Chronique anonyme (F. fr., toI. 4815, f
à manquer. Antoine écrivit au cardinal, le vendredi 5 janvier, que, s*il maintenait ses prétentions, le cortège se rendrait à TÊpind et occuperait sa maison ^ Suivant le secrétaire Lhuillier, Elisabeth, craignant de déplaire à Philippe II, s'était résignée à subir les exigences du formalisme castillan. Les ordres étaient déjà donnés; princes et seigneurs se préparaient à monter à cheval quand une troupe de cavaliers annonça que l'ambassade allait paraître^. Aussitôt les seigneurs français prirent le poste que leur imposait le cérémonial.
Le cardinal de Bourbon, frère du roi de Navarre, et Charles de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon, désignés pour faire honneur au cardinal de Mendoza et au duc de Flnfantado, les évoques de Séez et d'Oleron, escortés de plus de trois cents gentilshommes, attendaient les députés de Philippe II à la porte du monastère. Ils les introduisirent dans une salle basse, peu éclairée, tendue de tapisseries aux armes du roi de Navarre, où l'échange des pouvoirs ne put se faire qu'à la lueur des flambeaux. Cette formaUté accomplie, les ambassadeurs montèrent dans la grande salle du monastère. La reine était assise sur un trône improvisé, ayant à sa
1. Chroniqae publiée dans les Archives curieuses pour servir à VhisUÀre de France^ de Gimber et Da^joa, t. IV, p. 8.