Froude, History of England, t. VII, anno
3. Cérâmonial de l'hôtel de Tille de Paris ; f. fr., vol. 18528, f. 37.
autre de la guerre civile et qui saluait, dans la nouvelle victoire du roi de France, Tavènement de la paix intérieure et de l'accord de tous les partis ^ L'enthousiasme général aurait dû servir de leçon à l'infortuné Charles IX, et lorsque, onze ans après, à la veille de la Saint-Barthélémy, l'amiral .de Goligny^ dans une. angoisse patriotique, pressait le roi de déclarer la guerre à l'Espagne et de jeter en Flandre les combattants des deux partis, il détournait les passions religieuses et les utilisait contre l'étranger. Les forfaits de la Saint-Barthélémy n'auraient pas été commis et Charles IX, au lieu d'un souvenir néfaste, eût peut-être laissé à ses successeurs la mémoire d'un grand roi conquérant des limites du Rhin.
La question de Calais laissait encore un ferment de discorde entre la France et l'Angleterre. Catherine de Médicis avait l'avantage de YUti possidetis^ mais le texte de Cateau-Gambrésis spécifiait que la ville serait restituée en 1 567 à moins d'infractions au traité de la part de l'Angleterre. Les menées contre la France, l'intervention d'Elisabeth en Ecosse, l'occupation du Havre étaient des infractions évidentes. Quel juge devait apprécier ces actes d'hostilité? Le troisième contractant, le roi d'Espagne, qui
1. Lettre de d'Escara au roi du 11 août 1563 (F. fr., roi. 15878, pièce 52).
semblait destiné au rôle d'arbitre, était opposé à la France» La négociation paraissait difficile. Catherine l'entama résolumeiit, confiante en son bon droit et plus encore dans le mouvement patriotique qui avait réuni les catholiques et les huguenote sous ses armes.
Depuis le retour de Throckmorton à Londres, les affaires de l'Angleterre se gâtaient en France. Smith n'avait ni l'audace ni la ténacité de son prédécesseur ; aussi Elisabeth ne lui laissait aucune initiative. Pendant le siège du Havre, lord Gecil conseilla de renvoyer Throckmorton en Normandie avec la mission de réveiller les passions religieuses. Throckmorton arriva à Valmont, près d'Yvetot, au mois de juillet, et fil notifier son retour à la cour de France.
Catherine refusa de le recevoir et dissimula jusqu'à la capitulation de la ville. Le lendemain, elle le- fit arrêter par le s. de Carrouges, gouverneur de Rouen, et garder à vue dans son logis. Throckmorton protesta auprès de la reine mère, auprès du connétable de Montmorency et du conseil du roi. Catherine reçut froidement la réclamation. Elle répondit que Throckmorton, le promoteur du pacte de Hamptoncourt, l'instigateur des troubles de France, avait été pris en temps de guerre sans sauf-conduit et qu'elle lui rendrait la liberté quand la reine d'Angleterre délivrerait les quatre otages français. Le
1 9 août, il fut conduit à SaintrGermain et incarcéré dans une tour du château. Son logis se composait de deux diambres, dont Tune était occupée par les gardes. Le jour, il avait la liberté de se promener dans les galeries, sous la surveillance de deux soldats; mais, le soir, la porte était verrouillée à Textérieur et un capitaine, le s. de la Salle, passait la nuit sur le seuil^. L'arrestation de Throckmorton, aux yeux de la reine d'Angleterre, était une atteinte au droit des gens. Après avoir envoyé des remontrances à la régente de France, sans attendre la réponse, sans écouter les sages avis de ses conseillers, elle fit emprisonner les quatre otages, MM. de Mouy, de la Ferté, de Palaiseau et Duprat de Nantouillet, et les retint plusieurs mois à la tour de Londres, malgré la peste qui décimait alors ce quartier de la ville. Nouvelles représailles de la cour de France. Le 7 septembre, Tambassadeur officiel, Smith, fut enlevé à Poissy, conduit au château de Melun et plus tard à Paris. Il fut mis au secret, gardé à vue et toutes ses correspondances saisies. Cependant Catherine, le 1 3 septembre, le fit ramener à Poissy et lui rendit la liberté^.
1. Oalendars, 1563, p. 425, 491, 502, 503, 512. Voyez aussi une lettre de Ghantonay publiée dans leUres de Catherine de MédUis, t. II, p. 82.