‹ Le traité de Cateau-CambrésisChapitre 47 sur 99 · i0ettres de Catherine de Médicii, t. II, p. 55 el · texte numérisé non relu

i0ettres de Catherine de Médicii, t. II, p. 55 el

neux, il avait indisposé les habitants par des corvées et des exactions sans mesure. Ses soldats, mal vêtus, mal nourris, mal armés, étaient commandés par des capitaines qui n'avaient jamais soutenu un siège, c Beaucoup de femmes^ écrit-il à la reine, sont venues d'Angleterre avec les passagers, qui les ont secrètement gardées, sans que le conseil ni moi nous puissions le savoir. > Le pays avait été pillé dès les premiers jours de l'occupation et ne fournissait aucune ressource. Les vivres et les munitions devaient être portés d'Angleterre. L'artillerie était insuffisante, les poudres presque toujours mouillées pendant la traversée. La ville occupait une position forte, mais elle avait besoin de boulevards et d'ouvrages défensifs que le manque de bras n'avait pas permis d'entreprendre. La peste décimait la garnison. Le tS juin, 77 soldats moururent, et les jours suivants les décès augmentèrent. Warwick perdait 500 hommes par semaine. Le 11 juillet, il écrit au conseil : c La peste redouble ses ravages^ En quatre jours, elle nous a réduits à 1,500 hommes. Nous perdons 100 hommes par jour et le nombre de ceux qui tombent malades est du doublet >

1. Pièces publiées par le comte de la Perrière dans la Normandie à l'étranger et dans le XVI* siècle et les Valois, d'après les archives du Record office.

Avant de tirer le canon, le connétable de Montmorency somma les assiégés de se rendre.

Warwick refusa et, suivant Tusage des Anglais, dit de Thou, envoya aux avant-postes de Tarmée française des brocs d'argent pleins de vin, que les soldats des deux partis vidèrent joyeusement. Pendant ces agapes, un seigneur anglais, lord Leighton, lia conversation avec le s. de Monins, capitaine protestant, qui avait combattu près de lui à Rouen Tannée précédente, et s'étonna de le voir dans les rangs de l'armée royale : c Nous combattons ici, répondit Monins, pour le roy très chrestien, comme vous combattez pour votre reine. Il ne s'agit plus ici de la religion, mais de nos frontières*. >

Du 1 1 au 1 5 juillet, le connétable, à coups de canon, démonta les batteries anglaises du clocher, dirigea un feu violent contre le boulevard Sainte-Adresse et termina une tranchée transversale qui aboutissait à l'angle du boulevard. Du 15 au 19, la brèche fut élargie et lar ville battue par des feux plongeants du côté du château. Le connétable démasqua une nouvelle batterie de vingt-six canons et mit hors de service les pièces d'artillerie en fer fondu envoyées de la tour dé Londres. Du 19 au 214, Warwick

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