‹ Le Traitement Arsenical et Ses Réactions Biotropiques Dans La Maladie De Duhring-BrocqChapitre 15 sur 22 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Service de M. MILIAN

M. BB... entre dans la salle Saint-Louis le 14 juin 1928 pour une éruption sur le corps remontant à trois mois environ ayant débuté dans l’aisselle, par des éléments bulleux, qui se sont ensuite étendus à la face, aux bras, puis au thorax.

Cette évolution s’est faite par poussées, accompagnée d’un prurit intense mais sans trouble de l'état général.

Examen à l'entrée.

On trouve des éléments aux localisations suivantes : Sur l’avant-bras gauche :

Des papules petites, dures, irrégulières d’un rouge plus ou moins foncé, quelques-unes ecchymotiques.

Des bulles de dimensions variables, quelques-unes confluentes tendues et blanchâtres, entourées d’une zone érythéinateuse.

Des croûtes fines et noirâtres correspondant à des bulles crevées.

Les éléments sont en très grand nombre surtout à la face postérieure.

Dans l’aisselle gauche

Une dizaine de papules et des bulles assez nombreuses.

Sur l’avant-bras :

Les éléments sont plus nombreux et plus ecchymotiques.

11 y a des rares éléments aux deux bras, un petit nombre sur la figure, sur le dos et sur la région sternale.

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Sur le scrotum et sur la verge

Les éléments sont croûteux. Ils s'étendent à la face interne des cuisses.

Sur les membres inférieurs :

On trouve des papules, des bulles, des placards éryth£mateux et des croûtes sur les genoux et aux abords externes des pieds seulement.

Examen général.

Dans les deux aines il y a de petits ganglions durs. Les reflexes rotuliens et achilliens sont vifs. Il n’y a pas de signe Argyll Robertson, mais il v a une leucoplasie buccale et le Wassermann est positif dans le sang.

Le malade n’aurait jamais eu de lésions apparentes de la syphilis.

Traitement.

Le malade est mis au Novarsénobenzol, une injection intraveineuse de o gr. 30 le 17 juin, une autre de o gr. 30 le 20 juin, deux de o gr. 45 le 23 et le 27 juin, une de o gr. 60 le 1° juillet et quatre de o gr. 7s le 6, le 13 et le 20 juillet.

Evolution.

, Signes généraux : Le malade fait des poussées irrégulières de température dont trois au-dessus de 40°, les deux premières correspondant à des injections de novar.

Signes locaux : Le 23 juin il y a une nouvelie poussée de bulles à la racine des cuisses. Le 26 juin les éléments changent de caractère et deviennent phlycténulaires ; le 4 juillet, les phlyctènes et les bulles sont affaissées et les douleurs sont disparues.

Le conflit thérapeutique parait terminé. Les bulles sont complètement sèches et l’érythème a disparu. Le 11 août, le malade sort du service complètement guéri.

M. C... un homme âgé de 40 ans est admis à la salie Saint-Louis pour une éruption sur le thorax et les membres supérieurs. Cette éruption aurait débuté il y a un mois par des petites bulles qui auraient augmenté en nombre et en

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surface. Le prurit qui accompagne l’éruption est intense et le malade éprouve une sensation de brûlure. L'état général

n’est pas touché.

A l'examen.

Sur le dos : De vastes placards de couleur café au lait clair s'étendent sur toute la région thoracique. Les contours sont irréguliers, déchiquetés, non-surélevés. Dans certaines régions, il y a des bulles excoriées sur un fond érythé-

mateux.

Sur la région lombaire :

Deux placards érythémateux et de nombreuses bulles excoriées.

Sur la région inter-scapulaire :

De nombreux éléments. Des petites bulles recouvertes de

croûtelles brunâtres, une éruption circinée avec bulles périphériques sur la région scapulo-vertébrale.

our les membres supérieurs

Quelques éléments sur le pli des coudes et sur la face postérieure des avant-bras.

En outre, il y a quatre bulles dans la région anale où il existe un érythème diffus, quelques petites papules sur ja face interne des fesses.

Des bulles confluentes péri-ombilicales s’étalent sur un grand placard érythémateux.

Examen général.

Le malade est sujet à des crises d’épilepsie Bravais-Jacksonienne depuis 1917. Ses réflexes tendineux sont un peu vifs, mais ses autres organes sont normaux.

Traitement et évolution.

Le 28 juillet on fait une injection intra-veineuse de o gr. 30 de novar que l’on répète le 31. Après l’injection du 3x juillet, le malade fait une poussée thermique de 38°5. Le surlendemain la température devient normale. Le 5 août, on fait une injection de o gr. 30. Il n’y a pas de fièvre. Le 7 août, il y a une poussée intense de bulles sur le dos, aux. plis du coude et sur les genoux. Le 10 août, le malade

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ayant reçu o gr. 45 de novar, la température monte de 39°”6, mais redevient normale le lendemain. Le 15 août, l’on constate une amélioration considérable des lésions. Le 17 août, une injection de o gr. 45 de novar est faite. Il n’y a plus de réaction thermique, et, jusqu’à la disparition complète des lésions, le novarsénobenzol ne produit plus de réaction.

