LEE
Ce même traitement, appliqué à un adjudant, L..., fut suivi d’un échec complet. Après la première injection de 0 gr. 30, on constata quelques rares kystes ; après la deuxième (0 gr. 45), les selles prirent un caractère diarrhéique et présentèrent des Lamblia et des kystes en grand nombre; après la troisième (0 gr. 60), on ne trouvait plus de formes adultes, mais quelques rares kystes ; après la quatrième (0 gr. 75), les selles étaient de nouveau diarrhéiques et Lamblia et kystes y pullulaient.
Carr et CHANDLER, se basant sur les expériences de Kofoid, traitèrent quelques malades par les injections de novarsénobenzol à hautes doses. Ils observèrent par la suite la disparition des kystes de Lamblia. L’un d’eux surtout qui souffrait d’une dysenterie amibienne associée à de la lambliose, après un traitement par l’émétine qui détruisit les Amibes, mais n’eut aucune influence sur les kystes de Lamblia, et par le soufre, selon la méthode de Carles, qui resta inefficace, reçut une injection de 0 gr. 60 de novarsénobenzol. Très vite, les parasites disparurent et les symptômes morbides cessèrent; mais trois semaines après, une rechute survenait. Trois nouvelles injections de novarsébenzol à la même dose furent faites à cinq jours d'intervalle et l’analyse des selles se montra négative; les symptômes s’amendèrent; deux mois plus tard, l'examen coprologique était toujours négatif.
Mazza et MERLO ont prescrit le novarsénobenzol - sous forme de comprimés enrobés de stéarine; ils en ont obtenu de bons résultats et parfois même — disent-ils — des guérisons définitives. Par contre, Mar-
SRE
cel Labbé, Deglos (1920), après avoir épuisé une série de médicaments : thymol, urotropine, calomel, iodure de potassium, etc., soignèrent un certain nombre de malades par les capsules de novarsénobenzol glutinisées et par des injections intraveineuses à fortes doses, sans résultats appréciables. De même, Doeneurx, à Alep, écrit que l’émétine et le novarsénobenzol sont véritablement sans action et il les remplace par le soufre sublimé et lavé qui, dans le cas de Carr et Chandler cité plus haut, est resté sans effet. En somme si, expérimentalement, les composés arsenicaux, tels que salvarsan, galyl, novarsénobenzol sont capables de détruire les Lamblia, la clinique nous oblige à les ranger dans la longue série des produits successivement essayés dans la lambliose avec des résultats divers. Relativement efficaces dans certains cas, où ils produisent une amélioration notable, dans d’autres, par contre, ils se montrent complètement impuissants. D'ailleurs, même dans les cas nettement améliorés, s’il est facile cliniquement de constater l'amélioration, au point de vue coprologique, il paraît nécessaire avant d’affirmer la guérison, d'examiner les selles tous les jours et pendant une période assez longue, car l’élimination des kystes étant irrégulière, des examens de selles isolés, faits à diverses périodes peuvent parfaitement être négatifs, alors que, effectués le lendemain, ils permettraient peut-être d’affirmer la présence du parasite.
Contre une affection aussi rebelle les nouveaux composés arsénicaux ne devaient pas tarder à entrer en jeu &e her |
— Lo
MarcHoux, en mai 1923, chez une fillette de onze ans, atteinte de lambliose depuis plusieurs années, évoluant par poussées périodiques, ordonna un comprimé de stovarsol par jour pendant six jours. À l’analyse des selles, pratiquée ensuite, il ne trouva plus de kystes. Trente-cinq jours plus tard, l'enfant se sentait plus forte et avait engraissé. « Des examens prolongés, écrit Marchoux, n’ont pas permis de rencontrer dans les selles un seul kyste de Lamblia. »
Massia apporte l’histoire d’un enfant souffrant de troubles gastro-intestinaux depuis mai 1923, chez qui l’analyse des selles fit découvrir des kystes de Lamblia. Après un traitement par le stovarsol (huit comprimés en huit jours, un demi-comprimé matin et soir) l’état général s’améliora, les kystes disparurent. En février 1924, un nouvel examen de selles restait négafit
CoFFaRT cite deux cas de lambliose chez des adultes. La première malade atteinte depuis le début de 1922 subit d’abord un traitement par le bismuth, le soufre et le véronidia, qui n’eut aucune action sur les parasites. En octobre 1923, le stovarsol fut administré à la dose de deux comprimés par jour pendant quinze jours, puis d’un seul, les quinze jours suivants et, enfin, d’un demi-comprimé pendant un mois. Dès le début, l’état général et local s’améliorait. Le 2 février 1924, l'analyse des selles ne montrait plus de kystes de Lamblia. Le 20 avril, la guérison persistait.
