LES SŒURS DE LORETTO
aux couleurs de l’arc-en-ciel; on dirait une rivière de feu se précipitant dans l’abime. Sur a haut de la colline, côté canadien, les Sœurs de Loretto ont construit un immense et magnifique couvent où elles ont soixante pensionnaires. En face, à quelques milles de distance, sur la rive américaine, les Pères Lazaristes ont un séminaire et un collége. Belle pensée que celle d’élever la jeunesse en face d’un des majestueux spectacles de la nature!
Deux bonnes sœurs de Loretto m’ont fait visiter tout leur couvent, et n’ont pas craint de grimper avec moi une échelle pour aboutir au haut de la tour qui domine leur établissement. De ce point, le panorama est grandiose et bien fzit pour élever l’âme au Créateur. Un peu plus loin, une douzaine de jeunes novices carmes prenaient leur récréation dans un couvent en bois; j'ai causé un moment avec eux et salué leur su-
périeur qui est allemand, puis j’ai regagné l’h-
tel. C’était l’heure chaude, et je suis arrivé rôti. Je me suis muni &’un chapeau de paille et d’un pardessus en toile de Russie pour le chemin de fer, et le lendemain, samedi 9 juillet, à midi, je
reprenais le train qui devait me conduire à Chi- .
cago. Arrivés en face de la cascade, tous les irains s’arrêtent cinq minutes pour permettre
ARRIVÉE À — CHICAGO. 97 apnée aux voyageurs de contempler le grand spectacle. Moyennant un surcroît de 3 dollars, j’ai pris le Wagner Car, vu que javais à passer la nuit dans le train. La chaleur était suffocante, l’air que la vélocité nous envoyait était brûlant et nous remplissait de charbon, de poussière, de fumée. Le pays était plat et peu intéressant. Vers 9 heures nous arrivons à Détroit; le train entre dans un immense bateau que la vapeur fait mouvoir et le dépose sur l’autre rive. La douane visite mes bagages et me rappelle que nous rentrons aux Etats-Unis. Je demande à dormir : les nègres préparent mon lit qui est comme ceux des bateaux à vapeur, deux fois plus grand. Les messieurs, comme les dames, se déshabillent derrière leurs rideaux et prennent leur repos. Le matin, nous passons au cabinet de toilette, puis au dining-room (wagon salle à manger) prendre notre déjeuner et, ainsi réconfortés, à neuf heures et demie, heure de Chicago, nous arrivons dans la grande ville du Centre.
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