PRODUCTION D'OPIUM PRÉPARÉ
EAN SNS RER Ce NT NN EE 30.000 kg (délivrés par l'administration de l’ascise) Ceylan St es eus seal pe ee ee ie ie 300 »
Etablissements des Détroits et Etats de La Malaisie ES E ren EURE! 110.000 »
(fournis par la bouillerie de Singapour) FOFMOSRS ER CN ER ERP SEE 48.000 »
Hong Konge ir See RER 40.000 »
Indes, Néerlandaises PERTE ENS 93.000 »
(fournis par la bouillerie de Batavia)
LES STUPÉFIANTS 27 Mdochrne francaise nm TL. 74.000 kg Macao ce Re a 10.040 »
Nord-Bornéo Britannique.....:..,...... 3.200 » SALOPE RTE UT RL PE 50.000 »
KRotanpElon ent 8.000 »
Les prix de vente du chandoo sont très variables d’un pays à l’autre non seulement parce que les prix de revient diffèrent, mais surtout parce que la vente du chandoc étant presque partout un monopole d'état son prix est majoré dans un but fiscal dans des proportions très différentes. Ainsi en 1908 le kilo d’opium préparé se vendait 314 francs en Indochine et 720 francs aux Indes Néerlandaises avec un prix de revient de 50 à 60 francs. En Chine, où il n’y avait pas de monopole son prix de vente variait entre 60 et 90 francs. Actuellement les prix de vente sont les suivants : dans l’Inde le kilo de chandoo vaut 1200 francs. En Indochine il est passé de 88 piastres en 1916 à 187 piastres. Aux Indes Néerlandaises où il n’a cessé d'augmenter il vaut 3.500 francs français. Au Siam, le talmung est vendu 15 tekals. En Chine, l’once se paie à peine deux ou trois dollars. D’ailleurs dans les pays à monopole deux politiques s’affrontent : vendre cher le chandoo pour en diminuer la consommation, c’est le principe de la France, de la Hollande et de l’Ind qui n’ont cessé d’augmenter leurs prix. Vendre au prix de revient pour décourager la contrebande, c’est le principe adopté par le Japon. qui ne cesse d’en proclamer les avantages. D'ailleurs nous reviendrons sur ce point en examinant la situation actuelle au point de vue de la consommation.
$ III. — Commerce
Le commerce de l’opium préparé, tout au moins le commerce licite est inexistant. En effet la convention de La Haye interdit son exportation. La seula dérogation à signaler est l'exportation de 2.350 kilos d’opium préparé de Macao au Paraguay en 1924 sans doute pour un usage médical. Il ne faudrait pas conclure de là qu’il n’y a pas à travers le monde un important trafic de chandoo, mais ce trafic est illicite et nous nous en occuperons en traitant dans la sixième section de ce chapitre de la contrebande. Ce trafic est intense et s’opère surtout entre la Chine et les territoires d’Extrême-Orient. Ainsi pendant l’année 1924 on a saisi dans les Etablissements des Détroits, en provenance de la Chine, 4.000 kilos d’opium préparé ; il est admis que les quantités saisies représentent 1/10e des importations illicites ; celles-ci s’élèveraient donc à 40.000 kilos et seraient presque égales à la consommation licite qui est de 44.000 kilos. On pourrait citer bien d’autres exemples.
L’opium brut donne lieu à un commerce considérable qui fait la prospérité de nombreuses villes et qui se chiffre par milliards. Les pays acheteurs d’opium sont d’abord ceux chez qui l’usage de l’opium est encore temporairement autorisé. S'ils n’en produisent pas ou s'ils en produisent insuffisament ils en importent et le transforment en chandoo dans leurs usines. Ce sont aussi les pays fabricants de dérivés de l’opium: morphine, héroïne, opium médicinal, soit que ces produits soient destinés à un usage médical, ou scientifique, soit qu'ils soient employés comme stupéfiants.
Les grands pays producteurs sont la Chine, l’Inde, la Perse, la Turquie et la Yougoslavie. Que devient leur excédent de production, vers quels pays est-il envoyé et quelles voies commerciales emprunte-t-1l ?
