‹ Le traité de Berlin de 1885 et l'État indépendant du CongoChapitre 11 sur 52 · RÉUNION DE LA CONFÉRENCE A BERLIN · texte numérisé non relu

RÉUNION DE LA CONFÉRENCE A BERLIN

conclu entre la France et l'Association le traité qui fixa les limites de leurs possessions, et par lequel la première reconnaissait le drapeau azur comme celui d'une nation amie et promettait ses bons offices près du Portugal. En effet, le 15 février, le Portugal lui-même signait le traité et reconnaissait le nouvel État.

Par ces deux traités, l'Association internationale abandonna à la France plus de 96,000 kilomètres carrés de territoire et au Portugal plus de 13,000; en échange elle en obtint 965 sur la rive septentrionale entre Borna et la mer ; de sorte que le débouché maritime de cet État est assez restreint en comparaison des vastes territoires qu'il possède à l'intérieur. En compensation de ces cessions de territoire l'Association gagnait la sécurité pour l'avenir et une place parmi les États.

On a largement discuté la nature juridique de ce nouvel État et sa légitimité, tandis qu'à vrai dire, beaucoup des sujets indigènes peuvent ignorer qu'ils en font partie et que beaucoup des terres qui lui appartiennent de nom n'ont jamais été foulées par des blancs. Je ne crois pas devoir traiter cette question, qui du reste fut résolue pratiquement en sens favorable par les États qui reconnurent ce nouveau compagnon créé d'une façon exceptionnelle.

Dans l'histoire du Droit international, les moyens de formation des États apparaissent fort variés. La conquête, l'occupation, les cessions territoriales, les redditions, les conventions matrimoniales, les annexions, les ventes, la colonisation suivie des guerres d'indépendance des colons, telles furent dans le cours des siècles les causes de grandeur et de décadence des Étals, d'augmentation et de diminution de leurs territoires.

Le xix e siècle y a ajouté le triomphe de la nationalité. Au nom de ce principe, la Grèce. l'Italie, la Roumanie, la

Serbie et la Bulgarie se relevèrent, renouvelèrent leur organisation et l'on vit se constituer l'empire allemand.

La formation de l'État du Congo fournit l'exemple d'une congrégation politique nouvelle et particulière. Seule peut lui faire pendant l'origine de la Libéria, née d'une libre initiative, dans un but de rédemption et de civilisation des anciens esclaves.

L'Association internationale, issue des explorations géograpbiques et maintenant organisée comme Etat, exige l'existence commune des peuples européens avec les races indigènes. Elle doit conserver un caractère essentiellement pacifique et commercial et chereber à civiliser ces races que dans le passé l'Europe exploita, quand elle ne les détruisit pas.

Dans le mois d'août de la même année 1885, le roi des Belges notifia aux gouvernements amis son élévation à la dignité de souverain du nouvel État indépendant du Congo, avec le consentement des Cbambres législatives de Belgique. Et la raison qui amena cette union personnelle, le sentiment de juste gratitude et le désir de maintenir au nouvel État l'appui de Léopold II, est totalement différente des faits qui dans le passé réunirent diverses couronnes sur la tète d'un souverain. Par le fait de ces unions personnelles, chaque État conserve sa propre indépendance, a ses lois, ses coutumes, son armée, son trésor particulier et toute autre forme de vie politique et sociale complètement distincte; mais le même souverain préside et représente à l'étranger les divers gouvernements. Ces exemples historiques sont nombreux. Ainsi Charles-Quint fut en même temps roi d'Espagne et Empereur d' Allemagne. Il y eut de même union personnelle entre l'Archiduché d'Autriche et les Royaumes de Bohème et de Hongrie. L'Angleterre eut l'union personnelle avec l'Ecosse et l'Irlande; la Russie, de 1815 à 1830. avec la

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