Dans la deuxième observation, il s’agit d’une jeune fille de 20 ans souffrant d’une constipation tenace et
de troubles dyspeptiques. En juillet 1923, on trouva des kystes de Lamblia dans les selles. Le bismuth, le soufre ne produisirent aucun effet. En octobre 1923, le stovarsol fut ordonné aux mêmes doses que précédemment; la constipation fit place à une diarrhée légère. Le 15 janvier 1924, les selles devinrent irrégulières; quelques douleurs dans le flanc droit, quelques phénom£nes dyspeptiques apparurent; le 2 février, l’analyse révélait de nombreux Lamblia. Après un traitement par le véronidia qui dura huit jours et l'administration d’un léger purgatif, le stovarsol fut repris le 22 février, à la dose de un comprimé par jour pendant un mois. Progressivement, les symptômes s’amendèrent; le 22 mars, on n’observait plus de parasites dans les selles. Le 20 avril, la guérison persistait.
Saap, en septembre 1924, rapporta l’histoire d’un malade âgé de vingt-huit ans, qui présentait, l’été seu-, lement, des crises diarrhéiques caractérisées par une émission de cinq à six selles par jour d’abord molles, pâteuses, puis muqueuses et liquides, se répétant tous les quinze jours ou tous les mois. L’analyse y révéla de très nombreux kystes de Lamblia. Un traitement par le stovarsol fut institué, à raison de trois comprimés par jour. Une semaine après, le malade n’émettait plus qu’une selle quotidienne dure, moulée. On arrêta la cure lorsque le malade eut ‘absorbé cinquante-six comprimés. A ce moment, c’est-à-dire trois mois après le début du traitement, les selles semblaient dépourvues de paräsites. Le malade était rétabli. La guérison s’est maintenue.
Léon BERNARD et THoMas, en mars 1924, eurent à soigner dans leur service de l’hôpital Laënnec, une jeune fille atteinte de tuberculose du sommet droit. Elle souffrait aussi depuis plusieurs années d’entérocolite rebelle caractérisée par des douleurs abdominales, des coliques, des selles diarrhéiques où l’examen fit constater la présence de nombreux kystes de Lamblia sans aucun bacille de Koch. Du 8 au 16 mars, on prescrivit un comprimé de stovarsol par jour; mais une poussée fébrile en fit interrompre l’emploi. Le 29 mars, un nouvel examen de selles était positif. Le même traitement fut repris jusqu’au 15 avril. Depuis lors et jusqu’au départ de la malade qui eut lieu le 20 mai, de fréquentes analyses de selles restèrent négatives.
Aux observations précédentes, nous joignons celleci, due à l’obligeance des Docteurs Morénas et Dechaume (service du Professeur Roque). /
Observation résumée : Mme Cr, 49 ans. Entré à l’Hôtel- Dieu le 4 nopembre 1924 pour des douleurs abdominales, hémorragies par l’anus. Néo rectal probable.
