ACTE TROISIÈME
Boulevard Haussmann, à l'hôtel de madame de Grançay, sa tante ! Il faut y aller !
JEANNE, passant au numéro 2.
Chez madame de Grançay! Oui! oui! c'est à elle que mon pauvre père m'a dit de répéter ses dernières paroles ! J'irai ! (Découragée.) Mais non ! on ne me laissera pas franchir cette porte !
MALVINA (1)
On te la laisserait franchir, que ça n'servirait à rien. On t'filerait et ça s'rait Idf, kif... Faut truquer... JEANNE, s'asseyant à droite du guéridon. Je ne te comprends pas !
MALVINA, s'asseyant sur le guéridon, face au public et prenant les mains de Jeanne.
Ecoute !... Je m'souviens, quand j'étais toute gosse, d'avoir vu jouer une pièce à Moiitpernasse... Oh ! Une chic pièce, va ! ça s'appelait : Latude ou trente ans de la vie d'un joueur ! Eli bien ! ce m'sieu Latude s'est calté d'ia Bastille... alors qu' y en avait une... parce qu'à présent, y a plus qu'la place !... Et, pour accomplir c'tour de force, il s'était servi d'une corde qu'il avait fabriquée avec toute espèce de choses... mais principalement avec les draps d'son lit !
JEANNE
Eh, quoi ? Tu voudrais ?...
MALVINA, descendant du guéridon. Pourquoi pas... Nous n'sommes qu'au premier et faute de draps... v'ià des rideaux !...
Elle remonte vers la fenêtre,
JEANNE
Mais qui me conduira chez madame de Grançay?