‹ Le traité de Cateau-CambrésisChapitre 43 sur 99 · La Popelinière, 1581, in-fol., L I, f · texte numérisé non relu

La Popelinière, 1581, in-fol., L I, f

3. Discours du voyage fait à Paris par M, Padmiral au mois de Janvier dernier^ 1565, p. 8. Pamphlet dirigé contre le cardinal de Lorraine et inspiré par Goligny.

4. Voir le mémoire Justificatif de ce capitaine dans les Mémoires de Condé, t V, p. 261.

à Rouen, résigna son commandement. Le vidame de Chartres lui-même, honteux d'avoir joué le r61e d'un traître, ne dissimule pas ses remords et signe une lettre à lord Gecil :

c Vostre très humble et affligé et triste usque ad mortem^. > Le malheureux devait payer cher sa forfaiture. Condamné à mort par contumace, il échappa longtemps, grâce aux amnisties qui clôturaient chaque guerre civile, à sa triste destinée. Il fut enfin pris en 1 576 et mis aux galères jusqu'à la fin de ses jours ^. Seul, Beauvoir de la Nocle essaya de justifier ses coreligionnaires, c Notre but, écrivit-il à la reine mère, ne tend qu'à deux points : le premier à la gloire de Dieu, le second à la délivrance et sûreté de la minorité du roy^. > La reine d'Angleterre tenta une apologie d'autre sorte. Elle accusa les Guises d'avoir donné le signal de la guerre et prétendit intervenir en faveur du roi, prisonnier, et de ses c pauvres sujets de Normandie > opprimés^. L'odieuse trahison du Havre jeta de la défaveur

1. Cette pièce est publiée par le comte de la Perrière, la Normandie à Véiranger, p. 15.

2. Vie de Jean de FenièreS'Maligny (par M. de Bastard], in-8% 1858.

3. M. de la Perrière a publié cette pièce [U XVI* siècle et les ValoU, p. 79).

4. Cette pièce est imprimée dans les Mémoires de Condé, t. Illy p. 693. M. le comte de la Perrière publie une autre pièce de teneur différente qui doit être un simple projet (Le XVI* siècle et les ValoU, p. 76).

sur la cause calviniste. Dès ce jour, le parti réformé vit ses forces décroître plutôt par le refroidissement de ses défenseurs que par les progrès des catholiques. Beaucoup de soldats désertèrent. Les reproches des bons serviteurs du roi ramenèrent plus d'un capitaine huguenot, qui n'avait pas encore perdu dans Tentralnement de la guerre civile le souvenir des glorieux combats du règne de Henri II. Les chefs euxmêmes sentirent qu'ils avaient blessé les sentiments de la noblesse française, et, plus tard, quand la nécessité les obligea de faire appel aux secours de l'étranger, jamais ils ne lui livrèrent ni port, ni ville, ni forteresse.

La ville de Rouen, assiégée depuis le 25 septembre, fut prise le 26 octobre 1562. Le roi de Navarre, blessé d'une arquebusade le 1 6 octobre, mourut aux Ândelys le 17 novembre. Le 1 9 décembre, le prince de Gondé livra à l'armée royale, sous les murs de Dceux, une terrible bataille qui décida du sort de la guerre et où il fut fait prisonnier. Goligny, devenu chef du parti rebelle, conduisit en Normandie les dernières compagnies de l'armée protestante, afin de se rapprocher des garnisons anglaises et de recommencer la guerre avec l'appui de la reine Elisabeth. Le duc de Guise marcha sur Orléans. La ville allait tomber entre ses mains quand il fut assassiné sous les murs de la ville, le

18 février 1563, par Poltrot de Meré. Le \% mars, la régente et le prince de Gondé signèrent un traité qui mettait fin à la première guerre civile et qui fut promulgué par le roi le

19 sous le titre d'Édit de pacification d'Amboise.