L'examen révèle, en résumé, deux ordres de symptômes :
1° Myxœdème avec léger goître, déficit intellectuel sans autres signes d'insuffisance endocrinienne;
2° Syndrôme dysentérique il y a cinq ans avec sang et glaires, qui a duré deux mois. Depuis, plusieurs épisodes analoques. |
Le Weber est négatif, mais l’analyse des selles montre de nombreux kystes de Lamblia. Un deuxième examen fait le 13 novembre, une heure après l'émission d’une selle moulée, révèle encore des kystes de Lamblia sans parasites mobiles.
Le 11 novembre, un examen bactériologique décèle la présence de bacilles du type Shiga,
Ho
20 novembre. — Depuis le 16, la malade prend trois comprimés de stovarsol à 0 gr. 25 sans modification des selles (quatre à sept). É
1° décembre. — Du 16 au 30 novembre, la malade a absorbé trois comprimés de stovarsol par jour. Actuellement, on note une modification légère des selles, qui sont plutôt moulées et le nombre s’est abaissé (deux à six). Deux examens, le 25 et le 29, ont montré la disparition dés kystes de Lamblia. On commence aujourdhui un auto-vaccin (Shiga). La malade souffrirait davantage; cela coïncide avec l’émission de sel- : les liquides et non moulées, comme ces jours derniers. La douleur a débuté avant l’auto-vaccin.
8 décembre. — Depuis trois jours, la température se maintient entre 38° et 39°. La malade a souffert un peu du ventre; on constate un peu de sang rouge sur les selles, non moulées et dont le nombre reste entre cinq et sept. Cette réaction n’a commencé qu'après la troisième injection de vaccin.
16 décembre. — Les selles persistent toujours au nombre de cinq à huit par jour. :
29 décembre. — La malade sort avec encore, dit-elle, qua-
tre selles par jour, mais sans Shiga ni Lamblies.
Et cette autre que M. le professeur Garin a bien voulu nous communiquer :
Observation 11. — Ph... B.., 48 ans,
Comme antécédents personnels, on note seulement une appendicite l’an dernier. Le malade a vécu successivement en Tunisie et en Syrie sans contracter le paludisme.
I1 se plaint actuellement de décharges diarrhéiques, sans . dysenterie vraie. Son aspect est robuste.
L'examen des divers appareils reste négatif, mais l’analyse des matières décèle la présence de nombreux kystes de Lamblia associés à des Spirochètes et des Blastocystis.
Pendant un mois, le malade est soumis au traitement par le stovarsol : deux comprimés pendant dix jours, suivis de dix jours de repos et ainsi de suite. En un mois, la diarrhée cesse. Les Lamblia et les spirochètes ont disparu. Seuls les Blastocystis persistent,
ET
On continue le stovarsol pendant un mois à raison de un comprimé tous les deux jours.
Tréparsol.
Le tréparsol n’a pas encore donné lieu dans la lambliose à de nombreux essais. Nous n’avons trouvé dans la littérature qu’une observation citée par Flandin. Encore s’agit-il d’une association de dysenterie amibienne et de lambliose. C’est un malde, M. M... âgé de 34 ans, qui a contracté à Fez une dysenterie aiguë. Il est d’ahord traité par le sulfate de soude. Mais ses selles augmentent de nombre (huit à douze en vingt-quatre heures), deviennent sanglantes. Il souffre de douleurs abdominales. L'analyse révèle dans les matières la présence d’Amibes et de Lamblia. II est alors traité par le tréparsol : quatre comprimés par jour pendant quatre jours. Dès le troisième jour, les parasites disparaissent: les douleurs abdominales cessent; les selles deviennent pâteuses. Après un repos de trois jours, on reprend le tréparsol dans les mêmes conditions et le malade guérit. Pendant deux mois, la même cure de tréparsol est continuée une quinzaine sur deux. La guérison s’est maintenue.
Acétylarsan.
L’acétylarsan a été utilisé contre le Lamblia par le Professeur Garin. Nous reproduisons ci-dessous les
observations qu’il a eu l’amabilité de nous communiquer :
.. Observation I. — Lambliose pure; forme diarrhée à rechutes. Guérison par l’acétylarsan.
