ACTE PREMIER H
DUBOURG
Oui !... Eh bien ?...
ROUBIEU.
Je... Je rï'sais pas comment vous dire ça, moi, mor\sieur... enfin, j'vas essayer : J'suis aiguilleur... à la jonction des express, près Martinvast... à quelques minutes de la gare de Cherbourg... et je voudrais vous demander votre protection pour avoir la même place du coté de Nice.
DUBOURG
Je ne puis faire droit à votre demande... je ne suis le dispensateur d'aucun emploi sur les lignes du Midi I Il se remet à consulter l'indicateur.
ROUBIER, interdit.
Ah !... Pardon !... J'croyais... parce que... Vous ne savez pas, monsieur ?... (Avec une émotion croissante.) j'ai... j'ai ma fille... ma petite Mariette... elle va sur ses dix-huit ans et... et elle se meurt, voyez-vous, monsieur, elle se meurt I
Il éclate en sanglots.
DUBOURG (3), se levant et s'approchant ; avec bonté. Remettez-vous, mon ami... remettez-vous!... Quelle maladie a votre enfant ?
ROUBIER (2)
Ah ! ^Monsieur !... c'est... c'est la poitrine qui est faible I Mais il paraît qu'il y a de l'espoir. On peut la sauver... Avec un peu de ce beau et bon soleil du Midi, ma p'tite reviendrait à la santé... à la vie !... Ah ! Monsieur, si vous êtes père, vous me comprendrez...
DUBOURG
Votre nom ?
d2 LE TRAIN N" G
ROUBIBR.
Jean Roubier.
DUBOURG
C'est bien, mon ami... Je m'occuperai de vous, dès mon retour à Paris I
ROUBIER
Merci, monsieur !... Oh I merci, j'n'sais pas comment m'exprimer... mais vous m'avez fait du bien !... Jean Roubier, aiguilleur... à Cherbourg, (saluant.) M' sien l'Ingénieur...
Il remonte, MOUCHIN (1).
Eh bien ! tu vois ! Allons, bon courage ! Moi, je vais faire ma partie de billard, en attendant mon lieure de repartir... Au revoir !
ROUBIER
Au revoir, et merci, mon vieux... J'vas voir le médecin avec plus de confiance!...
Il sort par le fond gauche, Mouchinentre dans l'auberge. DUBOURG.
Pauvre homme !... Ah, certes, je m'occuperai de lui ! (Tirant un carnet de sa poche et écrivant.) Jean Roubier !
i II entre dans le café de l'hôtel ; hruil de cloche à droite.
LE GARÇON DE l'aUBERGE, qui •"dessert les tables, regardant à droite.
Ail I voilà lo bateau de Saint-Lô, qui nous amène des voyageurs I