M. R.. domestique âgé de 46 ans vient consulter et est admis dans le service de M. le Docteur Milian le 6 janvier 1032, pour des lésions éruptives ayant débuté il y a deux ans. Le début s’est fait par l’apparition de petites bulles arrondies d’un à deux millimètres de diamètre, de couleur blanchâtre, entourées d’une petite collerette rose. Après un jour à un jour et demi, ces bulles éclatent, laissant une exulcération arrondie, rouge, dont le centre se couvre d’une croûtelle. Cette croûtelle s'étend sur toute la lésion, se dessèche et tombe en dix jours environ. Un prurit intense et une sensation de brûlure accompagnent cette éruption.

A l'examen.

On voit des éléments éruptifs disséminés sur tout le corps. Ces éléments sont des papules, des bulles et des placards érythémateux. Il y a des bulles d’un à 2 millimètres de diamètre, d’autres de deux à trois et même de quatre millimètres. Quelques-unes sont couvertes d’une croûte épaisse. Au niveau de la face interne des deux bras on remarque que plusieurs éléments se sont groupés pour former un placard rouge recouvert d’une croûte jaunâtre épaisse.

Examen hémathologique.

Clobulestrouses meer te er 3,888,000 Globes! DIanes RARE Re An ee 12,540 Polyatilaireneutrophile mere re 58 % HOSnOophile RCA EAN RTE RIRE ES BASODRHÈI, SCSI INR RARE O

Lymphocyte PERRET CRE AP TRE 12.2 Pétitmononucléaire teen 7006 Moyen#mononucléaire eme: 18 S HÉMOLIODITEMNATENMEESRANTARERERRE ARR 70 %

L'examen général ne révèle aucune lésion des organes. Le Bordet-Wassermann est négative.

Traitement et évolution.

Le 24 janvier, le malade reçoit une injection intra-veineuse de o gr.3o de novar. Le 26 janvier, les lésions augmentent de nombre. Les douleurs deviennent plus fortes et les brûlures plus intenses. Il y a une légère ascension thermique 38”, mais la température redevient normale le lendemain.

Le 28 janvier on injecte o gr. 45 de novar. La température est à 38°. Le 2 février, on injecte-encore o gr. 45, il n’y a plus de fièvre. La plupart des bulles ont disparu. Les croûtes tombent, laissant une macule brune. Il y a moins de prurit et peu de douleur. Le 5 et le o février, on fait une injection de o gr. 45 de novar, une de o gr. 60 le 13, et une de o gr. 55 le 18. Le 21 février il ne persiste sur le corps que des cicatrices pigmentées. Il n’y a aucun élément jeune. Le malade quitte Paris.

Madame L... âgée de 73 ans entre dans la salle Henri IV le 21 novembre 1032 pour éruption bulleuse. Le début est de dix mois environ. À cette époque la malade a eu une poussée de bulles dans la région lombaire. Depuis elle a eu plusieurs poussées. Elle accuse des douleurs vives, une sensation de cuisson et un prurit léger.

Examen.

Les éléments sont des placards érythémateux, des bulles, des vésicules et des lésions croûteuses. Les plaques érythémateuses varient de la taille d’une pièce de cinquante centimes à celle d’une pièce de deux francs. Elles sont d’une coloration rouge foncé.

Les vésicules apparaissent sur les placards érythémateux et sur la peau saine. Elles ont un volume qui varie de celui

d’une tête d’épingle à celui d’un petit pois.

Les bulles ont un volume d’un gros pois ; quelques-unes le volume d’une noisette. Quelques-unes déjà éclatées sont recouvertes d’une croûte jaune grisâtre.

La topographie des lésions est grossièrement symétrique,

mais le dos, les membres inférieurs et la face antérieure du thorax sont respectés. Les flancs, les fesses, la partie supérieure des cuisses, la base du cou et la nuque présentent le plus grand nombre des éléments. Il y a des vésicules sur les lèvres, sur la face interne des joues et sur la voûte palatine.

L'état général est bon et l’examen ne révèle pas d’autres lésions.

Traitement. :

Le traitement par l’arsénobenzol est institué à partir du 26 novembre. De o gr. 30 on est monté jusqu’à o gr. co en un mois. Après chacune des quatre premières injections une élévation thermique de 38°, 38°8 s’est produite, et à partir de ce moment la température est restée normale. Après la deuxième injection une poussée intense de bulles phiycténulaires est survenue sur les flancs et sur les fesses. Les jésions ont commencé à diminuer après la troisième injection et à la fin du mois de décembre elles avaient toutes disparu. On a continué l’arsénothérapie par le tréparsol, la malade recevant un comprimé de o gr. 25 tous les jours, du 14 janvier au 6 février. Elle quitte le service le 6 février 1032 guérie.

