SCENE V
LE GARÇON, MADAME FLOPEG, Voyageurs, Voyageuses, NIB, puis ROUVINEL et Les Matelots.
Des voyageurs de toutes les conditions, mêlés à des soldats, entrent par la gauche, quelques civils vont s'asseoir aux tables du café et de l'auberge et se font servir. Une famille anglaise va s'asseoir à une table du café; un monsieur et une dame, précédés d'un commissionnaire portant des bagages, entrent par le fond gauche, traversent et sortent par l'hôtel. D'autres voyageurs et voyageuses se promènent au fond. Madame Flopec paraît à la porte de son auberge et cause avec son garçon et quelques clients.
NIB, entrant parla droite. Il port«, suspendus à son cou, différents bibelots : couteaux, blagues, porte-monnaie, pi^ies, petits flacons, bretelles, tire-bouchons, cuirs à rasoirs, etc., etc.. De plus, il tient un paquet de ces énormes feuilles contenant vingt-cinq chansons que les camelots vendent sur les boulevards ; criant à tue-tête, en prenant un organe enroué et en descendant jusqu'à l'avant-scène, à gauche.
D'maudez les articles parisiens à l'usage de tout un chacun!... D'niandez les dernières créations des artissG^ en vogue de la capitale 1 «. Allume, Allume ! Que saV famille !... En voulez-vous des z'homards ?... Oh ! les sales hêtes !... Ils ont du poil au pattes !... As-tu vu ma sœur"! Vingt -cinq chansons patriotiques pour dix centimes, deuXSOUS! (personne ne lui achète, àlui-même d'une
ii LE TRAIN N° G
voix naturelle.) J"ai bejiu m'éreinter l'gosier... comme doit l'faire tout bon camelot qui s'respecte... Ça n'biche pas l'commerce ! C'est qu'ça n'est pas l'tout que d'veuir voir la Grande Océan pour respirer la même air que celle quej'aime '.Faut que j'rattrapemes frais de voyage !... O Malvina ! Malvina ! Pourquoi faut-y que j'te gobe tant qu'ça ! (En reprenant l'organe enroué ; criant.) Allume Allume ! Que sal' famille\... ROUVINEL, plus ivic- qu'à sa première entrée, venant de droite, toujours suivi des deux matelots j à N'ib. Donne-m'en z'unc. liston !
NIB
V'ià, mon Amiral !
LE GARÇON DE l'a'J BERGE, regardant Rouvinel avec admiration.
L'est-il !... Non, mais l'est-il !... Pourvu que je le sois autant qu'ça, dimanche !
Rouvinel prendla fcuiile aux chansons, paye et remonte.
KIB, criant.
« As-tu vu ma bu^Ui ? »
PRHMIER MATELOT.
Qu'est-ce qu'a fait, ta sœur ?
NIB
Mais non I... Vous n'y êtes pas !... c'est une chanson, qu'est ini primée là-dessus !(chantant.)
As-tu vu ma sœur qui fait sa ballade, Tout le long, le ion^, le long du boul'vard...
En voulez-vous une ?