‹ Le traité de Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559):Chapitre 42 sur 98 · Lettre de Chantonay du 3 mars, citée plus haut · texte numérisé non relu

Lettre de Chantonay du 3 mars, citée plus haut

4. Lettre de Ghantonay à Philippe H, du 20 mars 1560 (Orig. espagnol; Arch. nat., K. 1493, n* 43).

c sur la mauvaise conséqueuce et exemple que c*estoit pour tous sujets des princes et potentats, et qu'il De touchoit seulement au roy de France d'y remédier, mais à tous les princes et potentats du monde d'y assister, voire courir sus à ceux qui en seroient promoteurs ou fauteurs de telles émotions^. > Throckmorton répondit en coupable ; il nia. c L'ambassadeur m'a assuré le contraire, dit Ghantonay ; il dit que la reine en sera très ftchée pour le mauvais exemple. Cependant il confesse que le différend et discorde qu'ils ont avec les Français l'empêche de regretter complètement les troubles'. » Les négations intéressées ne pouvaient prévaloir contre l'évidence. On ne connaît pas bien la part directe de l'ambassadeur d'Angleterre au complot. Les contemporains l'accusent d'avoir aidé les conjurés, au moins de ses conseils et des trésors de son gouvernement. Les ambassadeurs étrangers prédisaient que la guerre sortirait de ces manœuvres déloyales^.

Pendant que Throckmorton repoussait les accusations portées contre sa maîtresse, Wil-

1. Lettre de Ghantonay à la duchesse de Parme, da 26 mars 1559 (Recueil conserré aux ArchiTes de Bruxelles).

2. Lettre de Ghantonay à Philippe II, du 20 mars, citée plus haut.

3. Lettre de Michieli, ambassadeur yénitien, à la sérénissime république, en date du 20 mars (Mss. de la Bibl. nat., f. ital., filza 4, f. 20).

liam Gecil les glorifiait dans un acte destiné à un grand retentissement ^ Le S4 mars, la reine d'Angleterre lança un manifeste contre les ministres de François IL Elle reproche au roi de convoiter l'Angleterre et rend les Guises responsables de cette politique, vu la minorité réelle de François II et de la reine d'Ecosse. Elle accuse les Lorrains de s'imposer à la France en l'engageant dans les aventures et de chercher à accroître les biens de leur nièce, etc. Malgré les provocations, dit-elle, l'Angleterre est résignée à ne pas faire la guerre, pourvu que l'armée française évacue l'Ecosse^. Le manifeste avait été préparé pour servir la cause des rebelles, mais il arriva trop tard. A la date du Si mars, la conjuration était en pleine déroute, les chefs pendus aux créneaux du château, les soldats noyés par masse au fond de la Loire ou dispersés à travers la forêt d'Amboise.

Cependant Throckmorton en fit grand état dans l'espoir de ranimer le complot. Il adressa officiellement, le 15 avril, la proclamation au roi de Navarre en le faisant juge € de la vérité de la cause et de l'exigence du cas^. > Les

1. La minute de cet acte, dit Haynes, p. 268, est de la main même de WUliam Cecil.

2. Cette pièce est imprimée dans les Mémoires de Candé, 1. 1, p. 529. EUe arait été communiquée au roi d'Espagne (Arch. nat., K. 1493, n- 40 et 44).

3. Cette lettre a été publiée intégralement par le comte de la Perrière dans le XVI* siède et les Valois, p. 32.

Guises relevèrent aigrement Faccord patent de leur rival et de la plus redoutable ennemie du roi. Pour la première fois, le prince donnait prise à ses adversaires. François II lui éaîvit une lettre menaçante : c Vous devez bien vivement, dit-il, faire entendre à lad. dame par son ambassadeur, qui est près de moy, qu'elle vous a fait un très grand tort et ausd. princes

du sang de parler d'eux de la façon ^ » Un

Bourbon énergique et fier aurait riposté à cette leçon amère que, en sa qualité de souverain du Béarn, il lui était permis d'entretenir des communications avec les monarques étrangers sans compromeltre les liens qui l'unissaient à la couronne de France. Telle ne fut pas la réponse d'Antoine. Il prétendit que la lettre de Throckmorton lui avait été remise par c un homme inconnu, » et que, après plusieurs jours de silence, € il y avoit respondu pour luy faire entendre qu'il n'estoit ne serf ne biche de sa maistresse, et que ce n'estoit point à luy à qui elle se debvoit adresser pour vendre ses coquilles'. > Trois jours après, il adressa au duc

1. Négociations sous François II, p. 366. Lettre un roi da 18a?rU.

2. Négoeiaiions sous François II, p. 368. Lettre datée da 6 mai 1560. Le texte étrange de cette lettre pourrait faire douter de son authenticité; mais nous en avons retrouvé l'original, qui n'avait jamais été signalé et qui est conservé dans le f. fr., vol. 6626, f. 14.

de Guise et au cardinal de Lorraine une lettre de même style, mais encore moins digne, dans laquelle il feignait de s'étonner de la communication de Throckmorton ^ Il écrivit aussi à l'ambassadeur et lui signifia d'un ton courroucé que la quaUté de premier prince du sang devait le mettre à l'abri de confidences offensantes et qu'il n'avait € jamais d'autre volonté que celle du roy, son seigneur*. >

La répression de la conjuration d'Amboise laissa quelques mois de répit au parti des Guises. Nicolas Throckmorton continuait à encourager les séditieux, et, avec la grossièreté native de sa race, marquait son dédain au parti catholique. Le 29 septembre 1 560, le jour de l'assemblée générale de l'ordre de Saint-Michel, à Poissy, il fut obligé, en qualité d'ambassadeur, d'assister à une messe solennelle auprès du roi. Pendant la première partie du service, il t fit bonne mine, » mais, à l'élévation, il s'assit au milieu des seigneurs agenouillés et affecta de retourner la tète d'un air d'indifférence. Son voisin, l'ambassadeur de Ferrare, lui adressa des remontrances à voix basse et, le soir, les deux diplomates entrèrent en dispute. L'inci-

1. Lettres d'Antoine de Bourbon et de Jéhdinne d'Àlbrety publiées par M. le marquis de Rochambeau, p. 190. Lettre datée du 9 uai 1560.

2. Cette lettre est intégralement publiée par le comte de la Perrière dans le XVI* siècle et les ValoiSy p. 33.

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