‹ Le Traitement Arsénical de Quelques Protozooses Intestinales (Entamoeba Dysenteriae, Lamblia Intestinalis, Trichomonas Intestinalis)Chapitre 4 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les entérites à protozoaires caractérisées par la - présence dans la lumière et la paroi du tube intestinal de parasites, dont les plus communs sont l’Entamæba dysenteriæ, le Lamblia et le Trichomonas intestinalis sont à juste titre classés dans le domaine de la pathologie exotique. C’est en effet dans les pays chauds que ces affections se rencontrent le plus fréquemment. Avant la guerre, les cas publiés en France et même en Europe sont peu nombreux, isolés. En- core faut-il en éliminer les malades qui, infestés au cours d’un séjour plus ou moins prolongé dans les colonies, continuent, de retour dans la métropole, à présenter des troubles chroniques ou des crises aiguës dûs aux parasites incriminés. Est-ce parce que la maladie, revêtant une allure clinique spéciale, n’était pas diagnostiquée, ou que, insuffisamment prévenu contre elle, à cause même de sa rareté, on ne la recherchait pas systématiquement par des examens copro-

logiques répétés ?

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Quincke et Ross signalent un cas d’amibiase à Kiel, en 1893, de même, trois ans plus tard, à Berlin, Boas et Borchardt ; puis, en 1904, Albu en Silésie. Chez

nous, successivement, Dopter, en 1904, Caussade et Joltrain, en 1907, Chauffard, en 1912, Paviot et Garin, en 1913, en publient quelques observations. Mais c’étaient là des faits isolés, et .en 1914, dans une communication à l’Académie de Médecine, à propos d’un cas rapporté par eux-mêmes, Landouzy et Debré ne purent réunir que quatorze observations. Cependant, Chauffard préssentait déjà le danger, lorsqu'il écrivait quelque temps avant la guerre : « Beaucoup de cas d'infection amibienne sont méconnus, car on n’a pas l'habitude de songer à l’amibiase en face d’un syndrome de côlite chronique ; en faisant systématiquement les recherches nécessaires, on s’apercevrait de sa fréquence ».

Mais, pendant la guerre, les choses changent d’aspect. Il y a, durant cette période de quatre années, un apport considérable de troupes sur le territoire français : troupes coloniales, noires, indiennes, américaines, etc. Il se fait un brassage constant, une allée let venue incessante de permissionnaires dans toutes les régions de la France. Cette vie en commun, ce mélange de races vont favoriser la contagion et l’on voit éclore à ce moment des foyers épidémiques plus ou moins importants, que les auteurs ne tardent pas à signaler à l’attention du corps médical. Ravaut, dès 1915, dans une série de publications établit la fréquence de l’amibiase. D’autres, et parmi eux Dopter, Carles, Charpin, Dobell, Dale, Garin, Brulé, Lebœuf,

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