ACTE PREMIER
HENl'iIETTE, elle met la rubo sur le canapé.
lion... quoique madame fasse bonne garde, il se rencontre bien, par-ci |iar-là, des moments où l'on trouve moyen de se rattraper...
J.^CQUES, il metl'babit sur la table.
Il me sfnijjle que nous sommes dans un de ces moments-là, et que, si tu t'y prêtais un peu, je pourrais bien l'embrasser sans que personne...
HENRIETTE
Non pas... non pas...
JACQUES
Je te jure que si...
HENRIETTE
Je te jure que non, moi !
JACQUES
Fais un pas seulement.
HENRIETTE
Quand j'aurai fait un pa?, tu seras bien avancé...
JACQUES
Fais-le toujours...
Le voilà fait.
Elle fait un tout petit pa».
JACQUES
Ali bien ! si c'est ça que tu appelles un pas ?
HENRIETTE
Qu'est-ce que c'est donc?
JACQUES, faisant une enjambée énorme.
Voilà un i)as !
HENRIETTE
Ohî
JACQUES
Enfin fais-les petits, si tu veux, mais fais-en plusieurs...
HENRIETTE
Je le veux bien, mais tu verras que nous y serons pinces.
JACQUES
Mais non... je te dis... mais non !
HENRIETTE
Il suffit du ))ruit d'un baiser pour que madame s'élance... prrr... comme ces diables... tu sais... quand on ouvre la boîte...
JACQUES
Je t'embrasserai si doucement...
Ils marchent avec do grandes précautions l'un au-devant de l'autre et s'embrassent. La comtesse paraît au fond ; Henriette et Jacques se séparent vivement et se retrouvent encore aux deux extrémités de la scène, Henriette à la place de Jacques, Jacques à la place d'Henriette.