‹ Le Traité de Versailles et la Reconstruction des Régions dévastéesChapitre 12 sur 41 · HET · texte numérisé non relu

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Qu’on ne nous prête pas la naïve prétention de nous effrayer nous-mêmes des conclusions que nous chercherons à .formuler! Mais il n’est pas de travail improductif dans un tel domaine, les essais des disciples préparent les travaux des maitres, les ébauches suscitent les oeuvres.

Le problème posé est grave, en tout état de cause, et vaut qu'on s’y arrête.

Et tout d’abord, nous entendons nous placer : ici au point de vue proprement national, au point de vue français.

Nous répudions comme mal fondée toute critique du Traité qui prétend faire abstraction du patriotisme.

Le Traité de Paix n’est pas un acte qui prend son existence en lui-même, il est consécutif à la guerre, et c’est illogisme pur que prétendre que dans son élaboration il fallait se dégager de ce que M. KEYNES nomme avec dédain «l'esprit de vengeance parmi les forts, et parmi les faibles une impuissante rage», et que nous considérons, nous, comme la noble passion d'amour des hommes pour leur pays.

Nous venons de citer le nom de M. KEYNES. Toutes les assertions de cet auteur insulaire, adversaire irréductible des idées françaises adoptées dans le Traité, ont été réduites à néant par toutes nos compétences nationales.(!) A ne considérer que la France, nous serions tentés de ne garder de ses critiques que le souvenir d’une désagréable manifestation — Son pamphlet, cependant, dont le succès mondial fut incontestable, et par le fait surtout de ce succès, rejaillira sur tous les efforts de discussion du Traité, auxquels il donnera quoi qu’ils en aient, l’apparence de manoeuvres susceptibles de faire le jeu de | Allemagne. (?)

Efforçons-nous donc tout d’abord d’écarter ce reproche éventuel, d’une étude dont l'intention exclusive est d'apprécier dans

quelle mesure satisfaction a été assurée, par le Traité, aux droits de la France.

(:) Voir notamment le livre de M. R. G. LEVY «le Traité de Versailles ».

(2) Cette idée a été exposée par M. de LAPRADELLE à son cours Faculté de Droit de Paris 1920 — 1921.

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