‹ Le traité de Cateau-CambrésisChapitre 56 sur 99 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Exécution du traité de Cateau-Cambrésis avec VEspagne,

Accord prétendu entre les rois de France et d'Espagne contre les réformés. — Choix de Tambassadeur d'Espagne en France. — Restitution des biens confisqués des partisans des deux rois. — Accord relatif aux prisonniers.

Affaire de Metz, de Toul et de Verdun. — Restitution à TEspagne de Thionville, de Marienbourg, de Garignan, de Damviliiers et de Montmédy. — Restitution à la France de Saint-Quentin, du Gatelet, de Ham et de Théroanne.

Le préambule du traité de Gateau-Clambrésis stipulait expressément que les deux rois de France et d'Espagne s'efforceraient d'obtenir du pape c la convocation et célébration d'un saint concile universel. > Les historiens protestants, élar^ssant la portée de cette clause, racontent que les deux rois avaient fait alliance contre les réformés et s'étaient engagés à les exterminer. Rien que le pacte ne soit ni prouvé, ni même vraisemblable, il est des arguments qui laissent du soupçon. La question est grosse de conséquences, car la convention, si elle a existé, contient le principe du massacre de la Saint-

Barthélémy. Elle mérite donc un examen de quelques lignes.

Le témoignage le plus autorisé en faveur de cet accord, le seul digne de discussion, parce que son auteur pouvait être exactement informé, est celui de Guillaume d*Orange, dit le Taciturne, le héros de l'indépendance des Pays-Bas. Guillaume avait été envoyé en France conmie otage aussitôt après le traité de Gateau-Cambrésis. Réputé alors favori de Philippe II et dépositaire de ses desseins, il reçut les confidences de Henri IL G'est ainsi que le redoutable secret se serait échappé des lèvres du roi de France.

Voici les propres paroles que Ton prête à Guillaume d'Orange : c Estant en France, j'en entendu de la propre bouche du roy Henri que le duc d'Âlbe traitoit des moiens pour exterminer tous les suspects de la religion en France, en ce pais* et par toute la chrestienté, et que led. s. roi (qui pensoit, comme j'avoi esté l'un des conunis pour le traité de la paix, avoi eu communication de si grandes affaires, que je fusse aussi de ceste partie) m'eust déclaré le fond du conseil du roi d'Espagne et du duc d'Âlbe. Pour n'estre envers Sa Majesté en désestime, comme si on m'eust voulu cacher quelque chose, je respondi en sorte que led. s. roi ne

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