La paix d'Âmboise laissait face à face, comme deux combattants en champ clos, le roi de France et la reine d'Angleterre. Catherine de Médicis n'avait signé le traité que pour réunir toutes les forces royales en faisceau et les diriger contre l'envahisseur^. Avant d'engager la revendication par les voies officielles, elle lança en avant les auteurs du pacte de Hamptoncourt. Les réformés, rendus à la réflexion, se repentaient déjà de leur politique passée^. Le prince de Gondé mêlait à ses remords des visées ambitieuses. Il aspirait à la dignité de lieutenant général que son frère, le roi de

1. Dès le 17 féirrier, Catherine écrit à Artas de Cossé, seigneur de Oonnor, frère du maréchal de Brissac : a Je say bien que pour chaser les aystrangers y nous fault la pays, que je désire » [Lettres de Catherine de Médicis, 1. 1, p. 509}. Aussi, dans le texte du traité d'Amboise, ftt-elle insérer une clause qui stipulait ^expulsion des étrangers.

2. Gondé et Goligny prétendaient qu'ils n'avaient jamais voulu donner le Havre à la reine d'Angleterre en gage de la restitution de Calais. Coudé assurait même que lord Cecil avait introduit subrepticement cette disposition dans le texte du blanc-seing sans qu'il en sdt rien {Calendars, 1564, p. 8. — Documents publiés par le comte de la Perrière dans le XVI* siècle et les ValoU, p. 128).

Navarre, avait occupée, et s'y croyait des droits par sa qualité de premier prince du sang^.

En vain Elisabeth avait cherché à prévenir la défection de cet allié. Depuis qu'il avait déposé les armes, Gondé n'écoutait que les conseils de la régente et s'efforçait de mériter sa faveur par un grand service. Le 1* avril, il chai^ea Bricquemaut de représenter à la reine Elisabeth que, puisque c la tyrannie de la maison de Guise était écartée, > elle n'avait plus de prétexte pour garder le Havre. Bricquemaut fut mal reçu à Londres. Elisabeth qualifia Gondé de traître et de parjure, et renvoya le messager c sans aucun espoir d'arrangement, à moins que Galais luy soit rendu'. >

G'est alors que la Florentine^ prit la direction des pourparlers. Le 30 avril 1563, le roi communiqua solennellement le traité d'Âmboise à la reine Elisabeth et lui annonça c la réconciliation de nos peuples, dit la lettre, et pacification de nos dits subjects  ceste cause

vous prions et requérons que vous veuillez

faire remettre en nos mains la ville de Havre et forteresse de nostre ville françoyse de Grâce. >

1. Cette qualité de premier prince da sang appartenait réellement aux frères du roi et, après eux, à Henri de Béarn, plus tard Ueari IV; mais ils étaient tous en état de minorité.

2. Voyez les documents publiés par le comte de la Ferrtère {Le XVI* siècle et les Valois, p. 83 et sniv.; 123 et suir.)*

3. C'est le surnom que la reine Elisabeth donnait à Catherine de Médicis.

Elisabeth répondit , le 7 mai, qu'elle n'avait envoyé des troupes que pour obtenir c la restitution de Calais ^ » Les Anglais, dit Brantôme, ne voulaient pas rendre le Havre c pour Tavoir très bien acheté de MM. le vidame de Maligny et de Beauvoir La Nocle*. i

La négociation continua pendant deux mois.

Plaintes contre l'ingratitude des protestants, récriminations contre l'inconstance du prince de Gondé, plaidoyers en faveur du droit de l'Angleterre sur la ville de Calais, mémoires, instructions, lettres à l'ambassadeur Smith, qui avait succédé à Throckmorton depuis que celuici s'était irrémédiablement compromis avec les rebelles d'Orléans, Elisabeth usa de toutes les subtilités que la procédure diplomatique suggérait au génie retors de son premier ministre. Catherine répondit aux réclamations aussi sérieusement que si elles avaient été fondées. Elle était résignée à la guerre et voulait trancher d'un seul coup la question du Havre et de Calais. Avant de prendre les armes, elle envoyé son ultimatum à Londres par un de ses plus jeunes secrétaires, Florûnond Robertet, s. d'Alluye^.

1. C€s deux pièces sont publiées par le comte de la Perrière [Le XVI* iiède et tes VàloU, p. 120).

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