‹ Le train de minuit; comédie en deux actesChapitre 3 sur 65 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HENl'iIETTE, elle met la rubo sur le canapé.

lion... quoique madame fasse bonne garde, il se rencontre bien, par-ci |iar-là, des moments où l'on trouve moyen de se rattraper...

J.^CQUES, il metl'babit sur la table.

Il me sfnijjle que nous sommes dans un de ces moments-là, et que, si tu t'y prêtais un peu, je pourrais bien l'embrasser sans que personne...

HENRIETTE

Non pas... non pas...

JACQUES

Je te jure que si...

HENRIETTE

Je te jure que non, moi !

JACQUES

Fais un pas seulement.

HENRIETTE

Quand j'aurai fait un pa?, tu seras bien avancé...

JACQUES

Fais-le toujours...

Le voilà fait.

Elle fait un tout petit pa».

JACQUES

Ali bien ! si c'est ça que tu appelles un pas ?

HENRIETTE

Qu'est-ce que c'est donc?

JACQUES, faisant une enjambée énorme.

Voilà un i)as !

HENRIETTE

Ohî

JACQUES

Enfin fais-les petits, si tu veux, mais fais-en plusieurs...

HENRIETTE

Je le veux bien, mais tu verras que nous y serons pinces.

JACQUES

Mais non... je te dis... mais non !

HENRIETTE

Il suffit du ))ruit d'un baiser pour que madame s'élance... prrr... comme ces diables... tu sais... quand on ouvre la boîte...

JACQUES

Je t'embrasserai si doucement...

Ils marchent avec do grandes précautions l'un au-devant de l'autre et s'embrassent. La comtesse paraît au fond ; Henriette et Jacques se séparent vivement et se retrouvent encore aux deux extrémités de la scène, Henriette à la place de Jacques, Jacques à la place d'Henriette.

Page 1