Pinard, Chronologie hisiorique et mUUaire, t. m, p
miner la guerre en assassinant Tempereur.
c Ainsi qu'il passeroit sur le pont Saint-Ange, dit Brantôme, Sampiero viendroit à luy, luy donneroit un grand coup de dague, estant tout à cheval, et aussitôt se précipiteroit à cheval du haut du pont dans le Tibre, où estant dedans, luy, qui scavoit nager conmie un poisson, nageroit si bien entre deux eaux qu'on ne le verroit point. > Le cardinal du Bellay n'osa prendre sur lui d'autoriser un si grand crime ; il voulut en référer au roi. Dans l'intervalle, l'empereur quitta Rome et c le coup fut failly^. >
Au commencement du règne de Henri II, Sampiero Corso, malgré l'obscurité de sa naissance, épousa une des plus nobles filles de son pays natal, Vanina d'Ornano. Il devint le plus important seigneur de la Corse et rêva de donner son pays à la France en chassant les Génois. La reprise de la guerre en 1 552 lui ofifirit l'occasion. Aidé par Paule de Thermes, lieutenant de roi en Italie, il obtint les compagnies italiennes de Jourdain des Ursins, de Jean de San- Séverin, duc de Somme, et quelques autres, enrôla tous les Corses réfugiés sur le territoire de la péninsule et fit transporter son armée, dont il était l'àme, sous les murs de Bastia par les galères françaises du baron de la Garde et
1. Brantôme, t. VI, p. 215, édit. de la Société de Thist. de France.
— espar la flotte du corsaire Dragut. A la fin d'août 4 553 , il s'empara de Bastia , et bientôt après de Saint-Florent, de Gorte et d'Ajacdo. L'occupation de Bonifacio, ville ridbe, que Sampiero refusa de livrer au pillage des Turcs, le brouilla avec Dragut. Bientôt André Doria, anural au service de la république de Gênes, débarqua dans rile. La guerre prit alors le caractère féroce des guerres civiles. La population presque entière courait sur les pas de Sampiero Corso pour échapper aux Génois. Les coups de main, les embuscades ensanglantèrent les moindres villages. Les qualités de Sampiero trouvaient leur emploi dans cette lutte. Les Génois, repoussés à chaque rencontre , se renfermèrent dans les villes qu'ils possédaient encore, ravitaillés par la mer, dans l'attente d'un siège, tandis que leur ennemi promenait victorieusement dans la campagne l'enseigne fleurdelisée.
Ainsi s'écoula le règne de Henri H. Dès les premières négociations de Gercamp , le 2 1 octobre 4 558, les représentants de Philippe II demandèrent la restitution de l'Ile à la république de Gênes. Les députés français refusèrent. La revendication fut renouvelée le 23 octobre, le 9 et le 1 3 novembre, et soutenue par le duc d'Albe à force d'aipmients juridiques et historiques^. Le