‹ Le Traitement Actuel de la Dysenterie Ambienne ChroniqueChapitre 10 sur 35 · S MERE · texte numérisé non relu

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la chronicité, la résistance aux divers traitements, dont aucun n’est réellement spécifique, nous permettra d'’insister sur les ressources thérapeutiques modernes. A l’occasion des formes rebelles nous exposerons les causes d’échec de la médication classique, et nous nous efforcerons de . mettre en relief l’action favorable de la chimiothérapie arsénicale.

En 1891,Councilmann et Lafleur identifièrent l’entamœæba histolytica et la différencièrent de l’entamæba coli, saprozoïte de l'intestin. Au Sénégal en 1899, Mar- choux réalisa l'infection expérimentale par inoculation rectale du chat. Quelques années plus tard Dopter précisa la migration des parasites dans la paroi intestinale. Le mode d'action de l’amibe était dès lors démontré.

Longtemps considérée comme relevant uniquement de la pathologie exotique, l’amibiase intestinale existait cépendant en France, chez des sujets n’ayant aucun passé colonial. En 1904 à la « Société Médicale des Hôpitaux de Paris » Dopter publia un cas de dysenterie autochtone, Les observations ultérieures de Baudin (1912), Lesage, Gaillard et Brumpt attirèrent l'attention sur les formes atypiques que revêtait l’amibiase dans les régions tempérées, et dès 1913 Chauffard soupçonnait que la maladie pourrait prendre une extension considérable. L'amibiase autochtone demeurait rare cependant puisqu’en 1914, dans une étude statistique. Landouzy et Debré réunissaient à peine 14 cas.

Depuis quelques années l’amibiase s’est implantée en Europe occidentale. Des foyers se sont créés qui représentent un danger permanent. La maladie est devenue

lo

commune à un point tel qu’en présence de tout syndrome intestinal qui ne fait pas sa preuve l'infection amibienne doit être suspectée et recherchée.

La nature et le cycle évolutif du parasite déterminés, l'évolution des idées, s’est surtout faiteen thérapeutique. À la suite des expériences de Wedder, des communications de Rogers, et des travaux de Chauffard l’émétine, alcaloïde de l’ipéca, s'était révélée le médicament spécifique de l’amibiase. L'observation prolongée des malades montra bientôt que l'émétine active dans les formes aiguës ne préservait pas des rechutes. Or, en matière de dysenterie amibienne c’est la tendance à la chronicité qu’il faut combattre, et un moyen thérapeutique ne peut mériter la confiance du praticien que dans la mesure où il lui permet de stériliser définitivement le malade, et” de le mettre ainsi à l’abri de nouvelles rechutes. C’est cette notion de chronicité qui domine toute l’histoire de la dysenterie amibienne, et nous y insistons à dessein. Traitement héroïque des épisodes aigus, Fémétine doit, dans les formes prolongées, céder le pas à la | chimiothérapie. Cette médication étant, à elle seule, susceptible d’enrayer et de supprimer les poussées de reviviscence qui, à intervalles plus ou moins réguliers, reproduisent les accidents, |

Nous passerons brièvement en revue l’ensemble des moyens proposés contre l’entamæba dysenteriæ. En examinant les résultats du traitement émétinique, nous exposcrons lès raisons de son insuffisance, Les facteurs qui conditionnent sés échecs, sont particulièrement accces-

sibles aux agents chimiques. Au cours de notre développe-

“ment il nous sera donné de préciser le mode d'action d'ea arsénicaux organiques, et principalement des dérivés de la série aromatique.

Le pouvoir parasiticide général de l’arsenie devait suggérer aux cliniciens l’idée de l'utiliser dans la dysenterie amibienne. Dès 1911, Milian notait les bons effets

du 606 chez un dysentérique traité pour une syphilis récente. Cette observation avait peu retenu l’attention lorsqu’en 1916, Ravaut, se basant sur l’activité du novarsénobenzol contre les protozoaires l’employa contre l’amibiase, et se fit le protagoniste des cures émétino-arsénicales. Tout en marquant un progrès sensible cette assocation médicamenteuse, pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons, donna des résultats assez inégaux. Son imperfection fut le point de départ de nouvelles recherches,

De ses travaux et de ceux de ses collaborateurs Ehrlich avait conclu à la spécificité de l’arsenic trivalent, Convaincu de l’activité in vitro des dérivés arsénoïques, et oxydes d’arsine, il pensait que ces formes chimiques devaient être le pivot de la thérapeutique antiparasitaire. Cetteconception explique le rôle exclusif qu'Ehrlich attribua aux dérivés aromatiques de l’arsenic trivalent dans toutes les maladies justiciables de l'emploi des arsé- Tes UX :

Reprenant les travaux de l’école allemande Fourneau, après de nombreuses expériences rigoureusement con-

trôlées arriva à la conclusion que la doctrine d'Ebrlich Teposait sur des bases fragiles. [1 publia, en 1921, dans les -Anncls de l'Insttit Pasteur les résultats de ses pre-

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