‹ Le Traitement Arsenical et Ses Réactions Biotropiques Dans La Maladie De Duhring-BrocqChapitre 13 sur 22 · IV. — Pathogénie des Réactions · texte numérisé non relu

IV. — Pathogénie des Réactions

En présence de ces réactions après l'administration de l’arsenic l’esprit alerté cherche une explication. Or, les phénomènes d’intolérance, de toxicité et de biotropisme sont maintenant bien connus, mais il s’agit de savoir dans lequel de ces cadres nous devons mettre les réactions en question.

Toxicité et Intolérance

L’intoxication par les arsénobenzènes se produit seulement à la suite d’une dose énorme, la toxicité de ces produits étant très faible. En effet, les expériences très précises qui ont été faites à différentes reprises ont montré que le lapin pouvait tolérer jusqu’à 0 gr. 08 par kilo de Salvarsan, 0 gr. 20 de Néosalvarsan, 0 gr. 13 à O gr. 16 de Galyl. Dans certains cas, il supporte des doses beaucoup plus fortes. S'il est permis de conclure du lapin à l’homme, on voit quelles doses considérables on pouvait employer sans inconvénient.

On ne peut pas non plus parler d’une intoxication par accumulation des doses, car il faudrait des injections répétées bien nombreuses pour atteindre la dose toxique. Or, les réactions se produisent au début du traitement et avec des doses restreintes, ainsi pouvons-

in AS :

nous avec raison éliminer la pathogénie de l’intoxication.

Pour la réaction de l'intolérance la question est

autrement épineuse. Les causes susceptibles de déterminer cette élévation du coefficient toxique sont multiples.

Tantôt cette intolérance est naturelle et permanente de nature inconnue due sans doute à un état humoral

» + ,. aus , Joe Je :

spécial de l'individu, c’est l’idiosyncrasie.

Tantôt elle est acquise et dans ce cas elle peut être alors consécutive à des causes variables et multiples, lésions des organes d’emmagasinement ou un affaiblissement général de l'individu.

Anaphylaxie, intolérance, idiosyncrasie expriment l'hypersensibilité du malade. La dose déclenchante variable d’un sujet à l’autre peut être très minime. Cependant, nous ne sommes pas désarmés pour dépister ce mécanisme. Parmi les procédés capables de faire le diagnostic de l'intolérance l’intra-dermoréaction est la plus commode. Mais l’épreuve du traitement est encore plus concluante, et la répression des lésions par l’augmentation des doses permet d’éliminer le diagnostic de l'intolérance.

Reste alors le biotropisme.

Biotropisme

Ce phénomène a été étudié par Milian. On le trouve très répandu dans la nature, dans la pathologie et dans la thérapeutique médicale. Les substances chimiques, biologiques ou physiques sont susceptibles de produire le biotropisme en provoquant l’exaltation de la fonction vitale du protoplasme cellulaire.

Il peut y avoir biotropisme direct lorsque le parasite excité est celui qui était spécialement visé par le pro-

Lu0n",n

duit, biotropisme indirect, lorsque le parasite exalté est différent de la maladie causale.

Le biotropisme agit, ou par altération de l'organisme, ou par exaltation de la virulence des microbes en sommeil, Dans le premier cas c’est l’altération des cellules du système nerveux, en particulier du fonctionnement vasculaire qui permet aux parasites de

pulluler.

Dans certains cas il peut y avoir destruction de l'immunité.

Milian nous donne plusieurs exemples du biotropisme. Àu début du traitement par le 606 et le 914, il remarque que certains sujets ayant eu plusieurs années auparavant de la furonculose, présentent des poussées de furoncles lors des injections de 914 pratiquées pour le traitement de la syphilis. Ce réveil de furoncles, qui survient habituellement après la deuxième injection, peut se répéter à chaque injection ultérieure pour finir par disparaître au bout de 4 ou 5. De même, il a vu le paludisme réveillé par l’arsénothérapie chez des anciens paludiques et l'exaltation de la virulence du streptocoque au point de donner de l'érysipèle chez des gens porteurs d’impetigo.

Il classe de la façon suivante les principales affections réveillées par le 606 et le 914 :

a) Maladies à protozoaires : paludisme.

-b) Maladies microbiennes.

c) Maladies à virus invisible.

d) Maladies à microbes inconnus.

Page 1