ACTE PUEMIER
(linor, rien... je partis le soir, assez tard, sans avoir rien remarqué d'extraordinaire, si ce n'est l'attention extrême avec laquelle Louise considérait des cocottes que sa jeune sœur était en train de confectionner... Le mariage se fit!... je partis avec ma femme pour venir ici. Elle fut convenable pendant le trajet, tï part certain sourire, qui, de temps à autre, relevait les coins de sa bouche d'une façon bizarre... Elle entra seule dans sa chambre... Je dois avouer qu'au moment d'y entrer à mon tour, je me sentais assez en humeur de me réconcilier avec le mariage...
RICHARDIN
Hein?
LE COMTE
(Ju'est-ce qui te prend, à toi?
RICHARDIN
Rien. Continue.
LE COMTE
J'y entrai, dans cette chambre! ma femme était assise... en train déjouer avec des cocottes. Je les reconnus du premier coup d'œil, Louise sourit en se tournant vers moi! « Il y a là quelque chose d'écrit, me dit-elle... regardez... » Je regardai... c'était ma lettre!
RICHARDIN
Elle avait lu les cocottes?...
LE COMTE
Sans en passer une ligne... Elle s'en accusa avec une humilité singulièrement ironique..." Et elle me récita, sans se tromper d'une syllabe, le passage qui la concernait!... « Mais pourquoi, étant si bien instruite, vous ètes-vous laissé marier?... » Elle me répondit (ju'elle avait craint le scandale, qu'il aurait fallu avouer qu'elle avait lu et qu'elle n'avait pas osé, et puis qu'elle avait eu peur de faire de la peine à sa mère qui tenait à ce mariage... Sur ce beau raisonnement, elle se leva, me fit une révérence et...
RICHARDIN
Et?...
LE COMTE, se lovant.
Et nous aurons tout le temps de jouer aux échecs... Tu dois on être sûr maintenant?
RICHARDIN
Voilà comment je comprends le mariage!
Entre Honriette.