‹ Le Trachome à Lyon: Sa fréquence et sa répartition géographiqueChapitre 21 sur 22 · A9IO-A1 2 — 941 — A · texte numérisé non relu

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Nous tenons à faire remarquer ce dernier tableau ou 24 trachômateux ont été hospitalisés directement, c’est-à-dire sans que nous puissions retrouver leurs noms sur les registres de la Consultation externe. Si

‘4 donc nous en tenons compte dans notre statistique, il 4 | nous faudrait non plus la baser à raison de 77 cas sur 4 15.277, mais à raison de 101 cas sur près de 20.000

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malades, dont la proportion serait à peu près équivalente.

Sur les 101 trachomateux soignés à la Clinique de 1904 à 1914, nous avons trouvé 33 Italiens, 10 Arabes et quelques étrangers dont il ne nous a pas été possible de déterminer l’origine exacte ; d’ou près de la moitié des cas précédents doivent être, de prime abord, considérés comme n'ayant pas contracté la maladie dans notre région, mais encore l’y ayant importé.

Notre ville, du reste, ainsi qu'on pourra en juger en jetant un rapide coup d'œil sur notre plan est très inégalement atteinte, avec des préférences marquées pour les quartiers populeux, à habitations à bon marché, ou logent de. véritables colonies d’Italiens, de Corses, d’Arabes ou d'Espagnols. Le cœur de la ville est compris entre la place Bellecour et les Terreaux ; c'est le centre du commerce et des grandes administrations ; la vie et la circulation y sont plus actives que dans n'importe quel autre point de la cité. Aussi les loyers y sont fort chers et la population ouvrière et pauvre n'y peut élire domicile, abstraction faite pour quelques logements plus ou moins insalubres, bâtis dans quelques rues étroites, et peu propres, comme la rue Mercière ou Lanterne, dans le 1°’ ou le 2° arrondissement. s

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La partie de Lyon située sur la rive gauche du Rhône, diffère beaucoup de celle que nous venons de décrire; à côté des quartiers des Brotteaux, des quais tournés à l’ouest, ou le trachome semble absent, à mesure que nous pénétrons plus avant dans le troisième arrondissement, en particulier dans la Guillotière, la Vitriolerie, le quartier de Gerland, nous trouvons des habitations d’un tout autre aspect, maisons basses, malpropres, mal aérées, quelques-unes construites en planches ou en terre. C'est là que se localise le plus grand nombre des cas de trachome, dans les rues Mazenod, Moncey, Villeroy, Chaponnay, etc, et dans ce seul troisième arrondissement nous trouvons 48 cas.

D’autres quartiers par contre, malgré une population ouvrière très dense, comme Villeurbanne, Oullins, St-Fons, paraissent très peu touchés.

Autour de nous, dans les départements limitrophes à celui du Rhône, la conjonctivite granuleuse y est rare ; quelques centres cependant se font remarquer par leur plus grande fréquence.

De Lyon à St-Etienne, les cas de trachome s’égrènent dans les agglomérations ouvrières, où le pourcentage à l’hectare de mineurs et de verriers est assez élevé et où de nombreux Italiens travaillent pendant une partie de l’année.

Givors, St-Etienne, présentent des cas relativement assez nombreux.

Le département de l'Isère semble un peu privilégié, surtout dans sa partie montagneuse. A Grenoble, le trachome est très rare; à Vienne, cependant, nous

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avons l'occasion de voir quelques cas, à de longs intervalles, qui viennent se faire soigner à la clinique.

En résumé nous pouvons dire que la situation sanitaire de notre ville au point de vue trachome est excellente ; la maladie a beaucoup perdu de son importance depuis dix ans; les cas grâves y sont assez rares, Si nous nous en rapportons au nombre restreint de trachomateux dont l’état a nécessité l’hospitalisation durant cette longue période de 7 années.

Les formes que l’on y voit sont surtout des formes chroniques en grande partie chez des étrangers, ou des habitants de Lyon ayant séjourné dans les pays infectés ; nous ne pouvons qu’applaudir à cet excellent résultat dû à de sévères mesures d'hygiène concernant notre ville et aux nombreuses cliniques où les malades peuvent trouver les soins que réclame leur état.

Il ne nous paraît donc pas urgent d'établir dans notre ville une prophylaxie rigoureuse contre cette affection, ainsi que cela se pratique aux Etats-Unis, au Brésil, en Hongrie ou en Prusse actuellement. Cependant, malgré sa bénignité relative, le trachome reste un ennemi sérieux, dont on doit toujours craindre le retour offensif ; d’où la nécessité de le dépister dès son début, d'isoler au besoin les individus qui en sont porteurs, d'en montrer les dangers dans les écoles, et toutes agglomérations, et peut-être même d'en rendre la déclaration obligatoire.

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