RÉUNION DE LA CONFÉRENCE A BERLIN ET ÉTAT NEUTRE DU CONGO
L'invitation de participer h la Conférence, ne fut pas adressée seulement aux puissances coloniales, mais encore aux autres grands États et certains États secondaires : et cela pour donner une plus grande importance aux dispositions à prendre et parce que la partie qui regardait les occupations futures pouvait intéresser aussi les pays qui n'étaient pas encore colonisateurs, mais en voie de le devenir.
Les représentants de l'Italie, de l'Allemagne, de l'Autriche-Hongrie, de la Belgique, du Danemark, des États- Unis d'Amérique, de la République française, de la Grande- Bretagne, des Pays Bas, du Portugal, de la Russie, de la Suède et Norwege et de la Turquie, assistés des délégués techniques, se réunirent le 15 novembre 1884, au palais du grand chancelier allemand, dans la Wilhelms-strasse, pour inaugurer la Conférence. Quatorze États étaient représentés par dix-neuf envoyés plénipotentiaires. Tous les gouvernements avaient accueilli sous réserves l'invitation à l'exception du gouvernement anglais, qui tout en nommant Sir Malet comme son représentant, avait soulevé certaines objections à la partie du programme, qui voulait
placer le cours du Niger sous les mêmes conditions que celui du Congo.
Et dès les premières séances, le gouvernement anglais exposa ses idées à ce sujet ; c'est-à-dire, que so trouvant seul maître de la partie inférieure et navigable de ce fleuve, il estimait que lui seul devait prendre les mesures nécessaires pour y protéger la liberté du commerce. Comme nous le verrons, le Niger fut soumis à un régime différent de celui du Congo. Un discours de Bismarck, nommé selon l'usage diplomatique président de la Conférence, comme premier représentant de l'État sur le territoire duquel elle était réunie, en inaugura les travaux. 11 rappela l'objet de la Conférence, son but humanitaire consistant à faciliter aux nations civilisées et commerçantes l'accès du cœur de l'Afrique et l'espérance qu'il nourrissait de voir affirmer le principe de la liberté du commerce dans toute l'Afrique, bien que cela ne fût pas compris dans le programme primitif. Il parla de l'esclavage, déjà aboli en principe au Congrès de Vienne de 1815, et auquel la conférence devait porter un nouveau coup.
Les travaux de cette Conférence durèrent du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, date de la dernière séance, dans laquelle fut signé l'Acte final parles 19 représentants plénipotentiaires.
Le colonel Strauch, alors président de l'Association Internationale, présenté par le prince de Bismarck, donna par écrit son adhésion au nom du nouvel État du Congo. Durant la Conférence, cet Etat fut successivement reconnu par ceux des États intervenus qui ne l'avaient pas déjà fait auparavant comme les États-Unis et l'Allemagne.
Cette reconnaissance eut lieu le 17 décembre 1884 de la part de l'Angleterre par l'entremise de son représentant sir Edward Malet ; le 19 du même mois par l'Italie ; le 24 par l'Autriche et puis par les autres Etats. Le 5 février fut