‹ Le Trachome à LugdunumChapitre 14 sur 18 · LA GARNISON · texte numérisé non relu

LA GARNISON

Lyon et Carthage sont, en Occident, les deux seules villes qui aient eu une garnison détachée de l’armée romaine. Il n’y avait aucune légion, mais c’est une des cohortes créées pour la police de Rome qui y était établie dès le re" siècle.

De celle de Lyon, il est une première fois fait menon sous Tibère, en l’an 1, mais sans désignation autre que celle de cohorte en garnison à Lyon (Tacile, Annales, IT, 41); une deuxième fois, en l’an 69, au début de la guerre entre Othon et Vitellius, avec la désignation de cohorte XVII en cantonnement habituel à Lyon (Tacite, His. I, 64).

D'après une inscription trouvée à Vichy, signalant qu'une cohorte portant le numéro XVII, et appelée cohortes XVII Lugduniensis ad Monetam, c'est-à-dire cohorte résidant à Lyon pour la garde de la Monnaie, cerlains auteurs prétendent que cette cohorte 24 Mone- {am et celle signalée par Tacite, ne faisaient qu'une seule et même cohorte, et ils en font remonter la fondation jusqu'aux lemps d'Auguste.

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Mais, Hirschfeld, qui a décrit l'inscription de Vichy (Lyon in der Romerzeit, p. 27) ne pense pas, malgré la forme Lugduniensis plus ancienne et meilleure, au témoignage de Dion Cassius, que celle de Lugdunensis, que le séjour à Lyon de la cohorte XVII ad Monetam doive être rattaché à l'atelier monétaire qui existait à Lyon aux premiers temps de l'Empire. Il croit qu'il conviendrait plutôt de rapporter ce séjour à une époque plus tardive, fin du mr siècle, alors que, par suite de la réorganisation des fabriques monétaires dans les provinces, un hôtel de la monnaie eut été de nouveau établi à Lyon. C'est toutefois une opinion que semble contredire la présence des accents qui reviennent sur plusieurs lettres de l'inscription. L'usage des accents, en effet, serait tombé depuis Trajan.

Plus tard, Vespasien, en réorganisant les cohortes urbaines, eut en vue d'assurer la garnison, non pas seulement de Rome, mais de Lyon et Carthage. «Il affecta donc, dit Mommsen, à ces deux villes les deux cohortes qui portaient les numéros I et XIII. La première fut sans doute envoyée à Lyon (les inscriptions de Lyon qui mentionnent la cohorte /. Urbhana sont du r siècle), la XIIIe à Carthage. »

Puis, au 1r° siècle, les deux corps sembleraient avoir permuté, c'est ce que prouvent à la fois l’inscription funéraire trouvée dans la Nécropole des Officiales, qui est du temps de Trajan, et les inscriptions relatives à des soldats de la XIIT° cohorte, relevées à Lyon, qui appartiennent à la même époque.

A la fin du n° siècle, on ne trouve plus trace de ces deux cohortes, ni à Lyon, ni ailleurs.

DRE 2e

Est-ce à dire qu'il n'y eut plus de garnison à Lyon après cette époque? Nullement.

À Fourvière, sur le versant oriental de ia coiline, dans le clos de l’ancien grand séminaire, le creusement d'une citerne fit découvrir, en octobre 1912, un autel romain dédié : Numiniblus] Auglustorum|.

C'était un autel placé dans un local de la caserne romaine, dans la salle de réunion des poliones, qui, d’après l'opinion commune, étaient les fourbisseurs.

Or, l'inscription nous apprend que les poliones appartenaient à quatre légions.

Reprenant et complétant une hypothèse d'Hirschfeld, M. von Domaszewski a conjecturé que la cohorte en garnison à Lyon et dont on ne trouve plus de trace certaine n1 à Lyon, n1 ailleurs, après le n° siècle, fut licenciée par Septime Sévère, vainqueur d'Albin (bataille de Lyon, an 197). pour qui eile avait sans doute pris parli avec les Lyonnais, et remplacée par un effectif équivalent de légionnaires, par quatre détachements que fournirent les quatre légions du Rhin : ces légions étaient depuis Adrien : la Z Minervia et la XXX Ulpia Victrixz pour la Germanie inférieure; la VIIT Augusta et la XXII Primigenia pour la Germanie supérieure. De toutes les quatre, le nom revient fréquemiment dans les textes épigraphiques lyonnais, non seulement à propos de vétérans, mais aussi à propos de soldats libérés du service. La découverte de cette inscription semble confirmer cette hypothèse, puisqu'elle prouve qu'au début du nr sièele il y avait à Lyon quaire Vext/lationes de légionnaires.

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