Négociations sow François II, p
2. Joachim du Bellay, dont l'esprit satirique est aussi vif que l'esprit poétique, a dépeint en traits piquants le trouble de la cour romaine pendant la dernière maladie du saint-père. Il se trompe seulement sur le mal, mais la peinture n'en est pas moins exacte. La troisième strophe compare en termes un peu obscurs le principe électif, qui règne à Rome, ayec le principe d'hérédité des monarchies. Joachim du Bellay, frère du cardinal de ce nom, ayait toutes ses entrées au Vatican et avait pu faire ses observations de près.
a Quand je vois ces Messieurs, desquels i'autorilé Se voit ores ici commander en son rang, D'un front audacieux cheminer flanc à flanc, Il me semble de voir quelque divinité; Mais les voyant pAlir lorsque sa Sainteté Crache dans un bassin, et d'un visage blanc Cautement épier s'il y a point de sang.
Puis d'un petit souris feindre une sûreté :
Ohl combien, dis-je alors, la grandeur que je voi Est misérable au prix de la grandeur d'un roi ! Malheureux qui si cher achète tel honneur!
Vraiment le fer meurtrier et le rocher aussi Pendent bien sur le chef de ces seigneurs ici. Puisque d'un vieil filet dépend tout leur bonheur. »
pape se faisait illusion. Il racontait que son père avait été atteint d'hydropisie comme lui à Tâge de quatre-vingt-trois ans, et qu'il avait vécu dix-sept ans avec cette infirmité^. Le 14 août, sentant ses forces décroître, Paul IV rassembla les cardinaux dans sa chambre et leur adressa une allocution sur les troubles religieux qui menaçaient la chrétienté et principalement la France. Il leur recommanda c le très saint tribunal de l'Inquisition > comme la meilleure arme du saint-siège. Le cardinal de la Gueva l'assista à ses derniers moments. Avant de rendre le dernier soupir, il renouvela ses prévisions sinistres sur le sort de l'Église et parla des espérances que lui inspirait la ferveur catholique du roi d'Espagne. Il expira le vendredi, 1 8 août, à la vingt et unième heure suivant l'usage de compter des Italiens^.
Le secret de c l'extrémité » du pape avait été si bien gardé par les serviteurs du Vatican que l'ambassadeur de France, le 17 août, ne prévoyait pas une catastrophe aussi prochaine^. La nouvelle s'échappa du palais dans la nuit
1. Lettre de La Boordaisière, da 17 août (Copie; Vo de Colbert, Tol. 343, f. 339).
2. Négociations sous François II, p. 98. — L'iuyentaire de la Miccession et da mobilier de Paal IV est imprimé dans le Bulletin archéologique du département de Tam^t-Garonne,