ACTE DEUXIÈME
teras-tu ce coup terrible?... Non! Ta lille morte- tu mourras!... C'est donc deux victimes qu'il aura faites... cet homme, que tu veux épargner!
ROUBIER
Ah! taisez-vous! on dirait que vous êtes le démon venu exprès pour me tenter !
LOUIS
Je suis de ceux qui haïssent parce qu'ils ont souffert!... Je suis venu pour te donner le moyen de sauver ton enfant!
ROUBIER, passant au numéro I.
A ce prix-là! Non! non !
LOUIS, le suivant Tu préfères assister à son agonie?
ROUBIBH.
Taisez-vous!... Ah! mais taisez- vous donc!
Il va jusqu'à la table.
LOUIS (2), qui n'a pas cessé de le suivre. Et tu prétends l'aimer?... Au premier jour... demain peut-être, tu te diras, en pleurant sur son cadavre : c'est moi qui l'ai tuée.
ROUBIER
Ma fille!... Ma fille!...
chancelant, il s'appuie sur la table.
LOUIS, continuant. Tu te diras : Si j'avais voulu, elle vivrait aimée et heureuse!... Mais moi, son père, je l'ai condamnée à mourir!... Et tu dis que tu l'aimes?
ROUBIER
Si je l'aime! mon Dieu!
LOUIS
Alors, accepte!
ROUBIERjSe redressant et repassant au numéro 2. en gagnant à droite.
Non! non! Je neveux pas!... Je neveux pas!...
LOUIS, le suivant.
Elle mourra, te dis-je!... Elle mourra!
RUUBIER.
Eh bien ! soit ! mais, une fois au ciel, elle me bénira au lieu de me maudire, si je commettais un pareil crime !
MICHEL, ;iu fond, numéro \; à ]>ouis (2) en lui touchant l'épaule.
Allons, il faut en finir!
LOUIS, à Roubier, en remontant un peu au fond droite.
C'est ton dernier mot?
ROLBIER.
Oui! Retirez-vous!... Je ne veux pluo vous entendre!... (ici, on entend la sonnerie électrique qui va sans discontinuer.) Aussi bien le train ne va pas tarder à passer!... Le devoir m'appelle!
Il remonte au fond et se dispose à prendre sa lanterne. MICHEL (1), se plaçant devant lui.
Tu ne sortiras pas!
ROUBIER, reculant de quelques pas.
Hein!
LOUIS (3), au fond.
Réfléchis encore I
ROUBIER
C'est tout rétléchi! Laissez-moi passer!
Il s'avance vers la porte de gauche.