au lieu de ces exercices de corps si nécessaires à la santé, il va respirer un air méphitique dans les salles enfumées d’un cercle ou d’un estaminet; quoi d’étonnant que les santés faiblissent et que l’esprit de famille disparaisse !
Monsieur Lynch m’a fait visiter les diverses Cours de justice, et le palais de Ville qui renferme
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