SCENE VII
Les Mêmes, M™ DE BLAIN VILLE.
Mme DE BLAINVILLE , au fond. Qu'entends-je !...
d'aulnay. Oui, vous direz à M. Pierre que mademoiselle sera ma femme.
Mme de blainville , s' avançant. Votre femme !...
d'aulnay, à part. Dieu ! elle était là!
MmeDE blainville. Ah ! vous êtes amoureuxdeMlle Marie?...
d'aulnay. Eh bien! oui, madame, je n'en fais plus mystère... j'adore mademoiselle.
Mme DE blainville. Fort bien, monsieur ! épousez votre brillante conquête , je ne m'y oppose pas... j'en serai même enchantée.
d'aulnay. C'est ce que je compte faire... aussi vais- je demander le consentement de sa mère !
Mme de blainville. De sa mère? Si vous la connaissez, vous êtes plus avancé que moi.
d'aulnay. Que voulez-vous dire? la duchesse de Walousky.. .
Mme de blainville N'a jamais eu d'enfant... elle-même vient de me le dire...
marie. O mon Dieu!
d'aulnay. Se pourrait-il!... Et cet objet si cher dont elle avait eu tant de peine à se séparer?
GASPARD , tirant un paquet de papiers de \ dessous sa uesie. fce voilà l'objet ?
d'aulnay. Comment? des papiers?
Gaspard. Oui!... des mémoires, des grimoires! des histoires secrètes commencées sous l'autre.... et qu'elle n'avait pas osé publier dans le temps... et v'ià tout le paquet.
m marie , à part. Ah î malheureuse !
d'aulnay. Mais c'est affreux!... c'est abominable! Ce paysan savait tout... et il ne parlait pas...
Gaspard. Dam! écoutez donc... vous disiez tous : C'est un enfant... après ça, tout le monde peut se tromper.
MARIE , allant à Mme Blainville. Ah ! madame, de grâce... ne m'abandonnez pas...
Que de viendrai-je maintenant si vous me refusez votre appui ?
Mme DE RLAINVILLE. Que pOUVez-VOUS
craindre?... votre sort n'est-il pas assuré, puisque monsieur vous épouse ?
d'aulnay. Ah ! un moment... j'ai été abusé... on m'a dit que mademoiselle était duchesse... elle ne Test pas... c'est bien différent !
fleur-d'amour. Hein?
marie. Suis-je assez humiliée !
fleur-d'amour. Ah çà! épousez-vous...
oui ou non?
d'aulnay. Allons donc, c'est impossible !
fleur-d'amour. Impossible! quand c'est vous qui l'a enlevée... et qui l'a mise à Paris dans de très-beaux meubles !..■„
Mme de blainville. Qu'entends-je ! cet enlèvement... c'était monsieur... Ainsi vous étiez d'accord tous deux pour me tromper !...
marie. Ah! madame, pouvez-vous me * soupçonner ! . . . Qui ! moi ! . . . je me serais entendue avec monsieur ! .. . j'aurais volontairement quitté votre demeure!... oh!
non! non ! vous ne le croyez pas. .. vous ne me supposez pas capable d'une telle conduite ! Ah ! je puis être bien malheureuse, je puis perdre à la fois et un nom'et l'espoir de retrouver une mère... mais laissez-** moi l'honneur, laissez-moi l'estime de ceux qui m'ont connue... c'est le seulfiien qui me reste, et celui-là, du moins, rien ne pourra me l'ôter.
Mme de blainville. Mademoiselle, j'en suis désolée', maie après ce qui s'est passé, je ne saurais vous garder plus long-temj)S chez moi. %
marie . Y ous me chassez !
Mme de blainville. Non! mais vous devez comprendre que votre présence dans ma maison... Adieu, mademoiselle! Et vous, monsieur, épouse* celle cfae vous adorez.
d'aulnay , la suivant. Belle dame , permettez! .
Mme de blainville. Laissez-moi ! vous êtes un indigne!... je vous exècre!... je vous déteste!
Elle sort.
d'aulnay, la suivant. Oh! je ne vous quitterai pas.
FLEUR- d'amour, tirant son sabre. Et moi , je te suivrai partout... à la cave, au grenier... je casse plutôt tout dans la maison.
Il sort du même côte' que d'Aulnay.