ACTE DEUXIÈME
ROreiER (2). avançant ia tête.
Ah!
LOUIS
Il y a là vingt mille francs!
Vingt mille francs !
De quoi vivre heureux et tranquille en Italie... sous le ciel qui peut rendre la santé et la vie à votre fille!
UOUBIER.
Est-ce que c'est possible, cela.?... Pourquoi me donneriez-vous une pareille somme? Vous aussi, vous voulez faire naître en moi une espérance qui ne se réalisera pas !... (Tombant assis au numéro 2.) Ce matin, tenez... pas plus tard que ce matin... je croyais encore à la possibilité de sauver ma petite Mariette! M. Dub3urg, l'ingénieur en chef de la compagnie, m'avait promis de me faire obtenir mon changement... mais il s'est ravisé !
LOUIS
Il est comme la plupart des riches qui pourraient soulager nombre d'infortunes, mais qui détournenf, dédaigneusement la tète !... Imprudents qui ne se doutent pas que ces pauvres diables pourraient, s'ils le voulaient, se venger de leur égoïsme !
ROUBIER
Me venger?
LOUIS, baissant la voix.
Eh! oui !... Qui t'en empêche, ce soir?
ROUBIER
Ce soir?.... Je ne vous comprends pas !
LOUIS
Veux-tu que ta fille vive?
ROTJBIER.
Vous me le demandez?... Oui! oui!... Je le veux ! Tout I... Tout pour cela !... Qu'est-ce qu'il faut faire?
LOUIS
Oh!... moins que rien!
MICHEL (.3), qui est descendu.
Vouloir... tout simplement!
ROUBIER, les regardant.
Ah!... (.A.près un temps.) Voyons... expliquez-vous?
LOUIS, se penchant sur la table.
Le train spécial... qui part ce soir de Cherbourg... ne doit pas tarder à être signalé ?
ROUBIER
Le train numéro 6?
LOUIS
Oui!
ROUBIER
En effet!... Eh bien?
LOUIS
Eh bien!... En passant devant ta cabane.... ne doistu pas... (Roubicr le regarde.) Enfin, n'ost-il pas soumis à...
ROUBIER
A rienl... Je doir, le laisser passer après m'être assuré que l'aiguille est à sa place!
LOUIS
Et... s'il en était autrement?... Si l'aiguille se... dérangeait?