‹ Le traité de Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559):Chapitre 17 sur 98 · Trakté de paix de Chasteau-CambrësU, p. 4, 39, 62 et · texte numérisé non relu

Trakté de paix de Chasteau-CambrësU, p. 4, 39, 62 et

connétable et le cardinal de Lorraine, désunis sur tant de points, s'accordaient à garder la Corse. Français et Espagnols sentaient que la possession de File assurait la prépondérance de leur maître sur la Méditerranée. La question était encore en suspens quand la mort de Marie Tudor interrompit les délibérations des plénipotentiaires. A Gateau-Gambrésis la discussion fut reprise. Pendant de longues semaines, le sort de la Corse fut débattu avec autant d'acharnement que la propriété de Calais. Les officiers du roi en Italie et surtout Sampiero Corso aiguillonnaient le zèle des ambassadeurs finançais. Mais la Corse fut enfin sacrifiée et l'article 221 promit la restitution de l'Ile aux Génois.

Le roy très Chrestien recevra les Génois en sa bonne grâce et amitié, oubliant toutes causes de ressentiment qu'il pourroit avoir à rencontre d'eux, et en ceste considération leur restituera toutes les places que présentement ils tiennent en Tisle de Gorsique, à la charge aussi que les dits Génois ne pourront directement ni indirectement user de quelque ressentiment à rencontre de leurs dits sujets, soit de la dite isle de Gorsique ou autres, à Foccasion des services que, comme qu'il soit, ils peuvent avoir foit audit seigneur très Chrestien ou à ceux de son côté dans ceste guerre.

A cette nouvelle, les principaux chefs de bande, qui combattaient sous les ordres de Sampiero Corso depuis le conunencement de la

guerre de rindépendance, ae réunirent à Ajaccio en présence de Jourdain des Ursins, lieutenant du roi, et protestèrent contre Tinjuste abandon de la France : c Sire, écrit Jourdain des Ursins, ce seroit chose trop longue d'escripre à Yostre Majesté, par le meneu, toutes les choses qu'ils me dirent, car, pendant une grosse heure, ce ne feust que pleurs et lamentations, vous disant en substance. Sire, que c'estoit la plus grand pitié du monde de les voir^. > Les capitaines chargèrent f Sampiero et deux d'entre eux d'apporter leurs plaintes au roi.

La cour était en fête quand les députés corses arrivèrent à Paris. On attendait l'ambassadeur d'Espagne. Le mariage de la princesse Elisabeth était proche. Les députés ne furent même pas écoutés. Ils reçurent de Henri II l'assurance que c ses sujets de ladite isle de Gorseque ne seroient plus aucunement inquiétez par les Genevois et qu'ils jouiroient en sûreté de tous et chascuns leurs biens ^. > François II ne leur accorda pas davantage. Il les renvoya avec une lettre aux habitants qui équivalait à une fin de non- recevoir : t Par quoy, en vous acomodant au temps et à l'occasion qui s'oflBre, il fault que vous espériez de vivre

t. Mémoires de Bibier, t. n, p. 454; lettre de Jourdain des Ursins aa roi.

Page 1