Pour la Chine nous n’avons que des renseignements très incomplets. Elle consomme la plus grande partie de l’opium qu’elle produit. Une partie importante de sa production se déverse sur les pays d’alentour : Birmanie, Malaisie, Indochine ; ils sont littéralement infestés par la contrebande de l’opium chinois. Leurs représentants à la première conférence de Genève ont adressé de vives doléances au délégué de la Chine qui n’a pas nié l'existence de la contrebande mais qui à fait savoir que son gouvernement était pour le moment incapable de la réprimer. Quelques chiffres en feront connaître l’importance : dans les Etats Malais, en 1922, il y à eu deux saisies d’opium sur les navires en provenance de la Chine, en 1923 le nombre des saisies s’est élevé à 229 et en 1924 il est arrivé à 460. À Hong Kong la quantité d’opium apportée en contrebande dépasse celle qui est vendue licitement.
Mais un mouvement en sens contraire se produit simultanément, c’est l'exportation en contrebande vers la Chine d'importantes quantités d’opium produites dans le Turkestan, la Turkmenie, l'Afghanistan, les provinces maritimes Russes. Ce commerce est très productif et d’après les renseignements recueillis, sur la frontière de la Turkmenie et de la Chine 2.000 commerçants vivent largement de ce trafic. La production des provinces maritimes Russes qui est de 100.000 kilos se déverse entièrement dans le céleste Empire. Aussi la Chine 2-t-elle adressé en 1925 une protestation au gouvernement des soviets pour faire
cesser ce trafic. Une grande partie de l’opium Perse est exportée par voie de mer en Chine : on peut estimer cette exportation à 422 tonnes ; elle arrive en Chine par les ports d’Amoy, de Shanghaï et de Chinkiang. Toutes ces importations réunies contrebalancent à peu près les exportations.
Pour l’Inde les statistiques de la commission de l’opium nous fournissent des renseignements complets que nous n’avons ni pour la Perse, ni pour la Turquie, ni pour la Yougoslavie.
Les exportations de l’Inde ont été en 1920 de 660 tonnes » » 1921 de 621 »
» » 1922 de 516 »
à destination :
| des Etablissements des
a À Détrois se 133.560 kg.
production de Indes Néerlandaises 57.240 »
RERO SIA serre 401.760 »
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exportations Ceylan ............ 1.908 »
té Hong-Kong ....... 45.264 »
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nai Japobi: Eee 9.540 »
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La quantité disponible pour la consommation intérieure a été de 314 tonnes.
à destination :
de l'Angleterre ........ 39.621 kg.
en 1924, Etablissements des sur une DÉTrOIES EE: 190.800 »
production de Indes Néerlandaises 9.080 »
968 tonnes, HAT SL re AR 95.400 »
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autres Pays ....... 55 »
L’opium exporté en Indochine française et dans les Indes Neerlandaises n’est plus désormais acheté aux enchères mais par vente directe. L'Inde n'importe pas d’opium.
Une partie de l’opium Perse est vendue licitement, une partie beaucoup plus importante est envoyée en contrebande. Pour le commerce licite les principaux pays importateurs sont: le Japon qui en 1925 à importé 40.500 kilos, Formose qui a importé 31.000 kilos, les Etablissements des Détroits 6.900 kilos, Kouang Toung 8.000 kilos, Macao 7.000 kilos. L’opium de contrebande est adressé à Vladivostok mais il n’y parvient jamais ; en effet en cours de route il est transbordé dans des jonques qui vont le déposer sur la côte chinoise. La quantité d’opium exportée en contrebande est de 422 tonnes pour 1925.
L’exportation se fait par le Golfe Persique et no-
tamment par Bouchir qui doit au commerce de l’opium une grande partie de son activité. Du ler juin 1925 au 30 avril 1926 les navires ont chargé dans ce port 6.669 caisses d’opium représentant 477 tonnes.