Madame C... âgée de 67 ans est admise à la salle Henri IV le 29 janvier 1034 pour une éruption généralisée sur tout le corps. Cette éruption a commencé il y a six semaines par l'apparition de bulles sur l’avant-bras droit. La malade a vu apparaître après des phlyctènes. Elle en a ouvert quelquesunes et d’autres se sont percées spontanément. Au bout de 3 à 4 jours de larges surfaces suintantes ont remplacé les phyctènes. En 5 à 6 jours elles se sont couvértes petit à petit d’une croûte de plus en plus épaisse.

À l’examen on trouve :

De vastes surfaces érodées suintantes ; de vastes phlyctènes remplies d’une sérosité ; de larges placards d’une forme plus ou moins arrondie, de fines croûtes furfuracées formant de larges surfaces en nappes au niveau des coudes.

Dans les paumes des mains des squames jaunes épaisses em voie de disparition. 6

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Ces lésions prédominent au niveau des bras et des avantbras. À Ia face interne de la cuisse gauche se trouve un placard érythémateux d’une grande étendue. Sur ce placard il y a trois bulles chacune du volume d’une noisette.

Il y a aussi quelqués bulles sur les grandes lèvres et sur le pubis ; une surface érythémateuse à contour irrégulier et de couleur violacée est située sur la fesse droite.

Enfin, à la partie moyenne du dos, il existe une nappe érythémateuse arrondie, de la taille d’une pièce de deux francs. Sur cette plaque, il y a quelques bulles.

L'examen général ne montre rien de particulier. La réaction de Wassermann est négative. La malade présente un tremblement nerveux coïncidant avec le début du mail.

Traitement et évolution.

La malade prend le tréparsol à la dose de o gr. 48 par jour, tous les jours. La température oscille entre 38° et 30° jusqu’au 16 février, quand elle devient normale.

Le 3 février, les lésions bulleuses et phlycténoïdes s’étendent d’une manière intense sur les fesses, sur les flancs et sur les chevilles. Le 20 février, il y a cicatrisation des anciennes phlyctènes et bulles, mais il apparaît quelques nouvelles bulles sur l’avant-bras gauche. Le 2 mars, toutes les lésions sont cicatrisées laissant des macules rosées. Le

18 mars, la malade quitte l’hôpital.

Le 2x1 janvier 1932, Madame KR... est admise dans la salle Henri IV pour une éruption qui remonte à six mois. Le début s’est fait par de petites vésicules sur la face extérieure des bras et des cuisses. La malade accuse des démangeaisons et surtout une sensation de cuisson. Elle a vu les lésions s’agrandir et se généraliser. Elle a eu plusieurs poussées, tantôt à l’endroit des anciennes lésions, tantôt sur des endroits auparavant indemnes.

Actuellement, on voit une éruption généralisée sur tout le corps de la malade. Les lésions prédominent à la face externe des bras, à la partie supérieure du thorax, sur les flancs et sur le dos. Il y a peu d’éléments sur les fesses et sur les jambes. Il y a quatre petites vésicules sur la langue et deux

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sur chaque joue. Ces lésions d’âge et d’aspect variés sont de petites taches rouges arrondies, du volume de la tête d'une épingle.

Des placards érythémateux en grandeur variable. Sur ces placards, aussi bien que sur peau saine, des builes, variant de la taille d’une lentille à celle d’une pièce d’un franc. Les bulles crevées laissent sortir une sérosité aqueuse. Quelques bulles forment des confluences. Des croûtes epaisses jau nâtres couvrent quelques-unes des bulles crevées. L'examen général révèle seulement une hémiparésie gauche. La réaction de Wassermann est négative.

Plusieurs éléments contiennent du pus et un examen microscopique révèle la présence de streptocoques.

Traitement et évolution.

On donne à la malade un bain de permanganate tous les jours pendant douze jours. A la fin de cette période l’infection streptococique disparaît, mais les bulles, les vésicules, les placards érythémateux persistent, les cuissons et le prurit ne sont pas améliorés. Le 14 février, on fait une injection de o gr. 30 de novar. Il se produit une légère élévation thermique : 38°. Le 16 février on injecte o gr. 30 de novar. La température qui était redevenue normale remonte à 30°? et le lendemain les éléments sur les bras et sur les flancs sont devenus phlycténulaires. La température devient normale le 18 février : sur les jambes des nouvelles bulles apparaissent. Le 19 février, la dose de novar est augmentée de o gr. 45. Il n’y a plus de fièvre et les jours suivants il y a une amélioration nette des éléments sans l'apparition de lésions nouvelles. À partir de ce moment la malade va de mieux en mieux. Trois autres injections de o gr. 60 de novar

sont faites le 24, le 20 février et le 5 mars. La malade quitte l’hôpital le 6 mars guérie.

OBSERVATION 7. — (MM. Louste, Thibaut et Racine).

Henri R... âgé de 54 ans est malade depuis 5 mois. Il a eu en décembre 1928 une forte crise de furonculose qui a duré 1 mois. Au moment où ses furoncles disparaissent, il constate qu’il a sur les bourses et à la face interne de la cuisse droite, des bulles, se produisant sur sa peau irritée par le

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