Le petit malade est un enfant, J. D... âgé de sept ans, vu en consultation avec le D' C.. Il a présenté en septembre, à la campagne, une diarrhée aiguë calmée par le sérum antidysentérique, En octobre, il fait une rechute que le sérum arrête de nouveau.
. À un premier examen, on note une rechute de diarrhée depuis quinze jours, rebelle à tout tra tement, caractérisée. par une émission de deux à cinq selles par jour, liquides, non sanglantes. ù
L'enfant est pâle, anémié. Le foie est un peu gros; la rate non augmentée de volume; il existe un léger gargouillement cœæcal. L
Les appareils pulmonaire et nerveux sont indemnes. Quelques ganglions cervicaux.
On institue un traitement par l’acétylarsan, comprenant deux injections par semaine pendant quatre semaines : la première est de demi-centimètre cube, la deuxième de un “centimètre cube.
Au bout de un mois, un nouvel examen permet de constater une amélioration nette. L’enfant a engraissé; la diarrhée a cessé dès la fin de la première semaine; les kystes de Lamblia ont disparu.
En février, on reçoit des nouvelles du petit malade par le docteur C..., plus tard par un ami de la famille : l’état général est bon; la guérison sest maintenue,
Observatiôn 11, — Mme F.., 49 ans : Dislocation verticale de l’estomac, aérophagie, lambliose : Guérison par l’acétyl- SCAN es ù
La malade vient consulter, le 31 mars 1925, pour des douleurs gastriques.
Dans les antécédents héréditaires, rien à signaler.
Dans les antécédents personnels, on note des douleurs gastriques persistant depuis vingt ans avec digestions lentes, pénibles, de l’insomnie, des céphalées.
Depuis peu, avec ces troubles, est apparue de la diarrhée : trois selles dans la matinée.
A l’examen, on constate de l’amaigrissement. Le pos actuel est de 55 kg. 500.
Appareil digestif : clapotage à jeun. A la radioscopie, V'estomac paraît atone; il descend jusqu’au pubis, mais l’évacuation est normale. L'analyse des matières montre la présence de nombreux kystes de Lamblia. |
L'examen des autres appareils est négatif. Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine,
En dehors d’un traitement gastrique approprié (sieste, ceinture, bromure), on ordonne l’acétylarsan en injections intramusculaires, ÿ
La première semaine, on pratique deux injections; la deuxième et la troisième, une seule.
A la fin de la troisième semaine, une amélioration nette s’est produite : la malade a engraissé de 2 kilos; les selles sont redevenues normales et ne contiennent plus de Lamblia.
Observation III. — M. P..., 32 ans, manœuvre métallurgiste. Ce malade se plaint de douleurs abdominales depuis six mois, localisées surtout dans la fosse iliaque droite. Il a des indigestions fréquentes sans vomissements; il a perdu 8 kilos depuis le début de son affection. Pas de constipation. Les antécédents héréditaires et personnels ne présentent rien d’anormal.
A l’examen, on constate un amaigrissement assez marqué; le poids est de 62 k. 500,
Appareil digestif : On note du gargouillement cϾcal; pas de point de Mac Burney. Les selles contiennent des kystes de Lamblia.
L'examen des autres systèmes est négatif. Pas ROOMS dans les urines.
On commence un traitement par l’acétylarsan. Le malade reçoit deux injections de 3 centimètres cubes la première semaine, une seule les deux semaines suivantes.
Dès la deuxième semaine, les Lamblia ont disparu. Au bout de la troisième semaine, le malade se trouve amélioré: il a engraissé de 4 kg. 800.
PMR.
Mais, quinze jours après, la diarrhée réapparaît. Une nouvelle analyse de selles faite le 25 mars 1925 montre de nouveau des Lamblias. FRE
On prescrit alors le stovarsol à la dose de deux comprimés par jour pendant une semaine sur deux. Au bout de un mois (le 1° mai), le malade est revu. Le poids s’est maintenu
à 67 kilos. Les selles sont normales, mais présentent encore des Lamblia.
