PORT TE
NT La pendant la retraite des Dix Mille et que Xénophon semble attribuer à l'éclat de la neige.
Les Grecs connaissent la nature contagieuse de l'ophtalmie et désignent sous le nom de toarbuara les granulations des conjonctives. Hippocrate, Galien, Celse, Scribonius Largus font mention des granulations palpébrales.
Les Romains, à leur tour, vont puiser à la source de la contagion pendant la lutie entre Rome et Carthage.
Apportée en Europe, l'ophtalmie va suivre les Romains dans les pays conquis, aussi le nombre des oculistes romains va-t-il s'accroître.
Il s'accroît d'autant plus que la spécialisation médicale qui n'existait ni du temps d'Hippocrate, ni du temps de l’école d'Alexandrie, prend une grande extension au moment où l’école grecque passe d'Egypte à Rome.
Le nombre des oculistes est considérable. La majorité sont des esclaves grecs affranchis ou des fils d’affranchis, aussi Martial les poursuit-il de ses épigrammes. « Hier, dit-il à l’un d’eux, tu étais gladiateur, aujourd’hui te voilà oculiste, tu n'as pas changé de métier, tu crèves toujours les yeux. »
Ces oculistes nous sont surtout connus par les cachets {sigilla) qu'ils nous ont laissés. Environ plus de deux cents ont été trouvés et décrits.
Un cachet d’oculiste est une plaquette prismalique en stéalite ou en schiste ardoisier. Les tranches portent des inscriptions latines gravées à rebours et en creux,
mentionnant :
agi Me
y Le nom de l’oculiste inventeur ou vendeur du collyre ;
2° Le nom et souvent l'usage du collyre;
30 Parfois son mode d'emploi.
Ces collyres, sous forme de petits pains avec la consistance d’une pâte molle, contenaient divers produits, et le praticien y plaçait son estampille en les timbrant de sa pierre sigillaire. Divers caractères, la forme des lettres notamment, permettent de penser qu'ils ne remonteraient pas au delà du n° siècle de l'ère chrétienne et ne seraient pas antérieurs au n° siècle avant Jésus-Christ.
Lugdunum, la cité des Empereurs, la capitale des Gaules, ne pouvait manquer d’avoir ses oculistes, nomades ou sédentaires. On a trouvé plusieurs de ces cachets, soit à Lyon même, soit dans les environs. Quelques-uns de ceux-ci sont conservés au Musée de la ville.
C’est la présence de ces cachets à Lyon qui a décidé M. le professeur Rollet, qui les avait étudiés, à nous demander de rechercher si le trachome a existé à Lyon à l’époque romaine et à en connaître les causes d'invasion.
Après avoir rappelé le plus sommairement et le plus complètement possible la description des cachets lyonnais, nous avons tâché de mettre en évidence les raisons qui permettent de croire que le trachome a réellement exercé ses ravages à Lugdunum, et quelles ont pu être ses voies d’invasion.
Apte