VALLÉE DE LA SUSQUEHANA
A Washington, la chaleur était accablante; j’ai passé les heures du grand soleil à parcourir les arsenaux; j'avais la figure en feu et. croyais
. même avoir attrapé un Sun-stroke (coup de so-
leil). Le thermomètre, à l’ombre, atteignait 100 Farenheïit, 36 centig.; je crus prudent de me sauver vers le nord.
Le mercredi 6 juillet, à 8 heures du matin, je monte dans le train, à cette même gare qui avait été le théâtre de la tragédie présidentielle, quelques jours avant; je retourne à Baltimore et atteins bientôt la belle vallée de la Susquehana que la locomotive suit pendant longtemps.-Nous entrons de nouveau dans la Pensylvanie. Le pays est admirablement cultivé; partout, les chevaux traînent des machines pour labourer, herser ou faucher. Tout se fait ici à la machine, et il serait impossible de faire autrement; la main d’œuvre est chère; un paysan gagne 10 francs par jour, et le blé ne se vend que 45 sous le boisseau de 30 litres, environ 9 francs l’hectolitre ou la charge ; il faut donc se rattraper sur la quantité obtenue par les machines.
Vers Harrisbourg, nous voyons les immenses trains de pétrole arriver du côté de Pittsbourg, région du charbon et de l’huile. Il est conduit dans de grands cylindres de fer formant chacun
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LE WATKINS-GLEN. 93
un wagon et transporté à New-York pour être dépuré, mis en caisses de fer blanc et envoyé en Europe. |
Pour éviter ce transport, une compagnie a posé une ligne de tubes en fer, de Pittsbourg à New-York, sur quelques centaines de kilomètres; on verse le pétrole à Pittsbourg, et on le retrouve à New-York et même à Brooklyn, puisqu’on a posé sous la rivière un siphon pour le ire arriver à l’autre bord. Le pétrole a donné une grande animation dans la partie nord de la Pensylvanie; on y fait et défait les villes suivant que les puits abondent ou tarissent. À un certain endroit, dont j'oublie le nom, on trouva un puits abondant ; trois ans après, il y avait une ville de quinze mille âmes, avec plusieurs hôtels, plusieurs théâtres, églises, etc ; le puis tarit, la ville contient à peine maintenant quelques centaines d'habitants !
Le train traverse une partie montagneuse assez pittoresque, qu’on appelle la Suisse américaine, puis nous arrivons à Elmira et ensuite, vers 7 heures du soir, au bord du lac Seneca où je m’arrête à Watkins pour y voir le fameux Glen. C’est un Summer ressort ou station d’été; on y vient sé reposér dés affaires et du bruit des grandes villes. Le soir, à l’hôtel, un beau quatuor