‹ Le traité franco-américainChapitre 13 sur 14 · livre · texte numérisé non relu

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12 sous par livre et

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et 10 p. 100.

n’excède pas 40 sous la livre.

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Les mêmes valant 40 sous

et

et 35 p. 100.

pas plus de 60 la livre.

24 sous par livre et

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Mêmes valant 60 sous la livre.

et 35 p. 100.

et pas plus de 80 sous. .

24 sous par livre et

40 sous par livre

Les mêmes valant plus

de

et 35 p. 100.

80 sous par livre . .

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50 sous par livre

et 35 p. 100.

Tapis de Bruxelles .

50 sous par environ

44 sous par envi¬

1 mètre carré.

ron 1 mètre carré

et 35 p. 100 (augmentation envi¬

ron 25 p. 100).

Tapisserie . . . 50 sous par environ

1 mètre carré.

Flanelles, chapeaux de laine, tricots, fil de laine ne valant pas plus de 40 sous la livre. 20 sous par livre et

Valant 40 sous la livre et pas

plus de 00 sous . 20 sous la livre et

Valant60sousetpasplusde80. 20 sous par livre et

Valant plus de 80 sous . 20 sous par livre et

40 sous par environ 1 mètre carré et 35 pour 100 (augmentation 20 p. 100.)

20 sous la livre et 35 p. 100.

30 sous la livre et 35 p. 100 (augmentation environ 20 p. 100).

40 sous la livre et 35 p. 100 (augmentation environ 30 p. 100.) 50 sous par livre et 35 pour 100 (augmentation

« Vous regrettez que les Etats-Unis, en relevant leurs tarifs, se soient engagés sur la voie qui mène un peuple à l’isolement, c’est-à-dire à l’appauvrissement. Mais les Américains ont trop de bon sens pour s’obstiner dans le faux. Déjà se manifestent d’heureux indices. Le télégraphe ne vient-il pas de nous apprendre que le comité de la chambre des représentants de Washington, chargé de réviser les tarifs, a décidé de réduire le droit sur la laine et les tissus de laine à un taux uniforme de 45 pour 100 ad valorem?

« Cette seule dépêche aurait dû décider le gouvernement français à agir.

«Un autre fait légitimait l’ouverture des négociations préliminaires.

« Je vous ai parlé de la résolution conjointe soumise [au Sénat américain. L’hiver dernier, j’étais à Washington. Au sein du gouvernement et du Congrès, on était froissé de voir la France garder un silence dédaigneux. Sous l’empire de

l’hostilité provoquée par l’indifférence du ministère français, le Sénat américain aurait pu rejeter cette «joint-resolution » lorsque cette résolution, le 5 février 1880, vint en ordre utile. Par leur vote du 5 février, les membres du Sénat renvoyèrent le projet au comité des relations extérieures.

Le 24 février, aucune nouvelle n’était encore arrivée de Paris. Le comité des relations extérieures se réunit, et décida que la discussion du projet était ajournée « indéfiniment » .

Afin de préciser le sens à donner ici au mot « indéfiniment», le président du comité des relations extérieures a bien voulu m’adresser la lettre officielle suivante, dont l’original est aujourd’hui entre les mains de M. le président du conseil des ministres :

« Sénat des Etats-Unis ( Comité des relations extérieures).

«Washington, 24 février 1880.

« Mon cher monsieur Chotteau,

« En ce qui touche la «joint-resolution » introduite par le « sénateur Cockrell, je n’ai aucun doute que la marche régu- « lière ne soit, pour le ministre de la République française, « de faire telles propositions au département d’Etat qu’il croira « opportunes, et alors l’action nécessaire pourra être prise.

« J’espère que l’amitié existant aujourd’hui entre les deux « Républiques subsistera toujours.

« Permettez-moi de vous donner l’assurance de ma consi- « dération personnelle.

« Agréez, etc.,

« Wm W. Eaton,

« Président du comité des relations extérieures. »

« M. de Freycinet, après s’être rendu compte de l’état des choses, m’a fait l’honneur de m’écrire :

« Ministère des affaires étrangères.

« Monsieur,

« Paria, le 19 avril 1880.

c( J’ai pris connaissance, avec un vif intérêt, des documents « que vous m’avez remis sur la mission que vous avez rem- « plie aux Etats-Unis, pendant ces deux dernières années, en « vue de préparer les voies à la conclusion d’un traité de « commerce entre ce pays et la France.