Les principaux clients de la Turquie sont les pays fabricants de dérivés de l’opium. En 1924 elle à exporté en Angleterre 26.000 kilos, en Allemagne 59.000 kilos, en Suisse 36.000 kilos, en Hollande 1.800 kilos, aux Etats-Unis 32.000 kilos, en France 4.800 kilos. Cette clientèle est due à la forte teneur en morphine de l’opium Turc.
La Yougoslavie ne vend pas directement l’opium qu’elle produit ; malgré plusieurs essais elle n’a pu se créer une clientèle et elle est obligée de vendre par l'intermédiaire des maisons de Salonique. Aussi dans les statistiques douanières il faut tenir compte que certaines quantités mentionnées comme provenant de Grèce viennent en réalité de Yougo-Slavie. L’opium yougoslave est exporté principalement aux Etats-Unis, en Suisse, en Hollande, en France.
Le prix de l’opium brut est très variable. Il varie selon lefpays d’origine, selon le Days de vente etselon les années.
C’est l’opium chinois à cause de sa grande quantité qui fait le cours du marché. En Chine l’opium est vendu à un prix relativement bas au lieu de production, mais ce prix se trouve presque doublé par suite des frais de transport et des impôts de circulation, en arrivant à l'endroit où il doit être utilisé. Ainsi en 1908 une tonne d’opium achetée au Yunnan 13.500 francs revenait à 24.000 francs en arrivant à la bouillerie de Saïgon. Le prix varie d’une province à l’autre, Dan; la province de Foukien il vaut 1 dollar l’once,
dans la province de Schechouan 40 à 70 cents l’once, à Yougshoni 35 à 40 cents l’once.
On peut constater d’une manière générale une hausse de l’opium, il valait en moyenne 20 francs avant la guerre. L’opium Yougoslave qui se vendait 1 livre sterling le kilo en 1921 à passé au prix de 7 livres sterlings en 1924. Cependant il faut noter une forte baisse en 1922-23 par suite d’une récolte très abondante en Chine. |
$ IV. -— Effets physiologiques et Conséquences sociales de f’Opium
L’opium peut être absorbé sous deux formes. Il peut être avalé sous forme de boulettes à l’état brut par les mangeurs d’opium ; il peut être fumé lorsqu'il a été transformé en chandoo.
Ces deux vices ont des effets physiologiques différents et ont chacun leurs adeptes fervents.
Les mangeurs d’opium sont d’abord les Hindous, ensuite tous ceux qui sont trop pauvres pour acheter du chandoo ; enfin les fumeurs d’opium eux-mêmes l’absorbent en pilules lorsqu'ils sont privés d’opium préparé. Mais les fumeurs sont de beaucoup les plus nombreux. Nous verrons en étudiant dans le deuxième chapitre de ce livre la situation actuelle au point de vue de la consommation, quel lest le nombre de fumeurs et de mangeurs d’oprum dans chaque pays et la quantité absorbée par habitant. Les mangeurs d’opium l’avalent sous forme de boulettes assez semblables à celles qu’on fume dans les pipes ; ils avalent ces pilules avec du thé froid ou légèrement tiède car une
J. GASTINEL. — Le Trafic des Stupéfiants. 3
Te OL PR Te RAR GORE à PACE td UE Ont EE Ca PC Pie CR ET RETENUS SU x ;
boisson chaude dissout trop rapidement l’opium dans l’estomac et provoque des effets très violents.
Certains considèrent que cette habitude de manger de l’opium n’est pas dangereuse car celui qui l’a, peut facilement s’en défaire et n’est pas tenté d’en abosrber de trop grandes quantités. C’est la thèse du gouvernement de l’Inde qui voudrait présenter l’opium comme un remède d’un usage courant: dans l’Inde on prend de l’opium comme ailleurs du thé ou du tabac, l’opium constitue un stimulant pour l’ouvrier astreint à de gros travaux, pour les soldats qui ont à faire de longues marches et même pour les animaux. C’est un remède d’un usage courant pour combattre les coliques et les symptômes de la fièvre il a un effet bien- ‘faisant pour toute une série d’indispositions usuelles.
