ACTE DEIXIEME
MADELEINE
A toi qui es aimée, qui es heureuse, oui, car tu sais que toutes ces niaiseries et tous ces enfantillages... c'est le bonheur...
LA COMTESSE
Quelles niaiseries enfin... et quels?...
MADELEINE
Que sais-je, moi? tantôt il me parle comme s'il ne me connaissait pas, et il me dit qu'il est fort tenté de devenir amoureux de moi.
• LA COMTESSE
Ah!
MADELEINE
Alors je lui réponds qu'il est un impertinent, et je m'enferme chez moi; il me supplie de lui ouvrir, et je refuse... et un jour j'ai eu bien peur, parce que ne pouvant entrer parla porte, il est entré par la fenélre... et qu'il aurait pu se faire beaucoup de mal... Je te dis tout cela à toi... je ne le dirais pas à d'autres... ce n'est joli que pour les initiés...
LA COMTESSE
Continue, 3Iadeleine.
MADELEINE
Tantôt il s'approche de moi très respectueusement, et il me demande si je veux aller faire un tour dans le parc avec lui... et alors, moi, je baissé les yeux, comme nous les baissions autrefois, tu sais?
LA COMTESSE
Je sais.
Et je réponds que moi, je le veux bien... mais que je ne sais pas si ma mère me le permeltra... et je sais bien que ma mère n'est pas là pour me le défendre... A ton tour, tu ne me dis rien?...
LA COMTESSE
Moi?...
MADELEINE
Mais oui... Est-ce que tu n'as pas, toi aussi, à me raconter...
LA COMTESSE
Si fait... mais j'ai tant de plaisir à t'ententlre, continue...
MADELEINE
Ah! si tu le veux, je le veux bien; j'ai, moi, tant de plaisir à parler de lui, que je parlerais toute la journée.
LA COMTESSE
Alors?...
MADELEINE
Tiens! (pronani un priit né.-pssniiv ,1,^ vova-o.) Sais-tu ce qu'il y a là-dedans?
LA COMTESSE
Non!
MADELEINE
Quelque chose de bien précieux, va.
Un trésor?
Oui, un trésor que je porte partout avec moi, un trésor sans l(Y{ucl je ne saurais faire un pas.
LA COMTESSE
Des diamants?...
En eff(ît, il y a des diamants, mais il y a aussi qucl(|ue chose ([ue j'aime mille fois }dus que les diamants... et })ourlanl je le juri! (jue j'aime hien...
LA COMTESSE
(juoi donc, dis?
Une lettre!