Le maravédit Talait on pea plus d*aii denier
2. Note de Philippe U communiquée au cardinal de Guise (Archi. nat, K. 1517, n- 18). *
3. Lettre du roi à FourqueTaulz, du 28 octobre 1568 (C<^ie, f. fr., Tol. 10752, f. 68).
4. Instructions de Pliili|^ U au Tice-roi d'Aragon, en date do 15 décembre 1568 (Copie du temps en espagnol; Arch. nat., K. 1515» B* 5).
rine avait diai^é Fourqaevaulx de recueillir secrètement quelques informations^. Peut-être Philippe n cherchait^il à prévenir les soupçons lorsqu'il faisait étalage de ses regrets, c Sa plus grande consolation, dit-il au cardinal de Guise, estoit le souvenir de la vie pure et vertueuse de l'épouse qu'il avoit perdue. Toutes les personnes attachées au service de la royne, ses dames, ses suivantes, savoient combien il l'avoit aimée, ce que prouvoit du reste la douleur excessive qu'il avoit ressentie à sa mort. Là-dessus il entama un panégyrique des vertus de la défunte et dit que, s'il avoit encore un choix à faire, il ne pourroit rien désirer de plus que de trouver une fenmie qui lui ressembl&t exactement^. » Pour laisser à son hôte un bon souvenir de son séjour en Espagne, Philippe II le combla de dons. Une note du temps énumère les objets que le futile prélat avait obtenus du roi ^.
Les gentilshonmies de la suite du cardinal de Guise et peut-être le cardinal lui-même rapport tèrent à la cour de France le récit de la mort d'Elisabeth, qui courait à Madrid dans le peuple. On racontait, dit une note attribuée à Perez,
1. Lettre de Catherine de Médicis publiée dans Ranmer, UtUret sur le JTK/* et le XVII* siède, t. I, p. 162.
2. Lettre do card. de Gnise à la reine, da 6 férrier 1&69 (Raamer, Lettrée sur U XVI* et le XVJI* siècle, t. I, p. 163).
3. Note da temps en espagnol, sans date (Arch. nat, K. 1527| n* 26).
qu'un gentilhomme, amant d'une des fiUes de la cour, avait eu Thabileté de se ménager de secrètes entrées dans le gynécée de la reine. Un rapport d'espion le signala, sans le nommer, à Philippe II, comme Tamant d'Elisabeth. Des courtisans déguisés se cachèrent sous les fenêtres de l'appartement royal et virent descendre le galant en costume de nuit. Ils le suivirent et reconnurent le marquis del Pozzo, jeune seigneur renonuné pour ses aventures.
Par un hasard malheureux, le jour suivant, dans une course de bague, la reine, du haut de son estrade, laissa tomber son mouchoir et Pozzo le ramassa. Ces indices, dit Perez, persuadèrent à Phih'ppe II que sa femme le trompait. Le soir même des alguazils guettèrent le marquis et l'assassinèrent à coups de dague. Le meurtre resta secret. Quelques jours après, la duchesse d'Âlbe présenta à la reine un breuvage purgatif. Elisabeth le repoussa, alléguant sa grossesse. La duchesse insista, c disant que cette lune ne se pouvoit passer sans médecine. » La reine résistait. Au milieu de la dispute, arrive Philippe II en costume de nuit. Au premier abord il donne tort à la duchesse, puis, convaincu par les motifs allégués, il s'efforce de « persuader la reine. » Nouveaux refus d'Elisabeth. Le roi d'un ton sévère lui dit c que, puisqu'il importoit à l'État, il falloit qu'elle passât
par là. Et, prenant le vase, de sa main le luy présenta et lay fit boire. > Quelques heures après, la reine fut prise d'atrooes douleurs et acooudm d*un fils, c qui avoit tout le crasne de la teste bruslé > et qui expira au bout de quelques instants^.
Les ennemis de Philippe II ont adopté ce roman. Brantôme Taccueille avec sa légèreté habituelle^. Les Mémoires de V estât de France sous Charles /X, ouvrage protestant publié en 1576*, Y Apologie du prince d'Orange^ en 1581, affirment l'empoisonnement d'Elisabeth par le roi d'Espagne. Le nom seul d'Antonio Perez, le coupable ministre, le complice de Philippe II, devenu plus tard son ennemi le plus acharné^, doit mettre l'histoire en garde contre ses venimeuses allégations. Le calomniateur ment même sur le sexe de l'enfant c qui avoit tout le crasne de la teste bruslé; » c'était une fille et non pas un fils.
Nous avons, des derniers jours de la vie d'Éli-
i. Note attribuée à Antonio Perez et eonaerTée en copie dans la coll. Dnpoy, toI. 661, f. 21. Elle a été publiée par le marqois Dnprat dans Vie dPÉliiabeth de Valois, p. 358.