On conseille alors le carbonate de bismuth et le lipiodol. Les résultats de cette médication ne sont pas encore connus.
Cade et P.Lépine ont traité un enfant âgé de 34 mois,
atteint de lambliose (nombreux Lamblia à l'examen) par l’acétylarsan. Après deux séries de piqûres — 3 injections de 0,16 la première fois; 6 injections de 0,16 en trois semaines la deuxième fois — ils observèrent une amélioration manifeste et l’analyse des matières, faite minutieusement, ne montrait, après homogénéisation et enrichissement par la méthode de Carles et Barthélemy, que deux kystes de Lamblias.
De toutes les observations précédentes, nous pouvons conclure que la ténacité de l’entérite à Lamblia est reconnue par la plupart des auteurs; que tous les produits successivement essayés dans cette affection sont le plus souvent restés sans effet; que le meilleur traitement actuel de la lambliose doit s’orienter vers une thérapeutique arsénicale. Le novarsénobenzol qui compte à son actif quelques succès à côté d'échecs aussi nombreux, doit être remplacé actuellement par les nouveaux composés arsénicaux : le stovarsol et l’acétylarsan. Le tréparsol qui est également appelé à jouer un rôle n’a pas encore été suffisamment étu-
dié; néanmoins, de par sa nature chimique qui l’apparente aux composés précédents, il n’est pas invraisemblable qu’il ne rende de précieux services dans une affection aussi rebelle.
Mais, comme dans l’amibiase, il faut se demander si après le traitement arsénical, la guérison reste définitive. Nous avons vu qu'avant de l’affirmer, il était indispensable de multiplier les examens coprologiques au cours du traitement et longtemps après. Or, dans la plupart des observations, lorsque les symptômes cliniques ont cédé à la médication, on se contente de un ou deux examens pratiqués à intervalle plus ou moins long et c’est tout. Il est évident qu’une amélioration clinique doit correspondre à une diminution du nombre de parasites, mais peut-être aussi seulement à un état de somnolence pouvant se prolonger et susceptible de faire place plus tard à un retour offensif de l’affection. Marchoux, à sa consultation de l’Institut Pasteur, a suivi un certain nombre de malades pendant plusieurs mois et il écrit que si les symptômes s’amendent dès l’administration du stovarsol, si les parasites disparaissent, « le plus souvent au bout d’une certaine période — quinze jours à trois semaines — on voit revenir les kystes de flagellés parasites en même temps que reparaissent les troubles qui accompagnent leur présence ». « Dans quelques cas, malheureusement les plus rares, les examens ultérieurs restent indéfiniment négatifs ». Il en est ainsi dans l’observation de Marchoux citée plus haut et dans celle de Léon Bernard et Thomas. Dans les autres, malgré l'amélioration, malgré la dis-
Qi PR
parition momentanée des parasites, comme dans l’observation III du Docteur Garin, le bon état de santé apparent des sujets, la guérison reste incertaine.
- Néanmoins, l'introduction des arsénicaux dans la thérapeutique antilamblienne constitue un réel progrès. Sinon toujours la guérison, ils apportent du moins dans la plupart des cas une amélioration manifeste et c’est là un résultat appréciable.
La conduite du traitement sera simple. Pour le stovarsol, Marchoux conseille trois à quatre cures ainsi conçues : le premier jour 0 gr. 50; le deuxième 0,75; le troisième 1 gr., dose qu’on maintient pendant trois ou quatre jours; puis, après un repos de quatre jours, on recommence. Dans les cas tenaces, avec récidives, il ordonne une prise quotidienne de 0,25 pendant quinze jours par mois.
On peut aussi preScrire 0,50 de stovarsol pendant sept ou dix jours, avec repos d’égale durée.
Quant à l’acétylarsan et au tréparsol, on doit s’inspirer du traitement préconisé dans l’amibiase par Garin pour le premier, par Flandin pour le deuxième, les résultats cliniques et coprologiques servant toujours de guide à la médication.