A l’encontre de cette thèse la plupart des médecins estiment que manger de l’opium est plus dangereux que le fumer. Toute la morphine contenue dans l’opium est absorbée par le mangeur tandis qu’une grande partie de celle contenue dans le chandoo n’atteint pas l’organisme du fumeur. En effet lorsqu'on chauffe une boulette d’opium au-dessus de la lampe pour préparer une pipe, une partie de la morphine est décomposée par la chaleur et une autre reste avec le dros sur le fourneau ; en somme ce n’est qu’un tiers de la quantité primitive de morphine qui pénètre dans les poumons du fumeur et par suite de l’expiration de la fumée ce n’est qu’une très faible partie qui reste dans l’organisme. Quant à considérer l’opium mangé comme un remède c'était bon pour la médecine d’il y à un siècle, ce n’est plus admissible aujourd’hui.
Dès 1892, 5000 étudiants de Grande Bretagne ont déclaré publiquement :
19 L’habitude de manger ou de fumer l’opium est abrutissante au point de vue moral et physique.
20 L’opium, tout aussi bien aux Indes qu’en Angleterre, devrait être classé et vendu comme un poison.
Des établissements spéciaux sont consacrés à ceux qui ont l’habitude de fumer l’opium. Quand on rentre dans une fumerie on est surpris par l’obscurité et l'étrange odeur qui règne dans la pièce. Etendus sur des nattes les fumeurs ont auprès d’eux une lampe à, huile dont la lumière tamisée par un abat-jour opaque brille faiblement, un petit pot en étain rempli de chandoo, une longue aiguille dont une extrémité large et aplatie forme une spatule, une pipe au long tuyau surmonté d’un fourneau en terre cuite qui, au lieu de s’incurver profondément comme ceux des pipes de nos fumeurs de tabac, à la surface supérieure presque plane et percée d’un trou à peine large d’un millimètre. Seul le grésillement des boulettes de chandoo trouble le silence. Le fumeur au visage affiné, aux gestes mesurés, puise avec l'aiguille une goutte d’opium, il la présente à la flamme qui la rend plus dense, il retrempe à nouveau son aiguille dans l’opium et recommence cinq ou six fois la même opération ; quand la boulette obtenue est d’une grosseur suffisante il la dépose sur le fourneau de là pipe, au-dessus du trou. La pipe est prête, le fumeur l’approche au-dessus de la lampe, la boulette grésille ; alors en une longue et unique aspiration il absorbe toute la fumée. Il y à loin entre la vision de l’élégante et silencieuse fumerie où les fumeurs, le regard lointain, savourent intérieurement le rêve qui les emporte, et l'aspect écœurant du cabaret empuanti de relents
d'alcool, où des ivrognes au regard fou et au rire idiot crient et se disputent.
L’ivresse de l’opium active les fonctions cérébrales, rend la pensée plus légère, la sensibilité des sens devient très grande et toute sensation un peu vive cause une souffrance. Au fur et à mesure que les pipes succèdent aux pipes on se sent envahi par un bien être délicieux, on arrive à la béatitude heureuse du nirvana hindou ; tout ce qui se passe autour de vous vous laisse indifférent, Un fumeur ordinaire fume trente à quarante pipes par jour, certains arrivent jusqu’à cent ou cent cinquante pipes.
Cette passion domine ses fervents adeptes. Lorsqu’on à pris l’habitude de fumer on ne peut plus s’en passer ; l’organisme lui-même réclame sa ration journalière ; si il y à le moindre retard, des troubles physiologiques se manifestent et rien ne pourra empêcher le fumeur qui aura la drogue à la portée de la main de calmer sa souffrance. Au moment de la suppression du pavot en Chine, les fonctionnaires qui avaient l’habitude de fumer l’opium devaient y renoncer ou démissionner de leurs emplois. Ceux qui étaient soupçonnés de fumer en cachette étaient placés en surveillance ; si au bout de trois jours ils n'avaient pas réclamé leur pipe, on les considérait comme non fumeurs et on leur délivrait une patente de santé. En effet le fumeur invétéré ne pourra jamais supporter pendant trois jours la privation de drogue ; après quelques efforts pour résister il tombera aux genoux de son gardien, le suppliera de lui permettre de fumer ; peu lui importera de briser sa carrière, sa passion le domine, il est incapable de lui résister. Les fumeurs perdent vite toute énergie, toute capacité,
tout sentiment du devoir et de la responsabilité. Pour satisfaire ce vice couteux ils ne reculeront devant rien. Les ravages physiques ne tardent pas à suivre la dégradation morale. Le fumeur ne dort plus, il ne peut avaler d’autre aliment que l’opium. Le visage est ravagé, les yeux s’enfoncent et deviennent hagards, les dents déchaussées sont hideuses, “un amaigrissement extrême fait des fumeurs de véritables squelettes idiots, ils ne pensent plus qu’à fumer, fumer toujours pour calmer leurs souffrances.
