CHICAGO — LE STOCK-YARD
qui les racle, suspendus de nouveau pour courir le long d’un fer incliné, et garnir d’ immenses salles, pour s’y refroidir. Dans d’autres salles, je voyais préparer les lards, les jambons, les saucissons, les bondins, les boîtes de fer blanc, etc. Cinquante mille cochons sont ainsi tous les jours préparés ; et, pendant qu’on les voit ertrer au premier étage, par un plan incliné, à l'étage inférieur on les voit sortir en tonneaux et en caisses qui entrent dans les wagons, pour être transportés sur tous les points du Globe. Tout cela se fait par la vapeur qui, au moyen de courroies, met en mouvement une infinité de machaines. — Dans la même usine, on préparait les boîtes de conserve de bœuf, appelé corned beef. J’ai vu ces pauvres animaux poussés dans des cages étroites, recevoir une balle de carabine entre les cornes, tomber, être dégarnis de leur peau, dépecés, préparés et arriver par morceaux dans des boites soigneusement scellées, et, par grandes caisses, entrer dans les wagons qui les transportent partout. C’est par milliers que chaque jour ces maisons préparent ainsi les animaux. C’est ingénieux, mais le sang où j’ai dû patauger, l’horrible odeur, les cris d’agonie, Lo m'ont laissé une telle impression que j’en suis nl encore tout bouleversé.
CHICAGO — LES ÉLÉVATORS. 103
Quittons ce spectacle, et venons aux ÆElévators, une autre des curiosités américaines. Le commerce des bois et des animaux n’est pas le seul; celui des grains est tout aussi important. Toujours pour éviter des frais de main-d’œuvre, on a inventé d’énormes constructions, ordinairement en bois, de plus de 100 mètres de haut. Les wagons arrivent à leur pied et versent le blé ou le maïs; une machine qui fonctionne à peu près comme nos #1rias, le prend et le porte à la partie supérieure de l’Elevator d’où il va dans une des centaines de chambres de la construction. Quand on veut charger un navire ou d’autres wagons, on n’a qu’à ouvrir une soupape, et ils se remplissent tout seuls: Chaque compagnie de chemin de fer a son élévator qui peut chaque jour décharger et charger des centaines de mille buschels (boisseaux)! . Les 19 élévators de Chicago peuvent contenir quinze millions et six cent mille boisseaux. Un vérificateur remet au propriétaire une déclaration constatant la quantité de boisseaux reçus par l’Elévator, et la qualité du grain ; ordinairement celui-ci vend ce titre à des banquiers ou commerçants qui viennent en temps utile réclamer non le même grain, mais une
1 Trois buschels environ font un de nos hectolitres.
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