D'ailleurs, ce n’est qu’une plus longue expérience de ces médicaments qui permettra d’en régler définitivement le mode d'emploi.
Trichomonose. - Associations parasitaires,
Pure, la trichomonose intestinale paraît être une rareté dans nos pays d’après Le Noir et Deschiens, qui ajoutent que le rôle pathogène du Trichomonas, quoique discutable, semble dépendre de l’alcalinité du con-. tenu intestinal. Dans un article récemment paru, ces deux auteurs attribuent au parasite un rôle éventuellement pathogène et ils signalent des cas où sa présence dans le tube digestif ne produisit aucun symptôme morbide; c’est surtout, disent-ils, lorsqu'il vit dans l'intestin en association avec d’autres parasites quil devient dangereux.
Vaccarezza, qui a étudié la morphologie en même temps que le rôle pathogène du Trichomonas, déclare que ce parasite détermine un syndrome dysentérique net caractérisé par des douleurs abdominales, des selles abondantes jusqu’à dix et vingt par jour avec épreintes, ténesme, qui, cependant, peuvent manquer, des hémorragies. Dekester et Melnotte, sur 663 examens de selles diarrhéiques pratiqués au Maroc, en six mois, trouvent quarante-cinq fois des Trichomonas, et dans quinze cas, il était le seul parasite responsable. Delanoé au cours d'examens coprologiques
en trouve jusqu’à cent par champ microscopique et le considère comme le principal facteur des troubles intestinaux dont souffraient ses malades. Wittingham sur trente-cinq cas étudiés où il n’a observé qu’un seul protozoaire, trouve quatre fois du Trichomonas et il écrit que ces flagellés (Lamblia, Trichomonas) ne s’observent guère dans les selles des individus sains; il n’y a que de rares porteurs de germes qui peuvent toutefois disséminer la maladie. Deglos, de même, étudiant les troubles intestinaux dus à la présence: de parasites autres que l’Amibe dysentérique, a rencontré surtout des Lamblias et des Trichomonas. Nous reproduisons plus loin deux observations du Docteur Garin, de Trichomonose pure. Il semble donc que le Trichomonas soit capable à lui seul de produire des lésions intestinales déterminant l’apparition de troubles plus ou moins graves, qu’il serait imprudent de négliger. |
D'ailleurs, si le plus souvent le Trichomonas se trouve associé à d’autres protozoaires et surtout à l'Amibe et au Lamblia, tous les auteurs s’accordent à reconnaître la tenace résistance de ces associations parasitaires aux diverses médications qu’on leur a opposées. Dès lers, même non pathogène, il faut combattre contre le Trichomonas, ne serait-ce que pour lutter avec plus de profit contre les parasites associés. :
Le Trichomonas est un flagellé piriforme de dix à quinze centimètres de long. A la partie antérieure du corps, il présente trois flagelles dirigés en avant; un quatrième flagelle, accolé au corps du parasite, se
dirige en arrière et forme une membrane ondulante. Vaccarezza remarqua que, placé dans des solutions d’ipéca, de ratanhia, de tannin paulinia, de simarouba, le trichomonas résistait à ces agents et conservait sa vitalité. Mais une goutte d’essence de térébenthine ajoutée à la préparation amenait la mort immédiate des flagelles placés à son contact et agissait d’autre part sur les parasites plus éloignés qui s’immobilisaient, perdaient leurs flagelles et mouraient ou s’enkystaient rapidement. De même, une solution d’iode à 1/1000 avec ou sans addition d’iodure de potassium tuait instantanément les Trichomonas. Se basant sur ses expériences, l’auteur, après avoir souligné l’inefficacité de l’émétine, indiquait comme traitement de la trichomonose les lavements iodés à 1/1000 et l’essence de térébenthine en capsules ou en lavements à la dose de deux à quatre grammes.
