‹ Le traité de Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559):Chapitre 27 sur 98 · Lettre da 17 aoAt 1559 citée plus haut · texte numérisé non relu

Lettre da 17 aoAt 1559 citée plus haut

qui précéda le décès. Le 18 au matin, taudis que le saint-père rendait le dernier soupir, une insurrection éclata dans Rome. La populace se porta au Gapitole et ouvrit une sorte de conseil à l'imitation des assemblées de l'ancienne Rome, sous la direction de magistrats improvisés, appelés CapporienSy qui jouaient le rôle de tribuns du peuple. Les séditieux se ruèrent sur le monastère de Ripetto, où demeuraient les frères inquisiteurs. Les prisons du saint-office furent forcées, les détenus délivrés, les registres et les dossiers brûlés, le monastère saccagé de fond en comble. Le palais de la Minerve, qui appartenait au grand inquisiteur, le cardinal Alessandrini, fut pris d'assaut et pillé. Le cardinal était en fuite. Le commissaire de l'ordre de Saint-Dominique fut blessé, les juges chargés de coups, un vicaire et trois frères de l'ordre égorgés. Pendant le pillage, on força les portes de la cave et t 25 ou 30 bottes de vin grec, Lachrymaj de Malvoisie, feurent tous gastez, versez, emportez. >

Le lendemain de cet exploit, les factieux abattirent une statue de marbre, élevée à Paul ly sur le Gampo d'Oglio, à l'occasion de la suppression des gabelles. Un homme tailla la barbe à coups de hache, brisa le nez et la main, et fit rouler la tète jusques au pied

du mont Gapitolin. c Les coquins S dicts chanoines de Fiez, > l'enveloppèrent de paille, le jetèrent sur un bûcher, et, après de nouveaux outrages, le couronnèrent d'un bonnet de Juif.

Pendant ces désordres, la ville de Rome était la proie de la plus vile multitude. Les princes et les cardinaux étaient gardés dans leurs palais par de nombreuses escouades de serviteurs armés ; mais les bourgeois, les marchands étaient rançonnés sans merci. Une troupe de Bravi, la dague à la main, parcourait isolément ou en compagnie les rues de la ville et prélevait sur les habitants et jusque sur les passants des impôts forcés sans cesse renouvelés. Les assassinats se comptèrent par centaines. Malheur aux faibles qui pouvaient avoir des ennemis ou seulement des envieux. Des spadassins à gages offiraient leurs services aux maris jaloux, aux amoureux pressés, aux vieillards vindicatifs, aux héritiers lassés d'attendre. Les Bravi se faisaient concurrence et la vie d'un bourgeois romain avait baissé jusqu'à quatre écus^.

Le SO, un crieur publia dans Rome, c par ordonnance du peuple romain obedientissime et fidelissime, » l'ordre d'effacer les armoiries

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