‹ Le traité de Cateau-Cambrésis (2 et 3 avril 1559):Chapitre 94 sur 98 · Le maravédis râlait on pea plas d'an denier · texte numérisé non relu

Le maravédis râlait on pea plas d'an denier

2. Note de Philippe U commaniqaée au cardinal de Goise (Ardu nat., K. 1517, n* 18).

3. Lettre da roi à FoarqneYanlXi du 28 octobre 1568 (Copie, f. fr., TOI. 10752, f. 68).

4. Instructions de Pliilippe II au Tice*roi d'Aragon, en date dn 15 décembre 1568 (Copie dn temps en espagnol; Arch. nat., K. 1515, n* 5).

rine avait chargé Fourquevaulx de recueillir secrètement quelques informations^. Peut-être Philippe II cherchait-il à prévenir les soupçons lorsqu'il faisait étalage de ses regrets. < Sa plus grande consolation, dit-il au cardinal de Guise, estoit le souvenir de la vie pure et vertueuse de réponse qu'il avoit perdue. Toutes les personnes attachées au service de la royne, ses dames, ses suivantes, savoient combien il Tavoit aimée, ce que prouvoit du reste la douleur excessive qu'il avoit ressentie à sa mort. Là-dessus il entama un panégyrique des vertus de la défunte et dit que, s'il avoit encore un choix à faire, il ne pourroit rien désirer de plus que de trouver une fenune qui lui ressemblât exactement^. > Pour laisser à son hôte un bon souvenir de son séjour en Espagne, Philippe II le combla de dons. Une note du temps énumère les objets que le futile prélat avait obtenus du roi^.

Les gentilshonunes de la suite du cardinal de Guise et peut-être le cardinal lui-même rapportèrent à la cour de France le récit de la mort d'Elisabeth, qui courait à Madrid dans le peuple. On racontait, dit une note attribuée à Perez,

1. Lettro de Catherine de Médicis publiée dans Raamer, Lettres sur le XYl* et le XVII* siècle, t 1, p. 162.

2. Lettre da card. de Gaise à la reine, da 6 février 1569 (Raa« mer, Lettres sur le XVP et le XVII* siècle, t. I, p. 163).

3. Note du temps en espagnol, sans date (Arch. nat, K. 1527| n- 26).

qu'un gentilhomme, amant d'une des filles de la cour, avait eu l'habileté de se ménager de secrètes entrées dans le gynécée de la reine. Un rapport d'espion le signala, sans le nommer, à Philippe II, comme l'amant d'Elisabeth. Des courtisans déguisés se cachèrent sous les fenêtres de l'appartement royal et virent descendre le galant en costume de nuit. Ils le suivirent et reconnurent le marquis del Pozzo, jeune seigneur renommé pour ses aventures.

Par un hasard malheureux, le jour suivant, dans une course de bague, la reine, du haut de son estrade, laissa tomber son mouchoir et Pozzo le ramassa. Ces indices, dit Perez, persuadèrent à Philippe II que sa femme le trompait. Le soir même des alguazils guettèrent le marquis et l'assassinèrent à coups de dague. Le meurtre resta secret. Quelques jours après, la duchesse d'Âlbe présenta à la reine un breuvage purgatif. Elisabeth le repoussa, alléguant sa grossesse. La duchesse insista, c disant que cette lune ne se pou voit passer sans médecine. > La reine résistait. Au milieu de la dispute, arrive Philippe II en costume de nuit. Au premier abord il donne tort à la duchesse, puis, convaincu par les motifs allégués, il s'efforce de c persuader la reine. > Nouveaux refus d'Elisabeth. Le roi d'un ton sévère lui dit c que, puisqu'il importoit à l'État, il falloit qu'elle passât

par là. Et, prenant le vase, de sa main le luy présenta et luy fit boire. > Quelques heures après, la reine fut prise d^atroœs douleurs et aoooudia d'un fils, c qui avoit tout le arasne de la teste brudé » et qui expira au bout de quelques instants^.

Les ^inemis de Philippe II ont adopté ce roman. Brantôme Taccueille avec sa légèreté habituelle^. Les Mémoires de r estât de France sous Charles /X, ouvrage protestant publié en 1576^, V Apologie du prince d^ Or ange ^ en 1581, affirment l'empoisonnement d'Elisabeth par le roi d'Espagne. Le nom seul d'Antonio Ferez, le coupable ministre, le complice de Philippe II, devenu plus tard son ennemi le plus acharné^, doit mettre l'histoire en garde contre ses venimeuses allégations. Le calomniateur ment même sur le sexe de l'enfant < qui avoit tout le crasne de la teste bruslé ; > c'était une fille et non pas un fils.

Nous avons, des derniers jours de la vie d'Éli-

1. Note attribaée à Antonio Pères et consenrée en copie dans la coll. Dapny, toI. 661, f. 21. Elle a été publiée par le marqais Daprat dans Vie (^Elisabeth de Valois, p. 358.

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