Carles, en 1919, Fonte aussi l’essence de térébenthine qu’il employait en capsules et dont il nota les heureux effets. Deglos utilisa à son tour l’essence de térébenthine; il y adjoignit le thymol. Dœneux, à Alep, eut recours-contre le Trichomonas au soufre sublimé lavé à la dose de quatre grammes par jour. D'autre part, si l’on en croit Lwow, il ne serait pas impossible que l’affection cessa d’elle-même sans autre traitement que l’expectative. Cet auteur observa, en effet, un cas de Trichomonose où, pendant un mois, sans aucune médication, le parasite disparut des selles. Mais le malade resta-t-il guéri ? N’y eut-il aucune rechute ? L’auteur ne nous renseigne pas à ce
sujet. Le malade sans doute ne fut pas suivi plus longtemps.
Les arsénicaux furent, à leur tour, essayés contre le Trichomonas. Ce parasite se trouvant associé, dans de nombreux cas, à l’'Amibe et aux Lamblia, l'emploi des arsénicaux dans ces deux dernières affections, obligeait presque les auteurs à se rendre compte de l’efficacité des produits sur le Trichomonas.
Ravaut, chez un malade qui présentait dans ses selles des kystes dysentériques et des Trichomonas, ordonna deux capsules de novarsénobenzol à 0 fr. 05 par jour et pendant dix jours. Dès le troisième jour, les kystes amibiens avaient disparu et soixante examens ultérieurs n’en révélèrent plus aucun. Mais les Trichomonas persistaient. Dœneux, dans des cas de Trichomonose associée à la lambliose, utilisa les injections intraveineuses de novarsénobenzol, mais la vitalité des parasites n’en souffrit aucunement et il remplaça alors le novarsénobenzol par le soufre sublimé lavé.
Ch. Garin rapporte un cas d’amibiase associée à la lambliose et à la trichomonose, chez une institutrice âgée de trente ans, contractée en Indo-Chine, en septembre 1919. Elle eut, dépuis cette époque, des périodes d'amélioration suivies de rechutes qu’on traita par le kho-sam, le simarouba, l’émétine.
Le 22 juillet 1923, une analyse de selles faite par le Docteur Garin, montre un grand nombre d’Amibes, de Lamblia et de Trichomonas. La malade a quatorze selles par jour mucosanglantes. L'état général est touché : amaigrissement prononcé, anémie. Les injec-
AT
tions d’émétine et le novarsénobenzol améliorent la malade qui sort de la clinique le 8 septembre, ayant engraissé de deux kilos. De quatorze, le nombre des selles se réduit à une ou deux, mais l'examen y décèle encore des Amibes, des kystes de Trichomonas et de Lamblia. Le 21 octobre, nouvelle rechute. L’institution du traitement par l’émétine et le novarsénobenzol, de même que le kho-sam, le simarouba, restent sans effet.
Le 5 décembre et les dix jours suivants, on lui prescrit deux comprimés de stovarsol à 0 gr. 25 par jour. Progressivement, le nombre des selles baisse; le sang disparaît; et le 18 décembre, tous les parasites ont disparu.
Le 20 décembre, la malade sort améliorée. Par précaution, tous les deux jours, elle absorbe un comprimé de stovarsol. Malgré cela, le 15 janvier, les symptômes morbides reparaissent lavec six à sept selles par jour mucosanguinolentes. Une augmentation de la dose de stovarsol (0 gr. 50 par jour depuis le 6 janvier) n’arrête pas la rechute. L’analyse microscopique non pratiquée à ce moment — la malade étant chez elle — aurait sans doute permis d’y reconnaître une nouvelle pullulation de parasites.
Dans ce cas, après une amélioration due à l’action du stovarsol et contrôlée par le microscope, on note un retour offensif de l’affection. Donc, influence nette du stovarsol sur les trois sortes de parasites qui disparaissent en même temps des selles, mais stérilisation incomplète du tube digestif. Il faut retenir ici la gravité de l'affection due à la triple association para-