Martres, jeu d'osselets
à son àge^ Le 24 février 1560, Sébastien de TÂubespine la surprit au milieu d'un bal qu'elle donnait à ses dames. Quelques jours après, Philippe II lui offrit un tournoi à cheval et à pied et voulut y prendre part en personne, malgré l'appréhension de la reine. Â l'entrée de l'automne, elle demanda au duc de Guise des faucons, des gerfauts c pour la volerie > et un couple c de bons lévriers de Bretagne > pour la chasse en plaine^. Pendant le carême de 1560, elle visita les couvents et les églises de Tolède et assista à de grandes fêtes < de dévotion et de toute honnesteté^. > Ces promenades religieuses étaient l'occasion c d'ébats et de divertissements ^. » Dans les mauvais jours de novembre, elle fit faire à ses filles des masques et des toilettes c aux atours du tans passé, » et elle donna un grand bal. c II y avoit fort peu de jans, qui est chose que le roy aime bien, et dura le passe-tans plus de trois eures. Le roy mena danser la royne, qui estoit abillée ce jour- là d'ungne robbe de toille
1. Joarnal d'une des suivantes de la reine d'Espagne, publié par le comte de la Perrière dans Missions à StUnt-Pëienbourg, page 17.
2. Deux lettres de Sébastien de VAnbespine en date du 31 août 1560 (Orig., f. fr., vol. 15874, f. 104 et 108).
3. Lettre de Jehan Consiliuniy confesseur de la reine, A Catherine de Médicis, du 17 mai 1560(Autogr., f. fr., vol. 15874, f. 11).
4. Lettre de la dame de Vineuil du 28 novembre 1561 (Autogr., f. fr., vol. 15875, f. 436).
d^argent, gauffirée à l'espagnole aveoques un bort d*or et d'argent large, et bien coifée et de pierreries ; et la faisoit fort bon voire. > La dame de Oermont, qui envoie ces détails à Catherine de Médicis, certifie la bonne vie de la reine d'Espagne en ajoutant : c Je vous assure, Madame, qu'elle se fait fort grasse ^ >
Pendant l'hiver, la jeune reine se prit de goût pour la peinture. Elle demanda en France c des crayons de toute couleur et bien faicts, qu'elle scayt que Jannet scaura luy préparer dextrement, > et fit apporter quelques modèles d'Italie, c Je l'ay trouvée, » écrit Sébastien de l'Âubespine à la reine mère, c passant le temps en ung brouillas de portrait qu'elle a feict devant moy aussi promptement qu'elle a bon esprit.
Estant incroyable conmie, ayant quelque peu apprins d'une de ses dames italiennes que le roy luy a donnée, elle a proufité en la painoture. Et pour ceste cause je luy ay desrobé led. brouillas que je vous envoyé'. > La fantaisie dura longtemps, c Elle passe son temps la plus part à paindre, à quoy elle prend grand plaisir, de sorte que je pense, devant que soit ung an, qu'elle sera si bonne maistresse que celle même qui l'apprend, qui est des meilleures du