« Les actives et intelligentes démarches que vous avez faites « dans les principaux centres commerciaux et industriels de « l’Union, ont déjà obtenu des résultats dont j’ai apprécié « l’utilité : le courant d’opinion qu’elles semblent avoir réussi « à former aux Etats-Unis dans un sens favorable au déve- « loppement des relations commerciales avec la France, ne « peut manquer de faciliter la tâche des gouvernements. « Avant de prendre l’initiative des négociations à ouvrir, « j’ai cru devoir, toutefois, adresser au ministre de la Répu- « blique,à Washington, des instructions ayant pour but d’é- « claircir certains points encore douteux, et de le mettre en « mesure de faire connaître au gouvernement fédéral les dis- « positions dont nous sommes animés.

« Vous pouvez être assuré, monsieur, que cette importante « question continuera d’être l’objet de toute ma sollicitude, « et je me féliciterais de pouvoir la régler avec le gouverne- « ment de l’Union dans l’intérêt réciproque des deux Répu- « bliques.

« Recevez, etc.

«De Freycinet. »

« J’ai répondu :

« Paris, 75, avenue de Villiers, 20 avril 1880.

« Monsieur le ministre,

a La lettre que vous avez bien voulu m’écrire me laisse « espérer, de votre part, une action officielle prochaine.

« Si vous ne désirez pas aller au-devant d’un échec, main-

« tenez le mouvement dans la situation créée, non par moi, « mais par les circonstances. Le gouvernement et le con- « grès de Washington n’admettent aujourd’hui qu’une me* « sure provisoire : la nomination d’une commission franco- « américaine. Leur demander davantage, les aborder, par « exemple, avec le programme des concessions exigées par la « France, ce serait tout compromettre.

« J’organise en ce moment de nouvelles réunions popu- « laires. Dans mes discours, j’espère n’avoir jamais qu’à « encourager vos efforts patriotiques.

« Agréez, etc.

« Léon Ghotteau. »

« Les commissaires américains seraient nommés depuis longtemps si le gouvernement français avait consenti, au mois de février, à désigner des commissaires pour la France.

c< En février, je ne savais pas bien ce qui se passait à Paris. Je suppose que vos ministres, à ce moment-là, invoquaient déjà le fameux argument du vote préalable du tarif général des douanes. Vous n’ignorez pas, en effet, que notre gouvernement prétend ne pouvoir rien faire avant de posséder un nouveau tarif général.

« Il est facile de répondre que la nomination d’une commission, composée de trois Français et de trois Américains, n’est qu’une mesure préliminaire prise en vue des engagements à contracter plus tard, lorsque, par exemple, ce fameux tarif général, depuis si longtemps attendu, aura force de loi. Mais, même dans ce cas, il importe que nos législateurs se hâtent avec un peu moins de lenteur. Depuis plus de deux ans, n’a-t-on pas fait trop de discours à la Chambre et au Sénat? Or, ce n’est pas avec des fleurs de rhétorique qu’on parviendra à ménager, à la France industrielle et commerçante, de nouveaux débouchés.

« Vous savez maintenant vers quel but pratique doivent tendre vos efforts et les miens.

« En ce qui me concerne, ai-je besoin de vous dire que de

nouveaux obstacles, surgissant sous mes pas, ne m’arrêteront pas? L’année dernière, M. Waddington est tombé. Le lendemain de sa chute, j’étais à mon poste de combat. Je souhaite que M. de Freycinet garde, pendant de longs jours, la présidence du conseil des ministres. Toutefois, dans ce monde où tout passe, les meilleurs ministres subissent la loi commune et s’éclipsent. Eh bien ! monsieur le président et messieurs, le successeur de M. de Freycinet, apparaissant dans un lointain avenir, me trouvera toujours debout. »

Des applaudissements unanimes couvrent les dernières paroles de l’orateur; et, sur la proposition de M. Staincq, des remerciements sont votés à M. Léon Chotteau.

L’assemblée adopte ensuite, à l’unanimité, la résolution suivante :

« Un traité de commerce entre la République des Etats- « Unis d’Amérique et la République française devant fournir, « à l’industrie lainière, les débouchés qui lui manquent et « qui lui sont indispensables pour assurer le travail des nom- « breux ouvriers qu’elle occupe, les sénateurs et députés des « circonscriptions intéressées seront invités à faire les dé- « marches nécessaires auprès de l’administration supérieure « afin qu’elle profite des bonnes dispositions du congrès des « Etats-Unis envers la France, pour entamer les négociations « dans le plus bref délai possible, sans attendre le vote du « tarif général des douanes. »

Après la réunion, M. Flament, maire de Fournies, a invité M. Léon Chotteau chez lui, et, en quelques paroles pleines de tact, l’a chaudement félicité de sa courageuse initiative.

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