‹ Le Traitement Arsénical de Quelques Protozooses Intestinales (Entamoeba Dysenteriae, Lamblia Intestinalis, Trichomonas Intestinalis)Chapitre 10 sur 15 · ET LA · texte numérisé non relu

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de s’affirmer. Actuellement, la thérapeutique possède dans les composés récents, Stovarsol, Tréparsol, Acétylarsan, une arme efficace contre l’Amibe et les kystes amibiens. Est-ce à dire qu’on doive abandonner l’émétine ? Il ne semble pas, car l’émétine véritable spécifique de la dysenterie amibienne aiguë, compte des succès trop nombreux, trop éclatants, pour qu'il soit permis d’en délaisser l’usage. Mais, à côté d’elle, les arsénicaux prennent aujourd’hui une place prépondérante et l’atoxyl, le salvarsan, le novarsénobenzol, doivent céder le pas au nouveaux composés : Stovarsol, Tréparsol, Acétylarsan.

Cependant, le narsénol et les comprimés d’arsénobenzol (ancien 606) repris tout récemment par Ravaut, mais à doses beaucoup plus élevées : 1 gr. et 1 gr. 20 par jour, lui auraient donné d’excellents résultats. La cure émétino-arsenicale proposée par Ravaut en 1916 occupe toujours le premier rang, le nom seul. des médicaments a changé.

D'autre part, dans les dysenteries chroniques, chez les porteurs de kystes, dans les cas d’émétino résistance, lorsque la dose maxima d’émétine — 1 gr. par mois ——-atété atteinte, les arsénicaux s'imposent comme médication de choix, et c’est à eux qu’il faut avoir recours.

Mais une question se pose encore : auquel d’entre eux doit-on accorder sa préférence ? Parmi ces trois médicaments qui ont donné des succès incontestables, il est difficile de choisir. D'ailleurs, ce sont encore des nouveaux venus en thérapeutique ; une plus longue expérience permettra de mieux apprécier

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leur valeur respective. Pour le moment, le plus simple, le plus logique, semble-t-il, est de se montrer éclectique et dans chaque cas particulier de varier la médication selon les résultats.

La conduite du traitement doit s'inspirer comme toujours de la symptomatologie et des examens de laboratoire qu’on ne se lassera jamais trop d’effectuer même après guérison apparente. Elle doit aussi s'adapter aux diverses formes cliniques de la maladie.

1° Au cours de la crise dysentérique aiguë avec présence dans les selles d’Amibes végétatives le traitement actuel consiste dans l’association de l’émétine à hautes doses et des composés arsénicaux : Stovarsol, Tréparsol, Acétylarsan. La méthode alternante paraît être la meilleure.

a) La cure émétine-stovarsol comprendra par exemple un traitement de quatre semaines : la première et la troisième semaine on injectera de l’émétine (0 gr. 08 par jour), la deuxième et la quatrième semaine, on prescrira du stovarsol (0 gr. 50 à 1 gr. par jour).

b) La cure émétine-tréparsol est adoptée par Flandin qui indique un traitement de cinq semaines : la première semaine, il fait des injections d’émétine à doses progressives (0 gr. 08 le premier jour, 0 gr. 12 les six suivants, Ô g. 08 seulement le huitième), les quatre autres semaines comportent, pendant les quatre premiers jours de la semaine, le matin au réveil, l'administration de quatre comprimés de Tréparsol.

c) La cure émétine acétylarsan, d’après Garin, dure quatre semaines en général. « Les premier, deuxième

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et troisième jours de chaque semaine, on administre 0 gr. 08 d’émétine, le quatrième jour de chaque semaine, l’acétylarsan en injection intramusculaire à la dose de 0 gr. 75. »

Après ce traitement d'attaque, et si le malade l’a bien supporté, il est utile, à titre préventif, de continuer la médication arsénicale pendant quelque temps un à deux mois, mais à doses beaucoup moins élevées. Ici, les comprimés plus facilement acceptés par les malades peuvent être prescrits à la dose, par exemple, de un tous les deux à trois jours.

2° Dans les dysenteries chroniques, avec kystes à l'examen microscopique, chez les porteurs de kystes, : dans les cas d’émétino-résistance, ce sont les arsenicaux qu’il faut employer: Stovarsol, Tréparsol, Acétylarsan, d’après la posologie établie respectivement par Marchoux, Flaudin, Garin, et que nous avons exposée plus haut.

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Lambliose.