« On comprend alors le danger social de ce fléau « lorsque des populations entières sont contaminées « et que comme en Chine des millions d'hommes se « débattent, englués peu à peu par cette drogue som- « bre, épaisse et odorante, dont la marée sans cesse « montante recouvre les régions les plus fertiles et « les plus populeuses de la terre, paralysant toutes « les forces morales et physiques et tarissant ainsi « toutes les sources de la production économique pour « ne laisser que la ruine, la souffrance et une mort « souvent encore trop lente à venir ®».
SæcoTion II
Les Dérivés de l Opium
Ce sont la morphine, l'héroïne, l’opium médicinal, ils rentrent dans une foule de préparations pharmaceutiques et prennent alors des noms divers. Il faut encore citer la décodide et l’eucodal, extraits d’un
(1) Docteur E. MarTIN, Légation de Pékin.
alcaloïde de l’opium, la thébaïne ; on avait proposé de soumettre ces deux substances aux dispositions de la Convention sur l’Opium ; la commission consultative à sa session de 1926 n’a pu admettre cette proposition parce que la Convention de 1925 ne visait pas la thébaïne.
Ces produits en dehors de leurs usages médicaux, sont utilisés comme stupéfiants, mais seules l’héroïne et la morphine sont d’un usage très répandu.
Voilà les définitions données par la Convention de Genève de 1925 :
Par « morphine » on entend le principal alcaloïde de l’opium ayant la formule chimique C7 H® NO*.
Par « diacetylmorphine » on entend la diacetylmorphine (diamorphine, héroïne) ayant la formule C2! H? NO“.
Diacetylmorphine est le nom scientifique du produit ; le nom héroïne beaucoup plus répandu n’a pu être employé car il est la propriété d’une firme commerciale allemande.
La morphine aj été découverte simultanément en 1803 par Seguin et Sertuerner. Son usage s’est répandu comme médicament pendant les guerres de 1866 et de 1870 ; son emploi comme stupéfiant n’a pas tardé à suivre, car c’est souvent à la suite d’un traitement médical par la morphine, que l’on devient morphinomane. C’est le professeur allemand Halhr qui signala le premier la morphinomanie. L’héroïne a été découverte en 1898 par un chimiste allemand ; elle n’est pas extraite directement de l’opium, mais de la morphine dont elle est un succédané. Elle à été très rapidement employée comme stupéfiant surtout en Amérique où elle fait de grands ravages.
$ I. — Fabrication de la Morphine et de l’Héroïne
On obtient la morphine en traitant par du chlorure de calcium la solution d'extrait d’opium. La préparation se fait dans de grandes cuves. La morphine est isolée sous forme de chlorydrate, mais elle est alors mélangée avec de la codéïine. On sépare les deux bases en les traitant par l’ammoniaque qui précipite la morphine et qui dissout la cocaïne. Pour obtenir de la morphine pure on l’engage dans un sel que l’on fait cristalliser et que l’on décompose ensuite. On retire l’héroïne de la morphine en faisant agir sur cet alcaloïde de l'acide acétique.
Les pays fabricants de morphine sont :
l'Allemagne qui a produit en 1921 8.620 kg.
les Etats-Unis » 14923 6.000 »
l'Angleterre » 1924 7.405 »