CHAPITRE II
Kxécution du traité de Cateau-Cambrésis m Italie.
Piémont, — - ReBtitution du Piémont au duc de Savoie, à Texception des places de Turin, de Ghieri, de Pignerol, de Ghivasso et de Villeneuve d'Asti. — Le maréchal de Brissac fait démanteler les autres places. — Indiscipline de l'armée. — Retour du duc de Savoie en Piémont (déc. 1559). — Ordonnances de ce prince. — Brissac est remplacé par Bordillon. — Échange des cinq villes contre Savigliano, Pignerol et Pérouse (2 nov. 1560).
Toscane. — Ambition de Gosme de Médicis. — Gonquète du Siennois.
Ferrare, — Hercule d'Esté, fidèle allié de la France. — Alphonse, son successeur, s'allie à TËspagne.
Moniferrat, — La ville de Gasal est rendue au marquis de Montferrat.
Corse, — Le capitaine Sampiero Gorso. — La Gorse est restituée aux Génois par le traité de Gateau-Gambrésis. — Sampiero à Gonstantinople. — Meurtre de la dame Yanina d'Ornano. — Soulèvement des Gorses (1564). — Assassinat de Sampiero (17 janvier 1567). — Alphonse d'Ornano évacue la Gorse (1" avril 1569).
États romains. — Paul IV. — Sa mort (18 août 1559). — Le duc de Paliano et le cardinal Garafa. — Meurtre de la duchesse de Paliano (28 août). —Ouverture du conclave (5 sept.). — Élection de Pie IV (25 décembre). — Procès et supplice du duc de Paliano et du cardinal Garafa (1560-61).
Le maréchal Charles de Gossé-Brissac, gouverneur du Piémont, apprit par une lettre du
roi et de Diane de Poitiers, du 1" avril 1559, que, eu vertu du traité de Gateau-Gambrésis, son gouvernement échappait à la France ^ c Quand cette nouvelle lui arriva, ce bon seigneur ne se peut tenir de dire en exclamant : c misérable France ! à quelle perte et à quelle € niyne t'es-tu laissée ainsy réduire, toy qui c triumphois par sus toutes les nations de l'Eu- € rope ! > Et à la vérité ceste paix luy estoit si à contre-cceur que durant deux mois tous ses propos n'estoient autres que plaintes et regrets'* > Le texte du traité lui fut transmis par une lettre du roi le 7 avril 1 559 et publié le 11 en Piémont. Le roi renonçait à toutes ses possessions italiennes, excepté Turin, Ghieri, Pignerol, Ghivasso et Villeneuve d'Âsti ; il livrait toutes ses villes fortes, même celles qu'il avait créées, et ne conservait que le droit de les démanteler. Les clauses devaient être exécutées deux mois après la signature du traité. G'était l'abandon de toutes les conquêtes de la France en Italie depuis le règne de Gharles YIII.
L'armée du Piémont fut aussi douloureuse-
1. LHtre$ de Diawu de Paytiers, pabliées par 11. Guiffrey, p. 166. — La sœur de Brissac, Anoe de Cossé, écriTît en même temps à son mari ane lettre circonstanciée qui est oonserrée à la Bibl. nat., f. tr., toI. 20527, f. 85. — Il est probable qne tontes ces lettres forent apportées an maréchal par Boyiin du ViUars, alors en mission à la oonr.