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La légitimité de ces droits, nous l’avons établie ; la responsabilité de l'Allemagne, historiquement démontrée par ses propres documents, a pour corollaire logique, moral, juridique, son obligation totale de réparer.
C’est là un Principe irréfragable, auquel le monde entier, y compris l’Allemagne, a expressément donné son adhésion.
La dépêche Lansing du 5 Novembre 1918 l’a proclamé avant la fin des hostilités, les Allemands ont demandé l’Armistice sur cette base que le Traité de Paix, qu'ils ont signé, consacre définitivement dans son article 231 — Que l’on n'objecte pas qu’il fut signé par force ; c’est là une pétition de principes, car le Propre d’un traité de paix est d’être imposé par le vainqueur au vaincu dont la signature oblige si déplaisante qu’elle soit à donner.
Loin donc de faire échec à la responsabilité pleine et entière de l'Allemagne, nous entendons nous y tenir et appuyer sur elle tout notre raisonnement.
Reste l'application de cette responsabilité. — Les années ont passé, des échéances sont arrivées et le système d'exécution du Traité, que nous avons décrit précédemment, a été mis en oeuvre.
Quel en a été le rendement pour le pays?
Problème d'intérêt purement spéculatif, pourrait-on supposer, puisque le traité est définitif, et qu’il ne peut se concevoir — si lon s’en tient aux intérêts de la France — qu’il soit fondamentalement remanié.
Tout en nous ralliant complètement au caractère sacré du Traité de Paix, nous ne pensons pas que l'appréciation de son système d'exécution soit dépourvue de tout intérêt pratique.
En eïfet, en recherchant les moyens les plus sûrs de nous garantir nos droits, en mesurant nos besoins, en appréciant les possibilités de l'adversaire, nous aboutirons à une résultante qui, dégagée alors de toute idée personnelle, exprimera, partiellement du moins, les points sur lesquels doivent s'appliquer les eïforts de ceux qui assument la direction de notre reconstitution.
Et il ne manque pas, à ce sujet, de décisions à prendre,
En dehors de l’activité qu’il y a lieu de déployer pour la propre exécution du Traité, nous verrons que par la force des choces on a été amené à déroger à certaines de ses règles essentielles ; le champ est ainsi ouvert, beaucoup plus large qu’il ne le semblait tout d’abord, aux initiatives des représentants du pays.
C’est dans cet état d’esprit que nous nous proposons de passer rapidement en revue les résultats obtenus dans l’exécution du Traité, en tant qu’ils intéressent la reconstitution matérielle de nos régions, et, du rendement respectif de chacune des clauses, nous chercherons à déduire quelles sont celles qui se prêtent le mieux à une réalisation Pratique et rapide du but à atteindre.