L'entérite à Lamblia est une entité morbide définie. Le rôle pathogène du Lamblia longtemps discuté, semble actuellement hors de doute. De nombreuses observations où il a été reconnu comme le seul agent responsable des symptômes dont se plaignaient les mala-’ des en font foi. Mais, quoique la Lambliose soit bien connue, son traitement était loin d’être fixé. Si, parfois, d’après Joyeux, l’affection guérit d’elle-même, - si, d’autres fois, un simple purgatif suffit à débarrasser le malade comme dans le cas: de Mathis, le plus souvent le parasite, doué dune extrême vitalité, se montre à tel point rebelle à toute médication que, pendant la guerre, comme l'écrit Deschiens dans sa thèse, des soldats ont été réformés pour lambliose. La ténacité de cette affection semble s'expliquer, d’après Fairise, Jacquot et Jeannin, par ce fait que c’est dans la profondeur des parois intestinales et surtout dans les voies biliaires que pullulent les Lamblia et leurs kystes, et là, les médicaments peuvent difficilement les atteindre. D'autre part, il paraît assez difficile de contrôler l’action des divers produits employés, car, -au cours même de l’affection, laissée à elle-même,

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lélimination des parasites est très irrégulière comme l’ont montré Lwow et Dobell. Ces deux auteurs ont suivi pendant cent jours, avant de lui prescrire toute médication, un malade atteint de lambliose pure. Des analyses de selles ont été faites tous les jours, sans. interruption, et se sont montrées tantôt positives, tantôt négatives; et'cela d’une façon tout à fait irrégulière, puisque on relève des périodes de quatre, sept et même dix jours pendant lesquelles tous les examens quotidiens sont restés négatifs ; ils sont redevenus positifs dans la suite. Il est certain que toute médication ordonnée pendant ces périodes négatives eût amené l’auteur à penser que le médicament employé était efficace; or, en laissant évoluer l’affection, le résultat était le même. C’est ce qui poussa les deux auteurs anglais à douter de la valeur des médications vantées jusqu’alors.

Et, de fait, tout a été essayé contre le Lamblia, mais les succès enregistrés varient avec les auteurs. Par exemple, Woodcock et Penfold se déclarent le plus satisfaits des résultats obtenus par l’administration d’un mélange de naphtol 6 et de salicylate de bismuth qui aurait complètement guéri un de leurs malades. Après les cent jours d’expectative, Low et Dobell prescrivent le même mélange au malade dont nous parlons plus haut; au bout de quatre jours, les kystes disparaissent et pendant les six jours qui suivent, on n’en trouve plus; mais le septième, ils reparaissent dans les selles.

Castellani préconise le bleu de méthykne en capsules ou en lavements; Goiffon et Roux en obtiennent

quelques succès. Lwow et Dobell l’essayent à leur tour mais doivent le suspendre au bout de trois jours, à cause d'accidents toxiques; les kystes pendant, avant et après l'administration étaient restés aussi nombreux. L’essence de térébenthine en capsules — huit grammes par jour — préconisée par Deglos, aboutit à un nouvel échec dans le cas de Lwow et Dobell.

Le sulfate de soude à petites doses, le calomel, le soufre (Carles), le carbonate de calcium, l'acide chlorhydrique à hautes doses, l’ipéca, l’émétine, l’iodure double d’émétine et de bismutbh, l’urotropine, les laits caillés utilisés par Brumbpt, le biolactyl, l’acide lactique, les drastiques, le thymol, qui a donné à Deglos quelques bons résultats, le sulfate de quinine, l’acide picrique, tous ces produits ont été simultanément ou successivement employés; aucun n’a donné de résultats décisifs et constants. D'ailleurs, leur diversité même suffit à expliquer leur échec.

Les arsénicaux à leur tour ont été utilisés contre la Lambliose, mais ici encore les résultats diffèrent selon les auteurs. Ravaut et Krolunitzky, Cade, Mathieu ont prescrit à leurs malades des capsules de novarsénobenzol sans noter une action directe sur les parasites; mais ces derniers paraissent plus sensibles au médicament adminitré par voie sanguine. Yakimoff, Wassilewski et Zwietkoff, ont infesté des souris de Lamblies et ont pratiqué chez elles des injections intraveineuses de salvarsan qui ont amené la disparition des parasites; de même, Kofoid chez le rat, par des injections de novarsénobenzol à hautes doses, a obtenu la destruction des Lamblies. Transposés chez

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l’homme, les essais 07! £!© inoins concluants; mais, comme le fait remarquer Cade, il semble que les compôsés arsénicaux injectés dans les veines, produisent un effet plus manifeste parce que, dit-il, les parasites étant profondément inclus dans la paroi intestinale sont plus facilement atteints par un médicament introduit dans la circulation générale. Ce serait donc l'inverse de ce que l’on voit dans la dysenterie amibienne où, selon Ravaut, l'administration par la bouche donne de meilleurs résultats que les injections intraveineuses.

GOIFFON essaya le Galyl. Il fit des injections de 0 gr. 20; dans certains cas, il put constater la disparition des parasites et, un mois et demi après le traitement, des analyses de selles se montrèrent négatives; dans d’autres cas, après une stérilisation passagère des selles — quelques semaines — les Lamblia se mirent à pulluler de nouveau.

CADE et HoLLANDE utilisèrent le novarsénobenzol. Ils rapportèrent quelques observations et notamment une où il s'agissait d’un chasseur B.. J.., atteint de lambliose. Ce malade, en novembre 1917, reçut quatre injections de novarsénobenzol à üne semaine d’intervalle (0 gr. 30, 0 gr. 45, 0 gr. 60, 0 gr. 75). Après la première injection, on ne trouva plus de kystes dans les selles, de même après la troisième. Mais après la quatrième, quelques kystes apparurent. Cependant l’amélioration continuait et pendant un mois et demi, bien que le nombre et la consistance des selles fussent anormaux, tout parasite avait disparu.

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