‹ Le traité de Cateau-CambrésisChapitre 76 sur 99 · Conél, lapin · texte numérisé non relu

Conél, lapin

marquisat, où il y a un fort château, dedans lequel le feu roi François P' et ses enfants ont été prisonniers.

Le seigneur du lieu la reçut fort magnifiquement et défraya toute sa troupe, et au partir sa femme lui donna un manteau de tafetas gris tout couvert de broderies d'argent, abbouti de senteurs et doublé de pennes^ de soie blanche, avec soixante paires de gants, et à chacune des filles deux. En récompense de ce présent, la reine donna à son hôtesse une paire de bracelets de rubis et diamants estimés 2,000 écus.

Le soir avant son partement, le roi catholique la vit souper et le lendemain de bon matin se retira^. Et ladite dame arriva à Tiansa, où elle séjourna deux jours à cause d'une migraine ; de là à Yta, où le duc de l'Inlàntasque^ la festoya. Et les habitants lui firent présent comme à Soria. Et trouva ce jour-là plusieurs gentilshommes masqués et partis de Quadalajar^ pour venir voir la reine, entre lesquels on Tassura que le roi estoit. Et vint coucher en un petit village nommé Tartula, dont elle partit le lendemain en sa litière jusques à un quart de lieue près de Guadalajar, où, pour y faire son entrée, vêtue d'une robe de velours violet frisée d'or, d'un côté de soie d'argent, d'un riche carcan de saphir, rubis, diaments avec la ceinture de même et coiffée à l'italienne, descendit et monta sur une haquenée enhamachée de même que son acoutrement.

Ceux de la ville avec plusieurs grands seigneurs vinrent au-devant, et^ la harangue faite, la conduisirent avec mascarades et danses, et lui donnèrent le passetemps de la danse en un lieu fait à propos, planté de

i. Penne, plume.

2. Ce fait n'est pas confirmé par les antres historiens du voyage.

Page 1