‹ Le traité de Cateau-CambrésisChapitre 53 sur 99 · Calendan, 1564, p. 33, 60 et guir · texte numérisé non relu

Calendan, 1564, p. 33, 60 et guir

loi du roi de France. Je ne me mêle plus de négociation. » Smith et Throckmorton étaient divisés par une ardente jalousie qui remontait au siège du Havre. Rivaux déclarés, ils s'efforçaient d'accaparer chacun à son profit la direction des conférences. — < Que penseront les Français, répondit Smith, de votre refus de traiter avec Bourdin? » — < Il ne m'importe, je ne puis m'en mêler. » — c En ce cas, dit Smith, il faut que Somers prenne la parole. » — À ces mots, Somers exhiba un pli cacheté aux armes d'Angleterre. Après avoir montré les cachets à ses collègues, il l'ouvrit et donna lecture d'une courte instruction de la reine, qui autorisait ses plénipotentiaires à accepter in extremis l'ultimatum de la cour de France. En écoutant cette lecture, Throckmorton perdit tout son flegme. Il accabla Smith de propos outrageants, c C'est vous, lui dit-il, qui avez révélé à la régente de France le secret des concessions de notre maîtresse. » — c Gomment aurais-je révélé, répliqua Smith, un secret que j'ignorais moi-même ? » Mais Throckmorton ne pouvait rien entendre. D'insulte en insuite, il mit l'épée à la main et se précipita sur son rival. Smith dégaina à son tour. Somers se jeta entre les deux, mais il ne put les retenir. Au même moment Bourdin se fit annoncer. Les deux ambassadeurs, recouvrant leur sang-froid, lui

dirent que la reine Elisabeth, pour faire preuve de conciliation, acceptait les ofl^s de la reine de France. Bourdin prit acte de la déclaration et entama immédiatement Texposé des clauses accessoires. Cette discussion de détail donna aux deux ambassadeurs le temps de se remettre. Après un assez long entretien, les quatre pléni^ potentiaires se séparèrent, Bourdin glorieux de ravoir emporté, Throckmorton irrité du désaveu qui lui avait été infligé, Smith satisfait d'avoir abaissé son rival. Le 1 1 avril, la paix fut signée par Morvilier et Bourdin, au nom de la France, par Smith et Throckmorton, au nom de l'Angleterre *. On remarqua que le traité avait été conclu dans une ville où, un siècle auparavant, un prince du sang de France, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, livrait le royaume à Henri V d'Angleterre*. Le traité de Troyes^, crié à son de trompe

Page 1