‹ Le traité de Berlin, annoté et commentéChapitre 3 sur 46 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

pare à la montagne accouchant d'une souris, tel autre lui donne pour fils le hérisson aux mille pointes. Ici l'on se réjouit de voir refouler les Slaves, là on s'indigne en l'honneur des Grecs , et des deux côtés on se récrie contre la restauration de l'oppression turque. Pendant que les uns acclament le Traité comme la consolidation de l'Empire ottoman, les autres le dénoncent comme un antre d'hypocrisie où, sous les dehors du plus bienveillant amour pour la Turquie, se cachent les dispositions prises pour en rendre la chute moins périlleuse et le partage plus facile; d'autres enfin, prétendant désigner les choses par leur nom , rappellent les « conquêtes pacifiques » du comte de Kaunilz, et les « trois têtes dans un bonnet », cette expression vulgaire devenue historique dans la bouche de Frédéric le Grand, la troisième tête étant pour l'occurrence la tête anglaise.

Ainsi va la critique , justifiant le proverbe et prenant ses aises , mais oubliant la genèse de ce Traité et négligeant d'observer que plus sont fondés les reproches élevés contre lui, plus les honnêtes gens qui, sans aucun intérêt particulier, n'ont pas hésité d'y attacher leur nom en y apposant leur sceau ont droit à la reconnaissance publique. Le Traité, en effet, est la

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